X PRÉFACE
des calomnies auxquelles cette société n'a cessé de servir de point de mire, il s'apercevait vite qu'il s'était mépris. L'abbé de Place écartait avec horreur ces insinuations et prenait avec véhémence la défense du corps dont il n'était plus membre, mais auquel il avait laissé tout son cœur.
• Son mérite le désigna, peu d'années après son admission dans le chapitre de N.-D., pour remphr les hautes fonctions d'archiprêtre de la cathédrale. Il s'en acquitta avec un zèle infatigable et l'on peut dire qu'il .apporta à cette dignité plus d'éclat encore qu'il n'en reçut. C'est à lui principalement, à son crédit , à son habileté, à son goût éclairé, que l'on doit la restauration complète de l'intérieur de N.-D. de Paris. Cette gloire, hâtons-nous de le dire, ne revient pas à lui seul. Il eut le bonheur de rencontrer des coopérateurs sans le talent et le zèle desquels son intelligente initiative se fût trouvée impuis- .sante. Il n'épargna pour faire réussir cette œuvre ni soins ni démarches. Il présida sans relâche à la direction de ces remarquables travaux qui, sans ôter à l'antique métropole le glorieux cachet des siècles, lui ont restitué toute la splendeur de la jeunesse.
Ces soins ne l'empêchèrent pas de continuer sa vie de prédicateur. Il se rendit cher au clergé dans l'œuvre des retraites pastorales où il parut avec le plus grand éclat. Deux fois il fut choisi pour prêcher le carême aux Tuileries. Nous n'avons pas à en parler ici : le premier de ces carêmes a été pubhé; le manuscrit du second est encore entre nos mains.
Après avoir achevé son œuvre de l'cslauration de Notre-Dame, M. de Place résigna sa charge d'archiprêtre
l'KÉFACE XI
6t reprit modestemont son rang dans le chapitre. Mais •^éjà, devançant l'âge et appelées préaiaturémeut par des travaux excessifs, arrivaient les infirmités. Il y succomba à Vichy, le 19 juillet 1871.
11 nous a légué les monuments écrits de son zèli' laborieux. Nous publions aujourd'hui le premier volume; les autres suivront.
Celui-ci, au surplus, ari'ive à son heure. Le monde traverse une crise formidable dans laquelle il serait en péril de perdre Jésus-Christ, si Jésus-Christ le délaissait autant qu'il en est délaissé. La société chrétienne ne connaît plus assez Celui par qui elle existe et, suite inévitable et désastreuse, elle ne l'aime plus comme, pour vivre de Lui, il faut l'aimer. De déplorables sophistes ont si bien contre sa personne épaissi les ténèbres que Celui qui « est la Lumière de tout homme venant en ce monde » en est comme éclipsé.
Or, « si quelqu'un n'aime pas Jésus-Christ, qu'il soit anathème <. « Cette effroyable malédiction, il faut, à tout prix, la détourner de la tète de la patrie. A ce pays désolé iHaut . rendre la joie de son Sauveur 2. «
C'est avec la pensée de contribuer, pour notre part, à ce grand œuvre entrepris, poursuivi déjà par tant de mams habiles et vaillantes, que nous adressons ce livre a tous ceux que travaille, souvent même à leur insu, le salutau'e besoin de mieux comprendre Jésus-Christ et de le mieux aimer. A ce divin Flambeau do l'humanité restituons sa bienfaisante auréole. Rallumons, devant les