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JÉSUS CHASSE LES VENDEURS DU TEMPLE

temple. H fallait aussi recourir aux changeurs pour que l'impôt de deux deniers prélevés pour les frais de Tautel fût payé en monnaie juive, sans aucun vestige d'images interdites. Mais, au lieu de se borner au strict nécessaire, on avait ouvert un marché bruyant. Il n'était pas étonnant que le portique fClt livré aux mercenaires quand le sanctuaire lui-même était devenu l'asile de la cupidité rdigieuse ; le culte n'était plus qu'un moyen d'exploitation pour ceux qui se disputaient le pouvoir ou le crédit. Quand la partie spirituelle du service divin était à ce point pro&née, qu'attendre de sa partie matérielle? Jésus en châtiant ces abus grossiers inaugurait une ceuvre réformatrice qui, en se poursuivant, s'attaquerait bientôt aux solennités hypocrites du temple. Armé d'un fouet de cordes, il chasse les vendeurs et renverse les tables des changeurs ; il les flagelle surtout de sa parole : c Otez tout cela d'ici, s'écrie-t-il. Ne Sûtes pas de la maison de mon Père une caverne de vdeurs ^ » On sent, à son accent, qu'il a droit de tenir ce langage vraiment royal. Cette majestueuse et soudaine apparition de la sainteté indignée frappe tous les assistants d'épouvante. Les che& de la hiérarchie échappent seuls à l'émotion générale, ils ne songent qu'à se défendre contre cette influence naissante. Les hommes d'autorité extérieure ne se déoMBÉost jamais. Lors même que la puissance morale la plus incontestable vient de se produire sous leurs yeux, ils demandent encore une garantie officielle, c A quel

< Jean II, 16.

iOSt JÉSUS CHASSE LES VENDEURS DU TEMPLB.

sigiie, disent-ils, reconnaîIroQS-noas que tu penxfime ces dioses? i II n'est pas de la dignité de Jésus de répondre directement ; par une parole hardie et émg«matiqne, il invoque son droit vraiment divin deréfin»^ mer les abus de la religion, c Abattez ce temple et en trois jours je le relèverai *. * En d'autres termes, continuez à détruire par vos péchés le culte qui a pour centre ce sanctuaire de pierres; moi je rétablirai la religi<m véritable en trois jours, et je le ferai par ma résurrection. En réaJité la religion juive s'est écroulée le jour où celui qu'elle annonçait par tant de rites et dte types a été mis à n^iort par ses sectateurs. Désonnus le temple n'a plus de raison d'être; c'est un monument vide, il est moralement renversé. En ressuscitant des morts, Jésus a fait sortir du tcmibeau la religion définkive et par là même il a reconstruit le vrai sanctuaire. Cette parole dépassait de beaucoup la portée de ceux qui l'entendirent alors, mais Jésus n'en affirme pas moins son droit, en faisant appel à l'avenir. Il ne pouvait justifier d'une manière plus péremptoîre sa tentative réformatrice qu'en rappelant aux Juift de la décadence qu'ils détruisaient leur propre religion, tandis qu'il était seul capable de restaurer le cdl&dQ vrai Dieu.

Plu^urs'de.<$>6pectateurs de cette scène en reçirrent une vive impression; mais entre cet entraînement passager et une foi véritable la difKrenee est grande,

» AôcoTs tbv vobv toutcv, xat Iv Tpwlv ^iiJiipatç èvepû oWv. (Jean II, 19.)

UENTESTIEN AVEC NICÛDÉBIE. 403^

nul ne le sarait. mieux que Jésus * . Cefenôsat vem le s^ il vit efiitrer dans la maison où il s'était i^tiré un savant docteur, memfa'ednisanbéâan, nommé Nicodème. Uaipparitiûii du jeune JCattie avait sempli d'admiration cet homme de hsut rang; ce qu'en lui «vait rapporté de sa poissaaice miraculeuse Findinait à penser qu'il pourraît Uen. être un prophète. Mais il n'osait compromettre sa dignité dans une entrevue publique avec un Galiléeu. Il vint donc trouver Jésus en secret. Sa pmdence excessÎTe prouvait qu'A était peu disposé à sacrifier à la vérité les avantages de sa position ; cet attachement h ses privilèges était un bandeau sur ses yeux. Aussi Jésus, selon sa coutume, répondit-il bien moins à la question du pharisien qu'à ses pensées secrètes : cNul ne verra le royaume de Dieu s'il n'est né dé nouveau. » Lui, le docteur écouté etrespecté, il se croit au plus haut degré de la vie religieuse, plus capable que personne de recevoir les nouvelles révélations. Eh bien! non, il n'a pas même des yeux pour voir. Nicodème comprendbpait qu'on lui parlât de la nouveïïe naissance s'il était semblable à ces païens qui frappent tous les jours à la porte des synagogues et sont tenus de rompre avec tout leur passé. Mais qu'un membre du sanhédrin doive se mettre sur le même rang, voilà ce qui le confond. H n'hésite pas à interpréter les paroles de Jésus dans un sens matériel et grossier. TJn vieillard ne peut naître de nouveau, il ne saurait rentrer une seconde f(»s dans le sein de sa mère. Il aime mieux prêter

1 Jean II, !

40i UENTRKTIEN AVEC KICODÉMK.

à son interlocutear une pensée aussi absurde que de supposer un instant qu'un homme tel que lui puisse être étranger au royaume céleste. Ce n*est pas la première fois que Torgueil conduit à une sorte de stupidité morale, c En vérité, en vérité, répond Jésus, si quelqu'un n*est pas né d*eau et d'esprit, il ne verra pas le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, mais ce qui est né deFEsprit est esprit \ » Pour pénétrer dans la région du divin, un sens nouveau est nécessaire. Le baptême de Jean prépare à cette nouvelle naissance, mais il faut plus encore, il faut l'action surnaturelle de l'Esprit qui enfante l'âme à la vie divine. Son influence mystérieuse est semblable à celle du vent. Personne ne Ta vu et son souffle a pourtant passé sur nous. Aux interrogations sceptiques du pharisien, Jésus oppose son propre témoignage; on lui demande le moins, il donnera le plus ; on veut savoir comment ces effets étonnants peuvent être produits parmi les hommes id-bas; il ouvrira aux regards les horizons célestes. Lui-même il descend de cette haute région dont il a décrit les fécondes influences s\ir la terre. Quand il parle du ciel, il parle de ce qu'il a vu, car il est le Fils. Et maintenant, il va être élevé devant les hommes, comme le fdt le serpent d'airain au désert. Cette élévation qui se confond avec son immolation sauvera quiconque le contemplera par la foi, car Dieu a donné son Fils au monde, afin que quiconque croit en lui soit sauvé.

(Aivov ix Tou icve6(ibaT0ç icveûpid lo^i. (Jean III, 6.)

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