PREMIÈRE MISSION DES APOTRES
Les apôtres en savent assez sur leur Maître, sur sa doctrine et sur sa puissance, pour qu*il puisse les soumettre à une grande épreuve. Il les envoie comme ses représentants pour annoncer à leurs compatriotes que les temps sont accomplis. Il ne veut pas qu'ils sortent du cercle national où leurs pensées sont encore enfermées. S*il les envoyait auprès des païens, ou même des Samaritains, il leur donnerait un mandat qui les dépasserait entièrement. Pour le moment, ils doivent apprendre par leur propre expérience à quoi est appelé un témoin du Christ, et l'idéal leur en est présenté en traits ineffaçables dans les recommandations du Maître. L'apôtre doit partir sans or et sans armes; il est le champion du monde invisible, le soldat d'une cause qui ne demande rien à la terre pour la conquérir. Et cependant nul n'est investi d'une plus grande puissance. Quand il entre dans une maison, il y apporte la paix, mais il peut y laisser la condamnation selon que son divin message est reçu ou repoussé. Malheur aux villes sur lesquelles il a dû secouer la poussière de ses pieds *. Tout désarmé qu'il soit, il n'est pas moins envoyé au-devant des luttes les plus terribles. C'est un agneau au milieu des loups. Un tel témoignage aura pour sceau inévitable la souffirance et souvent la mort. < Les hommes vous livreront aux tribunaux, ils vous fouetteront dans les synagogues. Vous comparaîtrez devant les gouverneurs et devant les rois à cause de moi pour être mes témoins devant eux et devant les na-
» Matth. X, 9-15.
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tîon8^» Leservitoiir B.*66t paspluBqtteie mrître; eleelaî-ci aété appelé Beelaebul. c Vous serez hàSs par tons à cauae de moi. » Bien phis, iln*est paeiiécesaaiie, poor que les diseiidesdu Christ sojeat condamnés^ qu'ils aîeirt oontre eux les tribunaux et les rds; ils trouyerant la haine assise à leur propre foyer; Fépée de la parole tranche les lienslesplus tendres et les plus sacrés; un g^rand feu vient d*âtre allumé pour consumer le péché; peiaonne ne Féteindra. Ce n'est pas la paîx<, c*eât la guerre que Jésus a apportée au monde^. Pour s'enrôler sous un tel chef^ il fiuit savoir sacrifier ses afiecti<ms les plus chères. La croix doit être portée jour à jour par le ▼rai disciple avant qu'elle soit plantée en terre pour dte arrosée de son sang'. Qœ les témoisis du Christ partent néanmoins sans crainte; ils sont ses représentants, ce qu'on leur fera on le fera à lui-mâme, et il récompensera un verre d'eau qui leur sera donné, comme s'il y avait trempé ses lëvre8\ L'Esprit de Dieure^)Ose sur eux; il pariera par leur bouche devant les tribunaux et les grands de la terre; ime t^idre providence veille sor leur sort; pas un de leurs cheveux ne tombera sans m permission et quand ils auront confessé Jésus devint le monde, il les reconnaîtra pour siens devant aon Fte, et tous les opprobres et toutes les souffiraxœes se tenan neront par la gloire étemdler^. Certes, Tarmée siasi
* 'ûi; xp55aT<x èv (liac^ Xûxqv. (Matth. X, 16.) « Matth. X. 34. '
♦ Jd.. 40-42.
» Jd., 32.
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T&catvàét €SÊ digne du dmn cheî dont on a dit avec nÔBoa qu'il est plus fort des coups qu'il reçoit que de œaz qu'il éonite. Saint Paul résuiDe à saiinanièfe toute oeftte iastniotion de Jésus aux douse quand il dit : c Les armes de notre guerre ne sont ps^ oelles de la chair \ > Le supplice de Jean-Baptiste qui eut lieu à cette époque vint confirmer tout ce que Jésus avait dit sur ce qu'il en coûte pour être un confesseur fidèle de la vérité. S'il a fallu tant souffrir pour préparer la voie au Christ, que doivent attendre ses propres disciples?
Ce n'est pas que dans ce premier voyage les apôtres aient enduré beaucoup d'opprobres. Jésus, pour cette fois, les avait chargés d'une mission appropriée à leur fidblesse ; ils n'avaient à heurter aucun préjugé, puisqu'ils ne s'adressaient qu'aux Juife de naissance et qu'ils se bornaient à leur annoncer d'une manière générale que le Messie était apparu. Cette première mission, tout incomplète qu'elle fût, leur apprenait à proclamer sans crainte ce qu'ils savaient de la vérité. Quand ils seront plus instruits, leur témoignage deviendra plus périlleux. Admirons cette sagesse du Maître qui les forme peu à peu par des moyens divers, calculés d'après leur état moral. Nous ne savons pas combien de temps dura ce premier voyage pendant lequel les apôtres accomplirent quelques miracles'. Ils rencontrèrent partout un accueil empressé, et revinrent pleins de joie et
« 2 Cor. X, 4.
« Marc VI, 13. Luc IX, 6.
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de confiance. C*est sans doute à leur prédication que Ton doit attribuer la recrudescence d'enthousiasme pour Jésus qui se fait remarquer à cette époque en Ga* lilée. Elle fîit de courte durée, car nous touchons à une crise décisive.