LE MONDE GRÉCO.ROAIAIN
tif gaulois avait mêlé son sang à celui du Germain et du Parthe, il était difficile de voir dans ce fait hmisl un progrès marqué de l'idée humanitaire. Non, ce n'est pas à cette école de dureté implacable, de rapacité sauvage que le monde antique pouvait apprendre Tunité morale de l'humanité. Qu'un grand et libre esprit comme Cicéron en ait eu le pressentiment, nous l'admettons, mais cela n'empêche pas l'avocat de la Sicile, si éloquent contre Verres, de défendre les exactions dont le proconsul Fonteius s'était rendu coupable en Gaule ' . La charité du genre huwkiin était un mot sublime, un éclair dans la nuit; mais il fallait à de tels sentiments, pour pénétrer dans la conscience publique, d'autres propagateurs que des épicuriens blasés, des conquérants implacables ou des platoniciens à moitié sceptiques.
Une philosophie épurée oppose l'unité divine aux fiibles du polythéisme; elle parle des droits de l'esclave et se fait le bouclier des êtres faibles et malheureux. L'idéal brillait d'autant plus pur que la réalité le démentait davantage, car jamais les jeux de la force n'ont été plus sanglants et plus terribles, jamais l'oppression n'a été plus lourde, jamais le respect des superstitions publiques plus lâchement professé, témoin Cicéron qui faisait de la pratique officielle de la religion de l'Etat ime nécessité sociale, et qui se' cachait dans les jardins de Tusculum pour expri-
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mer des demies tout ensemble hardis et pradents^ Ainsi à la- veille du christianisine se d6vdoppent) . au sein. de Timpuissance et de Tabjection universeUea, de ferventes aspirations, âammes dévorantes q^ui n*ayant plus d*aliment se retournent contre le: cœur où elles s*étaient> formées et le consument. Sous le fardeau de misères, de tyrannie, de scepticisme et de corruption qni Taccable, Tiiumanité païenne pousse, un long soupir de lassitude et de. détresse; tantôt éUa, demande aux jouissances matérielles Tapaisement de soD désir infini et se roule dans les voluptés mon^ stnseuses qui révèlent son ardeur trompée et in<r quiète; tantôt elle maudit ses dieux, avec une. sorte de fureur et s*exalte dans ime impiété qui est du désesrf poir, ou bien elle mène deuil sur cette mythologie^ charmante mais insufiSsante, dont.la fin prochaineesl annoncée dans de poétiques lég^sdea; tantôt par un secret pressentiment elle tourne ses regards^ vers:rO«ient pour demander la délivrance aux actstmagiquea ou à de mystérieux oracles dont Técho est parvenu juâi^â die. Ainsi seforme au commencement de notre : ère vm état des âmes très particulier qui se peint dans la litt6f rature du temps ^ mélange de dégradation, de volapté moiinde^ de scepticisme blasé etd*inquiètesa^irationai dette disposition des esprits a trouvé, son piuspae£iil symbole dans^ Tinscription au Hieu^ incanrm quePiâul lotÀ Aihènesisur Tun des autds qui encombraient cette ville idolâtre. Ce n'est pas tant en eflFet une doctrine plus complète qu'une manifestation: dijvineiXHi*
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^«Héqcfattttod le monde. Nous ne nions -pas que qn^ q«iC9*imes des réfonnes sociales de TEvangile niaient été entrevues à cette époque; mais à quoi. peut servir ooe idée flottante, nuageuse et incapable dépasser dam les cœurs et dans les faits ! Qu*est^lle, après tout, sinon un désespéraait idéal qui appelle une manifestation ^fe praisaoce pour le réaliser ? Plus haut on élèvenu le mosde antique au point de vue de Tidée, sansiooblier ses incertitudes et ses mortelles erreurs, plus omdâm(nib«r& pour nous la- nécessité d'une religion noan reSle^ qui, avec la lumière, apporte la force.
Si nous serrons de plus près cet idéal ou cette aspiration de l'humanité païenne, nous reconnaîtrons qu'elle dépasse de beaucoup la. vague intuition de l'unité divine ou le pressentiment de quelques réformes sodaks. Ce que demande Tâine, c'est une réconciliation eatie elle et Dieu^ c'est le rétablissemeiit. de l'unioii entre la nature humaine et la nature divine v sous les iiQftheales plus divers, au travers de tant d'erreorsgrosaiëres, nous découvrons le même désir fixe, et* ardent d*iHie grande expiati(m. Il y a plus^.la notion d'un Ubératenr, d'un Messie n'est pas moins universelle; elle m retrouve en Inde dans la. légende de Bouddha,4e léfiannateur sauveur, en Perse dans celle de JULithra^ , le vainqueur futur des puissances mauvaises^ enr Grèbe anale mythe de Prométhée, et en Germanie daiiS;oe éîea plus puissant qu'Odin, qui doit sauver le mande cet qu*on n'ose nommer. > Ainsi s'exprime Taspiration générale de l'humanité, alors qu'elle s'est dégagée de