LA DÉLIBÉRATION DU SANHÉDRIN
la Judée, l'avait élevé au sacerdoce suprême, qui n'était plus qu'une magistrature précaire mise au service de la politique romaine. Aussi rhistorien sacré le désigne-t-il avec raison comme le souverain sacrificateur de cette année-là* . Caïphe était en réalité l'instrument docile d'Anne, son beau-père et son prédécesseur, rusé politique vendu à l'étranger, tout en gardant toutes les passions de sa caste. Il proposa tout simplement une condamnation sommaire, sans débat contradictoire. € Il importe, dit-il, qu'un seul homme périsse pour le peuple, au lieu que le peuple entier soit perdu*. > Ces paroles abominables s'éclairent pour l'évangéliste d'un rayon prophétique; elles lui semblent dans la bouche du grand-prêtre un de ces oracles involontaires que l'Esprit divin a arrachés plus d'ime fois aux méchants. Le Christ, en effet, n'est-il pas mort pour son peuple et pour l'humanité? Ce sens profond échappait entièrement à Caïphe, et son crime subsiste tout entier. Nulle voix n'invoqua l'éternelle justice; la condamnation de Jésus fiit décidée sans être officiellement prononcée, car le sanhédrin ne pouvait exécuter lui-même son arrêt, puisque le gouverneur romain jugeait en dernier ressort.
« 'Apx^epeùç 2>v tou iviourou ixeivou. (Jean XI, 49.) t Jean XI, 50.