MASSACRE DES ENFANTS
yeux^ quand il s'agissait de prévenir quelque explosion dangereuse du fanatisme religieux. Que lui importait la plainte des mères? On Tétouffe £Acilement sur la terre ; il est Trai que rien n'est plus redoutable auprès de Dieu, c On a entendu, dit révangéliste citant un texte de Jérémie, Rachel pleurant ses enfants, et elle n'a pas voulu être consolée ^ » Cette personnification pathétique de la malheureuse cité se comprend d'autant mieux qu'on voyait à ses portes le tombeau de l'épouse de Jacob; le nom de Rachel était ainsi étroitement lié à celui de Bethléem^.
> Uatth. n, 18.
s Nous trouTons dans la littérature talmudique une confirmation significative du caractère historique de Tévangile de Tenfance ; en effet, nous voyons les rabbins emprunter aux premiers chapitres des évangiles de Matthieu et de Luc leurs traits les plus caractéristiques pour les appliquer au Messie futur; ce quUls n*eu8sent pas fait si la tradition évangélique n*eût conquis un grand ascendant. A cet égard, le passage suivant du Sofiar est significatif : « Revelabitur Messias in terra Galilsea et Stella quœdam in plaga orientali existens, absorbebit septem stellas, quando revelabitur Messias. » Nous lisons ailleurs :« Orietur e plaga orientali Stella quœdam. » (Ofrœrer, II, 358.) La preuve que cette allusion à Tétoile qui doit précéder le Messie remonte à une date bien plus ancienne que le livre du Sohar, c*est que le fameux agitateur Barchochab, qui souleva, sous Trajan, le peuple juif, 8*appela le fils de Vétoile, La littérature rabbinique a également conservé à sa manière le souvenir du massacre des enfants de Bethléem. Elle lait prendVe à Pharaon un arrêté tout à fait analogue à cdui d*Hérode à Tégard des enfants Israélites de Tâge de MoTse. Or, MoTse était de plus en plus considéré comme le tjpe du Messie. Nous nous bornerons à citer le passage suivant : « Dixerunt magi ad Pha^ raonem : Nactus est puer qui educet Israelitas ex iEgypto. Tune cogitavit Pharao in corde suo et dixit ut abjicerent omnes natos masculos in fluvium. » (Gfrœrer, II, 354.) Evidemment il y a ici une altération voulue du récit de Matthieu, car la prévision du r^le de MoTse pour opérer la délivrance d^Israel est un trait étranger à TBxode, •t «mpranté à TEvangile. U est certain que dès la fin du piemier
tm L'ENFANCE DE jfeUS A NAZAÐ.
Joseph et Marie s'étaient réfugiés en Egypte à la niHe d*unB visicm où le péril qui menaçait ren&nt leur ayaîi été annoncé. Ik n'y ruèrent que très peu de temps, car Hérode mourut quelques semaines aprds leur fuite, su printemps de Tan de BcHue 750. Joseph, à son retour, abandonna pour toujours Bethléem; il craignait que l'héritier direct d'Hérode ne fût animé des mâmes sentiments que scû père. U se fixa ea Galilée, dans la ville de Nazareth, qui était sa résidence atant que les grands événements de cette mémorable année lui eussent fait désirer d'habiter la cité de David \
La littérature apocryphe a montré une grande prédilection pour cette période de Fhîstoire de Jésus, précisément parce que l'Evangile l'avait laissée dans l'ombre*. Nous imiterons sa réserve. H est certain que
siÂcle le quatrième livre d*Esdras révèle une tendance marquée à donner au Messie une origine surnaturelle, ce qui nous reporte aux premiers chapitres de Matthieu et de Luc.
^ Quoi qu'en dise Schleiermacher (Lehen Jesu^ p. 75), le récit de Matthieu et celui de Luc peuvent s'accorder, car il n'y a nulle impossibilité à admettre que la présentation au temple ait eu lieu aTajit rAdooation des mages et le voyage en Egypte.
* La citation que fait Matthieu (II, 15, 16) d'un oracle d'Osée XI, 1: « J'ai appelé mon fils hor^ d'Egypte, » en l'appliquant au retour du divin en£ant en Judée, est un exemple de la manière libre dont il cite TAncien Testament et y cherchant partout des types et des prédieti«BS du Messie, car il est certain que le prophète n'avait en vue dass le texte cité que l'évéïnement passé, c'est-à-dire la sortie d'Egypte 4a peuple d'Israël, et non un événement futur se rapportant aa Christ. Nous retrpuvoAs un exemple plu4 fcappant encore de cette méthode de citation dans Matthieu II, 23. U est impossible de retrodiver daas r Aaoieii Testament un texte où le mot de Naza»*ien s!a|ipliqiM jn Messie.
VESWàXSCE DE JÉSUS A KTAZAiEfirni. £8^
l'enfimcef du Christa'a point fsdtexceptioû.à la. loi du progrès lent et gradué, c L*ezifaai, dit Lvc; cnoissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse «É. la gvàot de Dieu était sur lui^ » Ainsi, Jéaas a passé par l'obscure période où Tâme et la peusââ aonti encooe dans Tengourdissement; il a appris à parler sur las genoux de sa mère, et les dtinns trésors* enfouis en loi ne se sont point révélés immédiatement. Seulement le mal ne Fa jamais effleuré; rien n*estTeau troubler la pureté exquise de son fime. Il n*a pas cessé un instant d'être uni à son Père, son coeur s*ouTrait spontanément à la vie divine comme sa poitrine respirait Tair vital. Plus, en grandissant, quand son intelligence conmieoga à se rendre compte des choses, il eut de plus en plus conscience de la relation unique qui l'unissait k Dieu. Au debors, rien, ne semble l'avoir distingué des autcss enfisLuta, du nu)£Qs pcmr oeux qui, ne soulevaient paa, comme Marie, le voile d'humilité qui recouvrait sa vie intérieure. S*il en élit été autrement, on ne pourlait s'expliquer l'incrédulité persistante de ses proches. Il ne se posait point en prophète et ne revendiquait jamais une indépendance précoce. Enfant, il a par£ûteffient accompli les devoirs de son âge, qui se résument dans la soumission aux autorités de la fanàille. C'est ainsi^ dit Irénée, qu'il a sanctifié cet âge en le traversant. Tout porte & croire, qu'il a grandi dans l'atelier
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