‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 166 sur 309 · II. — DÉBUTS DU MINISTÈRE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

II. — DÉBUTS DU MINISTÈRE DE JÉSUS

Le ministère de Jésus commence à son retour du désert, après la tentation; mais attentif à suivre les directions providentielles, il ne sortira tout à fait de la vie privée que lorsqu'un inique emprisonnement aura mis fin à la prédication du Précurseur. S'il se renferme encore dans un cercle intime, il se révèle déjà tout entier et agit ouvertement en Messie.

Nous avons vu que Jean-Baptiste, au moment où Jésus revenait du désert, le salua par ces mots : t Voici l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde. » Cette

< Voir mon Histoire deê trois premiers siècles de F Eglise, t. III, p. 24. M. Renan présente sur ce sv^et des réfleiions très ?rai«9 dans sa Vie de Jéaus,

386 LES PRE2dIERS DISCIPLES.

parole lui donna ses deux premiers disciples. L'on d'eux était André, fils de Jona; Tautre qui ne se nomme pas, dans la réserve d'un saint amour, était Jean^ fils de Zébédée. Les paroles échangées entre eux et Jésus sont brèves et simples, c Maître, où demeures-tu ? » — € Venez et voyez, i leur dit-il * . Après ce court dialogue ils ne retournèrent plus auprès de Jean-Baptiste; le but de leur vie était atteint; Y eurêka triomphant d'Archimède s'échappe de leur cœur joyeux, t Nous ayons trouvé le Messie, ^ dit André à Simon son frère le lendemain de cette rencontre '. L'aspect de Jésus était plus puissant encore que ses paroles. Nous n'avons aucune description de son visage, mais nous savons qu'il rayonnait de sainteté et d'amour. La flamme intérieure qui anime chaque homme brille dans son regard; rien ne vaut cette expression involontaire et spontanée de la vie morale. Le pur regard de Jésus atteignait jusqu'au fond de la conscience ;'il suffisait qu'il s'abaissât sur un pauvre pécheur, pour que son cœur se brisât '. Simon, fils de Jona, en éprouva la puissance dès le jour où il fut conduit à Jésus par son frère André* Le Maître avait discerné immédiatement le trait distinctif de cette énergique individualité, c Tu t'appelles Céphas, c'est-à-dire Pierre*, ^ dit-il au fils de Jona. Sous la rude écorce du jeune batelier galiléen,

« Jean I, 38, 39.

• E6pi^xa|uv Tbv McwCav. (Jean I, 42.)

» «Le Seigneur l'étant retourné regarda Pierre, alors Pierre plean abondamment. » (Luc XXU, 61, €2.)

♦ Il xX^jOil^OT] Kr^^oç. (Jean I, 43.)

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