MÉCONTENTEMENT DES PHARISIENS
contre lui quand^ peu de jours après, il plaça ouverte- Bient au rang de ses disciples le péager Lévi, dans lequel ils voyaient le serviteur à gages des oppresseurs de leur patrie. Jésus ne pouvait s'arrêter à une considération semblable pour repousser un homme bien disposé, qui se montrait prêt à renoncer pour le suivre à tous les avantages de sa position * . Comme les pharisiens s*indignaient de ce qu*il s'était assis à la table d'nn publicain, il leur fit cette belle réponse : c Ceux qui sont en santé n*ont pas besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repenlance les justes, mais les pécheurs'. » Les anciens adversaires du Baptiste ne craignent pas d'invoquer son exemple et d'opposer à Jésus l'ascétisme de l'homme du désert, c Vous ne pouvez faire, dit-il, que les amis de l'époux jeûnent quand ils l'ont avec eux! » Avec le Messie commence le saint mariage entre l'âme et Dieu, si souvent annoncé par les prophètes. Cette première heure des noces spirituelles appartient à la joie. La séparation douloureuse viendra assez tôt; il suffit pour s'en convaincre de voir éclater en toute circonstance le mauvais vouloir des chefs de la hiérarchie. D'ailleurs Jésus, dans sa pédagogie délicate et habile, proportionne ses préceptes à la capacité de ses disciples. Les appeler de prime abord à toutes les sévérités d'une vie crucifiée, ce serait verser le vin nouveau dans l'outre vieillie *.
< Voir dans rintroducUon les preuves de ridentité de Lé?i et de Matthieu.
» Luc V, 32.
» Luc V, 33. Matlh. IX, M. 17. Marc U, 18-28.
430 MÉCONTENTEMENT DES PfiARISIEN8.
La question du sabbat ne pouvait manquer de se poser en Galilée comme en Judée. Les disdples sont dénoncés avec un grand firacas d*iiidignation, comsie des violateurs de la loi de Dieu^ parce qu'ils ont arr^ cbé quelques épis pour apaiser leur faim dans le j<nir du repos. Jésus en appelle de cette législation méticuleuse el hypocrite à Tesprit même de la loi; il invoque l'exonple de David qui ne s*était pas fiait scrupule de nourrir ses compagnons des pains sacrés déposés sur Tautel. c Le sabbat a été fait pour l'homme et non pas l'homme pour le saUbat* . » Les pharisiens, par leur étroite interprétation du cinquième commandement, en font une sorte d'idole à laquelle ils sacrîfierai^it vdontiers la vie humaine sans aucun profit pour l'âme, car en réalité leur insistance sur l'observance littérale conduit à la violation monde de la loi divine qui se résume dans cette grande parole : c Je veux la miséricorde et non le sacrifice * . » Si le sabbat a été fait pour Thomme, il appartient au r^ prés^itant, au chef de Thumanité nouvelle d'en régler l'observation de manière à ce qu il ne soit pas détourné de son but. c Le Fils de l'homme est le Maître même du sabbat'. » Toute la théologie de saint Paul est en germe dans ces mots si profonds auxquels le discours sur la montagne va donner un si admirable commentaire.
Jésus fait plus que de présenter l'apologie de ses
Tb ci66aTOV. (Marc II, 27. Luc VI, 1-5.) « Matth. XII, 7.
s Luc VI, 5.