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LE MONDE GRÉCO-ROMAIN

toujours été très imparfaite avant l'Evangile ; elle a été favorisée dans le paganisme bien plus par Taffkiblissement des vertus patriotiques que par des pensées plus larges et plus hautes. Il est certain que Tépicuréisme, avec son désir de repos et son culte du plaisir, a adouci les mœurs en les corrompant et a amorti les passions farouches en éteignant dans le cœur Tamour de la patrie. Cet humanitarisme sceptique et voluptueux coïncidait avec la perte de la liberté et l'oubli des qualités viriles qui avaient agité et ennobli la vie publique dans les démocraties de la Grèce. Ce n'était pas tant un droit nouveau et plus élevé qui feisait sou apparition que le lâche abandon de périlleuses obligations * . L'énergie, la vigueur étaient toutes du côté de la race fière et dure qui avait patiemment poursuivi son ferme dessein de conquérir le monde. Reconnaissons que le peuple romain était un apôtre assez étrange de la grande idée de l'unité humaine; il l'entendait d'une façon singulière; il voulait sans doute que le genre humain n'eût qu'une seule tête, mais c'était à la condition de la courber sous son joug de fer. Il aspirait à réunir tous les peuples ie l'univers, mais cette aspiration révélait bien plutôt l'immensité de ses ambitions que la largeur de ses idées. Quand dans le cirque où s'entassait la plèbe de Rome, le cap-

> Voir sur tout ce mouvement de la philosophie grecque le beau livre de M. Jules Denys sur Y Histoire des idées morales dans Vantir quitéj t. I. Bien que Fauteur soit convaincu que la morale avait déjà trouvé sa forme la plus pure & cette époque, sa sincérité et son savoir ramènent à des restrictions fort importantes.

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