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L'APPEL DES DISCIPLES

la grève sans avoir rien pris de toute la nuit. Il entre dans la barque de Simon^ elle lui sert de chaire improvisée pour enseigner le peuple qui se presse sur le rivage, puis il dit à son jeune compagnon de jeter de nouveau son filet. Simon peut à peine le retirer, tant la pêche est abondante. Ce miracle accompli en sa faveur émeut jusqu'au fond son âme ardente et mobile. Cette manifestation d'un pouvoir surnaturel lui rappelle tout ae qu'il a dé[à vu et entendu ; il se sent en présence d'un être saint, et il tombe à ses pieds en ^'écriant : « Retire-toi de moi, je ne suis qu'un pécheur ' . » Nulle heure n'est plus favorable pour le grand appel que celle de l'humiliation, car c'est à genoux qu'il convient de le recevoir. € Ne crains pas, lui dit Jésus, dès cette heure tu seras pêcheur d'hommes^. » Les' quatre disciples n'ont pas un instant d'hésitation; ils laissent là leur barque et leurs filets. Cet appel n'est pas encore l'institution de l'apostolat, mais il en est la condition première, car, avant d'être apôtre, il faut, comme les fils de Jona et ceux de Zébédée, avoir tout quitté pour suivre Jésus. Nous verrons se dessiner peu h peu l'individualité des premiers disciples et nous en esquisserons les traits principaux au moment où ils recevront leur mandat définitif.

De toutes les provinces de la Palestine, la plus belle

* Luc V, 8, 9. La parole de Pierre suppose une relation antérieure avec Jésus, car la pèdhe miraculeuse à elle seule n*eût pas suffi pour lui révéler la sainteté du Maître. Le récit de Jean est impliqué dans celui de Luc.

« 'Aicb Tou vuv ivOpowrouç êoig ÇwyP^v» (Luc V, 10; comp* Mauli. IV. 18-22; Marc I, 16-20.)

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