‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 204 sur 309 · PREMIERS C0NFUT3 AVEC LES PHARISIENS DE GAULÉE · texte numérisé non relu

PREMIERS C0NFUT3 AVEC LES PHARISIENS DE GAULÉE

pratiques toates les fois qae l'on revenait de la place publique, h cause des souillures involontaires que Ton avait pu contracter ^ Il sied bien à ces contempteurs de la loi de se poser comme ses défenseurs, c Vous annulez le commandement de Dieu, leur dit Jésus avec une juste sévérité, pour garder votre tradition *. »

Opposant la morale étemelle à la morale artificielle des faux dévots, il prend contre ceux-ci la défense de ces sentiments naturels qu'on l'accuse à tort de sacrifier. N'ont-ils pas enseigné aux en&nts à manquer à leur premier devoir, en les autorisant à détourner pour l'autel Tor sacré qui devait subvenir aux besoins d'im père et d'une mère? Revenant aux ablutions, Jésus rappelle avec une simplicité hardie que la vraie souillure ne vient pas du dehors, mais du fond impur du cœur humain où germent les convoitises mauvaises. Il termine en peignant en traits de feu l'hypocrisie de ses constants adversaires. Nous retrouverons dans les derniers discours de Jésus cet immortel tableau du pharisaïsme, plus complet et plus terrible encore. Un seul trait nous paraît décidément appartenir à cette époque, c'est celui-ci qui résume tout le débat sur les ablutions, c Vous, les pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, tandis que le dedans est plein de rapine et de méchanceté. Insensés, celui qui a fait le dehors n'a-t-il pas fait le dedans* ! »

1 Marc VII, 2-6.

* KaXco^ dOe-cetTC t^v ivroX^v xou Oeou, Ivoc x4)v icopdSocrtv 6|AÛy tijpi^atîTe. (Marc VII, 9.) > Luc XI, 39-40.

474 PREMIERS CONFUTB.AVEC LS8 PHARISIBW8 DB O AULte.

Quelque temps après, les mêmes émissaires de Jérusalem se préaeotèreut de nouveau devaat JéauA pour lui demiuider un signe éclatant de sa misâon. Le safthédrin joue ici le rôle que Ton voudrait impeser à bos corps savants; il demande un miraele McempU devant ses délégués* c Jésus soupira profondément, rapporte le plus exact des narralieura évangéliques*. » Bien, ea effat, ne prouvait mieux qu'une telle demande à qnd point son caraotère et sa mission étaient outrageusement méconnus. Il veut bien répondra aux supplications des malheureux et des malades qui Fimplorent, il éooute la voix des larmes, et il consent au mirade, quand celui-ci est une réponse de la dianté à la foi; mais il ne saurait consentir à faire un prodige pour établir son autorité devant une hiérarchie orgueilleuse, et un peuple avide, de merveilleux; cela convient à un magicien et à un imposteur, mais Jésus n*a jamais confondu rhumilité avec la bassesse; il a toujours conservé à la vérité sa dignité royale^ Il sait d'ailleurs que le merveilleux est un voile brillant qui cache le divin plus qu*il ne le montre, tandis que lemirade, par son caractère moral, touche les cœvxs bien disposés. Voilà pourquoi il repousse, amc indignation la requête qai lui est présentée h cette.heureu c U ne sera donnée dit*il, d!autre signe à cette génération que. celui de Jomas, > La simple prédication. diu propbéter nVt^e pas- suffi, pour amenerNiniveàla repentanceî Or, il ya^icipfais qtie Jonas, pins que le roi pacifique qui attira la reine

* 'AvaaTeviÇoç tcJ icveôfwtxi. (Marc VIII, 12.)

PEfaOEHS COKFLIÏS AVEC LES Pil^UOSIENS DE GALILÉE. 475

de Soâ» du .fond àa VOrimt J4isqueda2ifi la ville sainte pour Técouter. Le sig^par exc^kooe, c'est donc la pefsomiie mâfoe de Jésus. Ceux q.ui ont des yeux pour voir et des oreille» pour entendre, les cœurs bien disposés qui ont le sens du divin sauront le reconnaître. Nous sommes ainsi reportés aux plus profonds discours du quatrième évangile \ L'histoire de Jouas est pour Jésus le type de ssa propre destinée ; lui aussi doit être enseveli et reparaître à la lumière. Il en appelle à ce signe futur qui sera la confirmation de toute sa prédicaticm et apposera en quelque sorte le sceau de Dieu à son œuvre. Sa mort et sa résurrection ne rentrent pas en effet dans la catégorie des signes purement extérieurs; ce sont de grands actes rédempteurs, les plus hautes manifestations de sa personne. Aussi, la réponse de Jésus-^Christ à la demande d*un miracle est la mâaie en Cralilée que dans le temple de Jérusalem au début de soa ministère. Dans les deux cas, il donne sa résurrection comme le signe par excellence de sa mission. £1 est certain qu'il ne pouvait être entièrement compris par ses auditeurs* H ne faut pas oublier qu!il iB parlait pas seulûmcmtpeurrbeuce actuelle, mais pour tous les temps. S'il n'avait picononcé que des paroles immédiatement accessibles au cercle qui l'entourait, son enseignement eût été stngufièrement réduit *•

1 LacXI,'2S.

* On a beaitconp oontAté raothenticiU d« piywage ^ni, dans Matthieu, fait allusion à la résurrection (XII, 40). Il est certain qu'il rompt quelque pep hifd à» U pensée» vais» comme il ne soulève aucm», ditfjBuUé GorittquB, il.n?e)it pas peisms de ift letraocher, aout peine de tomber dans un arbitraire qui n'aurait plus de hvrnes. U

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