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JÉSUS CHASSE LES VENDEURS DU TEMPLE

éloignée, à Jésus n'a écarté que le motif humain du miracle ; cela ne Tempêche point de l'accomplir. Ce miracle, intime et privé en quelque sorte, est bien fait pour produire une divine certitude dans le cœur de ses disciples, sans exalter leurs espérances nationales. Tl sert au^ à mai'quer la différence entre Jésus et Jean- Baptiste; le Précurseur ne parle que d'austérité et de tristesse, parce que sa mission consiste à prêcher la repentance. Celui qui donne le salut au monde ne tarit pas la source des larmes pénitentes, mais il apporte un élément de joie et de bonheur; il ne dit pas seulement de mourir à soi, mais aussi de revivre * .

Après un court séjour à Capemaûm, où il avait accompli plusieurs miracles ^, Jésus se rendit à la ville sainte pour célébrer la fête de Pâque, toujours accompagné par les jeunes Galiléens qui avaient commencé à s'attacher à sa personne. Sa première démarche publique fut une protestation énergique contre la profanation du sanctuaire; on reconnut en lui un nouveau Phinées, un zélateur dévoré du zèle de la maison de Dieu '. Sans doute il était légitime que les victimes réclamées pour le sacrifice pussent être achetées à proximité du

^ L'explication mythique de Strauss, qui voit dans ce miracle oo pastiche de celui d*Elisée quand il rendit salubres les eaux d*aDe fontaine, ne soutient pas Texamen. Il n*y a pas d*analogie entre les deux faits. {Lehen Jesu, p. 509.)

* C*eât ce que prouvent les paroles de Nicodôme : « Nul ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n*est avec lui » (Jean III, 2), et la demande des habitants de Nazareth à Jésus quand il passa dans cette ville, iVy faire tout ce qu*ils avaient ouT dire qu'il avait fait à Capemadm. (Luc IV. 23.)

» Jeaa II, 17. Comp. Nombres XXV, 7.

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