UNE JOURNÉE DE JÉSUS
blés, les ans couchés sur leur grabat, les autres dans Tagitalion terribledelapossesaion. Spectacle lamcsitaUe qui réunissait dans ce coin du monde toutes les souffrances ! Bientôt la scène change. Jésus^ avec une ten* dre pitié) étend sa main sur oes malheureux et il les guérit. La foule enthousiasmée Tacclame encore après qu*il s'est retiré. Le lendemain avant le lever du soleil, alors que tout est silencieux à Capemaûm, il cherche Tendroit le plus solitaire au bord du lac et consacre de longues heures à la prière*. C'est ainsi qu'il se dérobe à la gloire et que, toujours facile à trouver quand il s'agit de secourir et de sauver, il disparaît pour l'heure du triomphe. Cette journée de Jésus peut être considérée comme le résumé de sa vie entière. Enseignement pubUc et privé, œuvres de miséricorde, prière intense et solitaire qui fait descendre le ciel dans son cœur; rien n'y a manqué.
Dès le point du jour, les habitants de Capemaûm se mettent à la recherche de Jésus pour l'entendre encore et surtout pour recevoir quelque marque nouvelle de sa bonté secourable. Le Maître se garde bien de repoussa les foules qui viennent à lui; il a besoin de ce grand concours d'auditeurs pour se faire connaître à son peuple. Mais il a soin de ne s'établir nulle part pour ne pas permettre à cet entrcunement de se transformer en agitation poUtique. Il parcourt toute la contrée, reveûant de temps à autre à CapemaUm dans la maison du Si& de Jona; partout sur son passage il sème les saints i^
> Marc I, 35.
OUÊRISON DTJN LËPREUX. 4SSJ
pela 0l les bien&its. Pendant cette période ses miraeles firappent plus les masses que ses paroles ;. aussi Tadmi- Tstkm pour loi est-dle mÙTcarselle et sans t ésem^^ parce qu'elle n*est point encore tempérée par Taiistérité et la spiritualité d'un enseignement qu'on ne cherche pas à comprendre : on n'a d'yeux que pour ses oeuvres. Son noQi y^iÀe de bouche en bouche, la Judée s'émeut en apprenant ce qui se passe au bord du lac de Génésareth, Is Pérée et la Décapole font écho aux acclamations de la Chdilée. La gloire vient au-devant de Cdui qui ne l'a jamais cherchée. Et lui, que &it-il? Un trait sublime de saint Luc nous le peint tout entier : c Sa réputatk» s'accroissait, dit l'évangéliate, mais il se tenait doi» les déserts et il priait * . »
L'une des g^o&risons opérées par lui saisit particulièrement Tattei^on publique* Dans une des villes galiléennes,il avait rencontré un de ces malheureuxlépreux, vTai&exQommimiés de la vie sociale, qui encore aujourd'hui se tiennent aux portes des villes de la Judée, exhibant leurs plaies hideuses et poussant des plaintes déchirantes. Jésus l'avait guéri en posant ses mains sur htâ. Malgré sa recommandation expresse, l'homme qui avait été délivré d'un mal si affireux s'était hâté de publfer ce grand miracle^. L'admiration pour Jésus ne connut plus de bornes. Elle se fondait en partie sur un malwitendu qui ne pouvait duser longtemps et ^e
t Luc V, 15, 16.
« Luc y, 12*16* Mavo h 4(M5. Matth. VIH, 1-4. M. Scbankel a fait une belle découverte : c*e8t que le lépreux devait être déjk à moitié guéri quand il Tiu4 à Jéso^. (Characterbildt p. 73.)
428 LE TEMPS DE LA FAVELTt PUBLIQUE.
rbnmilité du nouveau prophète tendait à dissiper. Uo Messie qui cherche la solitude et fuit la royauté n*est pas cehii que l'on attend en Judée. Dos que le peuple sera désillusionné, la haine remplacera promptement la faveur. Les hommes d'école et de gouvernement échappaient à Tentraînement général. Nous allons voir le parti pharisaîque, même en Galilée, prendre use attitude hostile vis-à-vis de Jésus. Le premier symptôme de ces dispositions apparut à l'occasion de la g^uérisra d'un paralytique à Capernaûm, pendant un des courts séjours que Jésus faisait dans cette ville. Un jour qu'il était entouré d'une foule considérable venue de tous les points du pays, il s'était retiré dans une maison particulière où l'on s'entassait autour de lui. Un homiae impotent s^était ftût amener pour être guéri, mais comme ceux qui le transportaient ne pouvaient pénétrer dans l'intérieur, à cause de la foule, ils n*hésitèrent pas à pratiquer une ouverture dans le toit. Au prix de ce courageux effort, ils placèrent leur ami aux pieds du grand prophète. Touché de cet ade de foi, Jésus commence par guérir l'âme avant de songer au corps : c Homme, dit-il au paralytique, tes péchés te sont pardonnes. » Les pharisiens crient au blasphème; leur irritation s'accroît quand ils voient l'impotent se relever et charger son lit sur ses épaules. Rien ne pouvait les indigner davantage que cette prétention du nouveau Maître d'opérer dhrectement la ré* conciliation avec Dieu, sans se soucier de leur tradition et de leurs rites. Ss furent encore plus courroucés