‹ Jésus-Christ, sa divinité, son caractère, son œuvre et son cœurChapitre 3 sur 40 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Ce fut à Saint-Acheul qu'il api:(rit à connaître plus intimement la Compagnie de Jésus. Le P. Etienne de Place, son oncle, qui, plus tard, remplit à la petite cour de Prague les fonctions de précepteur du petit-fils de Charles X, comptait dès lors parmi les membres les plus illustres de cette Compagnie renaissante. Son neveu no tarda pas plus longtemps à l'y suivre. Admis le 7 septembre 1824, il fît son noviciat à Montrouge. Dès 1826, il enseignait la rhétorique à Saint-Acheul^ puis à Aix en Provence. Le mauvais état de sa santé ayant obligé à le retirer de l'enseignement, il fut envoyé à Dôle, dans le Jura, et bientôt après, dans le Valais, à Brigg, pour poser les bases de cette science théologique qui éclate partout dans ses discours. Nous le retrouvons, en 1832, professeur de philosophie au collège du Passage, en Espagne. Deux années s'y écoulèrent au bout desquelles ses supérieurs, devinant son génie et le jugeant mûr, lui ouvrirent h Lyon la double carrière de prédicateur et d'écrivain. Très-peu de temps après, à la fin de 1834 et en 1835, il était, avec les mêmes titres, en résidence h Paris. Ce fut alors qu'il composa le beau livre, si souvent réimprimé, qui a pour titre : Manrèse ou les exercices spirituels de saint Ignace mis à la portée de toîis les fidèles.

Les dix années qui suivirent, à part deux courts séjours à Avignon et à Grenoble, le virent à Toulouse. Rien de moins accidenté et de plus monotone, en apparence, rien de plus actif et de plus rempli, en réalité, que cette existence d'orateur et d'apôtre. Toutes les grandes chaires de France se le disputaient. Un sermon du P. de Place était un événement. Laïques et ecclésiastiques admiraient également cette science profonde qui

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coulait majestueuse et entraînante comme un fleuve. Vint le carême de 1847. Le P. Charles le prêchait à Rome, à Saint-Louis des Français. Le P. Etienne venait de mourir. La santé de son neveu^ qui n'avait jamais été très-robuste, était à cette époque sérieusement ébranlée par ses nombreux travaux. Une sorte de lassitude accablait son âme autant que son corps. Il eut le tort peutêtre de s'en préoccuper à l'excès et, cédant à cette défaillance, il demanda au souverain Pontife de le décharger des obligations religieuses devenues pour lui un fardeau. Pie IX condescendit à cette requête et, dans la plénitude de son pouvoir suprême, le rendit au clergé séculier. Il ne nous appartient pas de juger cette grave détermination de M. l'abbé de Place. Il y a dans la vie des hommes certaines phases délicates pour lesquelles 1 œil humain manque de lumière et dont l'appréciation doit être abandonnée au regard de Dieu. Nous croyons cependant pouvoir dire que cet acte de sa vie a laissé un regret dans le cœur de l'abbé de Place et comme un nuage sur ses dernières années.

^ Il entra donc dans le clergé de Paris où Mgr Affre l'accueillit avec bonté et ne tarda pas à le pourvoir d'un canonicat. L'abbé de Place mena dans sa nouvelle position la vie grave, austère, laborieuse à laquelle la règle religieuse l'avait formé. Rien n'était plus modeste que sa personne et ses appartements; rien de plus réglé que ses journées. Il conserva pour la Compagnie de Jésus la plus filiale affection. Ce n'était jamais que dans les termes de l'amour et du respect qu'il en pariait. Si parfois quelque esprit téméraire, se persuadant peut-être que c'était le secret de lui plaire, se hasardait à se faire l'écho

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