‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 167 sur 309 · LES PREMIERS DISCIPLES · texte numérisé non relu

LES PREMIERS DISCIPLES

Jésus avait reconnu l'esprit de coura^use initiatiTe qui, épuré à son contact, devait le préparer à sa grande mission apostolique. Cette parole n'implique en rien une primauté officielle ; elle a un caractère tout moral, car rinstitution positive de l'apostolat n'a eu lieu que bien plus tard. Avant de fedre des apôtres, Jésus voulait avoir des disciples. La première impression reçue par ces jeunes hommes fut ineffaçable, mais il était nécessaire qu*elle se confirmât; aussi les verrons-nous retourner quelque temps à leurs occupations ordinaires, car il &ut distinguer avec soin ce premier appel de l'appel définitif qui leur fut adressé plus tard. Ils étaient déjà sans doute sincèrement attachés à Jésus et pouvaient s'appeler ses disciples \ mais ils n'étaient pas mûrs pour la vocation exceptionnelle qui leur était réservée*.

A ce petit groupe à peine formé, vinrent encore se joindre deux hommes de bonne volonté. Le premier^ compatriote et ami desGaliléens qui avaient suivi Jean- Baptiste, était Philippe de Bethsaïda. Il attendait, à leur exemple, « Celui dont avaient écrit Moïse et les prophètes ^. » Atteint par un mot souverain du charpentier

« Jean II, 2.

* Ces observations font disparaître toute contradiction entre le quatrième évangile et les synoptiques qui nous racontent d*une manière très différente la vocation des apôtres (Matth. X, 1-11; Marc m, 13-19; Luc VI, 12-16). Les synoptiques ne s^occupeut que de la vocation définitive; pour Jean, le grand jour est celui où, pour la première fois, il a vu Jésus. Le fait moral remporte pour lui sur Je fait officiel.

» Jean I, 46.

d08 LE8 PREMJBES DISCIPLES.

de Nazareth, qui n'était enoore pour lui que le fib de Joseph, il 8*éoria à son tour t c J*ai trouvé 1 i MiseioDnaire onaùtôt que disciple, il apporte cette grmxde nou* velle à un autte compatriote, Naihanael de Cana, qui retournait dans sa ville. Le soufflée des temps nouveaux avait déjà passé sur lui; c^^ail un homme de pieux désir et de sainte attente, un Israélite véritaUe. Le Maître Taperçut, alors que, sekm la coutume du temps, il lisait l'Ecriture sovm l'un dès figuiers qui Inmdaient la route de Cana ' ; il reconnut qu'il traversait l'une des heures sacrées de sa vie* c Je t'ai vu, lui dit^il, quand tu étais sous le figuier; » Cette sim|de parole, qui renfermait sans doute une fusion au secret le plus intime de son âme, fit tomber Nàthanaêl aux pieds de Jésus; il oublia l'humble origine du Mtor sie qui l'avait troublé un instant, et les pauvres rweii&s de Nazareth disparurent pour lui devant le glorieux spectacle du ciel rouvert par le Fils de l'homme et rattaché à la terré par Téchelle mystique que Jacob avait contemplée dans la viâion de Béthel ^. Il devait jtmtdre place plus tard, parmi les apôtres sous le nom de Barthélemi K

1 Cétait une coutume juive que le voyageur lût les salâtes Bcri tores sous les ombrages de la route.

• Jean I, 51.

' L^identité de Nathanaèl et de Barthélemi se prouve : 1* par le fait que Barthélemi est toiijovri mis à côté de PhilippaidaDt le este** logue des apôtres. (Matth. X, 3; Mare HI, 18; Luc Vlé 4.) 2*Pv Jean XXI, 2 : « Simon Pierre et Thomas appelé Didjme, Natbanacl, qui était de Cana en Oalilée, le fils de Zébédée, et deux antres de ses disciples étaient ensemble. »

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