‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 146 sur 309 · L'INFAILLIBILITÉ DE JÉSUS · texte numérisé non relu

L'INFAILLIBILITÉ DE JÉSUS

arrivé à une fausse conclusion; or, il faut pour cela qu'il se soit arrêté trop tôt dans sa recherclie de la vérité et par conséquent qu'il ne Tait pas aimée comme elle mérite de l'être, ou bien qu'il ait eu un intérêt caché à accepter tel ou tel résultat incomplet. Il n'est donc pas possible de distinguer absolument l'erreur du péché, du moins en ce qui concerne cet ordre de vérités qui s'adressent à la conscience et à l'âme ^ » S'il en est ainsi de l'homme dans sa condition normale, à combien plus forte raison ne devons-nous pas attribuer cette infisûllibilité à Jésus^ qui nous présente l'idéal le plus élevé de l'humanité. Avec son sens droit et pur, il a saisi la vérité religieuse telle qu'elle se reflétait dans l'Ecriture sainte, dans la nature, et surtout en luimême, comme dans le miroir le plus limpide des choses divines. Il lui suffisait, après tout, d'arriver à la pleine conscience de son être.

Cette infidllibilité ne portait du reste que sur la vérité religieuse. Onenlèveraità Jésusla réalitéde sonhumanité sil'on supposait qu'il possédait la science infuse de tous les phénomènes terrestres, et qu'il échappait complètement aux idées courantes de son temps sur la nature. Il serait puéril de croire que lorsqu'il parlait du soleil couchant il réservait mentalement la théorie de Galilée ou de Newton. Non, pour tout ce qui n'appartient pas à sa mission, il a été véritablement l'homme de son temps et de son pays. Il y a plus; même dans Tordre religieux, il ne possédait pas la toute-science. Il dé-

t Schleiermacher, Leben Jesu, p. llS.

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