‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 171 sur 309 · JÉSUS TRAVERSE LA SAMARIE · texte numérisé non relu

JÉSUS TRAVERSE LA SAMARIE

Don glorieux et tout ensemble redoutable ! Le fond des cœurs va être manifesté par la seule apparition du Christ, car on reconnaîtra sanô peine cçux qui aiment la lumière et ceux qui ont intérêt à ensevelir leurs mauvaises œuvres dans les ténèbres*. N'oublions pas que tandis que Jésus parlait ainsi du monde invisible, on le voyait rayonner et resplendir sur toute sa personne. Il était lui-même le vivant commentaire de ses discours. En £BLce d'un homme d'école et de science, il ne pouvait tenir le même langage qu aux multitudes ignorantes; il a produit ses titres comme maître de la sagesse divine et il les a cherchés au plus haut des cieux; car c'est de son Père qu'il a appris la vérité qu'il proclame.

m. — ItBT#UB DE JÉSUS EN GAULÉE. — L'ENTRETIEN AVEC LA SAMARrTAINB. — PREMIÈRES PRÉDICATIONS PU- BLIQUES.

Pendant quelques mois encore Jésus demeura dans les environs de Jérusalem, poursuivant l'œuvre préparatoire de Jean-Baptiste plutôt qu'il n'inaugurait la sienne propre. Nous avons déjà rappelé le beau témoignage que le Précurseur lui rendit à l'occasion du baptême administré par ses disciples. Le parti pharisaîque, irrité contre lui depuis la scène du temple, commençait à manifester son opposition d'une manière inquiétante, aussi Jésus se décida-t-il à retourner en Galilée. Il était confirmé dans sa résolution par la nouvelle de l'emprisonnement de Jean-Baptiste. Jésus

^ Tel est le lien des pensées dans cet admirable discours. (Jean III, 1-22.)

406 L'ENTRETIEN AVEC lA FEMME BE 6ICHEM.

choifiit la Toute qui trave? se la Samaria; cette route 66t particulièrement aride jusqu'à Béthfil où. elle atteint les riautB coteaux d'Ephraïm. Ce n'.eat plus alors qu*un sentier xle montagne ainueux^ mais fittoresquement encadré. On compte trois jouméafi de voyage de Jérusalem *à Sichem^ aujourd'hui Napiouse. Marchant à pied sous les ardeurs du soleil de Syrie, Jésus arriva vers le milieu du troisième jour au bord du puits que Jacob avait creusé devant Sichem, non loin du tombeau de Joseph. La contrée fenvironnanle n'a point changé depuis Theure sacrée où, semblable aux pèlerins indigents que l'on rencontre encore aux mêmes lieux revenant de Nazareth, le Sauveur du monde s*y arrêta pour s'y reposer. Le puits est tari, mais il est facile d'en mesurer la profondeur. Tout autour se balancent les épis dans les champs fertiles. En face se dressent les deux montagnes de l'Hébal et du Garizim; sur cette dernière un monceau de pierres marque la place où s'élevait le temple samaritain, bâti jadis par Manassé pour rivaliser avec le sanctuaire de Jérusalem, Les toits aplatis de la ville voisine s'aperçoivent au travers des oliviers. Rien donc n'a changé en ces lieux pour l'aspect général; aussi nulle page del'Svangile ne porte mieux le cachet de la réalité historique.

On sait quelle haine mortelle divisait les Juife et les Samaritains; les premiers regardaient les seconds comme des apostats et des traîtres, ils leur prodiguaient les termes méprisants et étaient largement payés de retour. Cette animosité s*était encore augmentée depuis que.

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60118 le goaremement de CqpODius, quelctae&aniiéee «apanmiit, me troiçe de Samarhaio^ avait &it use n^de invaskm à Jérusatem pendant la fàle de Pâqne et «valent profané le sanctuaire en y jetant des oea^sients hnmainfi. Leor dessein 'était de rendre impossible, pour ûotte année, la célébration de la plus grande solensiité des Juift^ Ceux-<ci r^ardaîent comme une abomination de s'entretenir avec un Samaritain. Les rabbins, par finsee austérité, se faisaient également scrupule d*a* dresser la parole à une femme quelle <}u*elle fût. C'est ce qui explique retournement de la Samaritaine quand Jésus engagea Tentretien avec elle. Elle était venue, selon l'usage oriental, portant sa crucbesur la tète pour puiser de Teau. Cette femme réunissait en elle tout ce qui pouvait exciter le mépris d'un Juif, non-seulement par son extractions mais encore par ses débordements. L'amour rédempteur, c qui cherche ce qui est perdu, » se s'arrête ni devant le préjugé, ni devant l'infamie. Oublieux de sa fatigue, Jésus fixe son regard compatissant sur cette créature dégradée et ignorante. Grâce à une révélation spéciale, il a pénétré les hontes de sa vie; il reconnaît aussi en elle les aspirations confuses que tant de désordres n'ont pas étouffées. Le début de l'entretien est d'une par£Eiite simplicité. Le Itaîke rattache à l'incident le plus vulgaire les plus hautes leçons. Ce puits au bord duqud il est assis devient un symbole expressif de la vie divine qu'il veut fiedre jaillir des cœurs comme une source d'eau

* Josèphe, Ant., XVm, 2, 2.

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