‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 145 sur 309 · JÉSUS OBJET UE SON ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

JÉSUS OBJET UE SON ENSEIGNEMENT

OU un prophète comme Esaïe, c'est comme â Ton évidait nos évangiles; la substance môme de la doctrine a disparu, il ne reste qu'une écorce desséchée ou un moule creux et sonore; la parole de Jésus n'est plus alors qu'une cymbale retentissante; à part quelques éclairs d'une sagesse originale et populaire^ on ne saurait la disculper d'une monotonie &tigante. Toute cette mystique sublime qui a nourri l'âme des saints dans tous les temps est jug^e à bon droit comme la partie la plus défectueuse de son enseignement. S*il n'est pas Dieu, le côté le plus divin de sa doctrine en devient le côté le plus fidble. Il est vrai que tout change si, sous ces formules, on sent frémir une vie vraiment divine.

D'après notre notion de l'incarnation et de l'abaissement volontaire qu'elle implique, nous n'attribuons pas à Jésus la toute-science. Il s'est soumis à la loi du développement, par conséquent il n'a pas eu d'emblée toute la connaissance religieuse, il y est arrivé progressivement. Toutefois, en admettant le progrès et le développement chez lui, gardons-nous bien de confondre l'imperfection relative de sa connaissance religieuse avec l'erreur. L'infaillibilité, dans cet ordre, est une conséquence de la sainteté parfaite, car l'erreur religieuse tient à une défectuosité morale, c La vérité, dit Schleiermacher, est Tétat naturel de l'homme; ses facultés, dans leur condition normale, doivent y aboutir. L'état d'ignorance ou d'incertitude n'est pas l'erreur; celle-ci commence du moment où l'esprit est

Page 1