LE LIVRE DE JÉSUS SIRACH
ciennes sur le caractère de transcendance absolue de la Divinité*.
Cette influence hellénique, qui devait grandir encore en Egypte, est moins sensible en Judée, bien qu'elle y ait laissé ses traces, comme on peut s*en convaincre par le Uxtq de Jésus Sirach. L'auteur, en morale et en religion, choisit la voie du milieu, qui est sans grandeur et sans péril. 11 fait Tapothéose de la sagesse, c'est-à-dire de la religion considérée uniquement comme doctrine. Il la fait parler en ces termes :
«Je suis sortie de la bouche du Très-Haut et j'ai couvert la terre comme une nuée. J'ai habité dans le^ lieux très hauts, et mon trône est sur la colonne de nuées; j'ai cherché du repos et je me suis demandé dans quel héritage je me logerai. Alors, celui qui m'a créée m'a assigné mon logis, disant : Loge-toi dans Jacob et prends ton héritage en Israël. J'ai pris racine parmi un peuple nouveau, j'ai été élevée comme un cèdre du Liban, comme un palmier au bord de l'eau. Toutes ces choses sont le livre du Testament de Dieu, la loi donnée à Moïse ^. i
* Ainsi la terre vide et confuse du texte hébreu, dans le récit de la création, devient dans la traduction une terre invisible et sans forme, àôpono^ %ai àxataaxEÙaoTOÇ (Genèse 1, 2.) Au verset 5, la traduction porte : «Dieu créa toute la verdure des champs avant qu^elle existât sur la terre.* Ceci nous transporte dans le monde des idées, types des choses; nous sommes en pleine philosophie platonicienne. La traduction des Septante fait également disparaître le plus possible les théophames, en substituant partout un ange à Dieu.
* 'E^w dhcb oréiiLaTo; u<|/iotcu èÇijXÔov. (C. XXIV, 5.) Les derniers mots de ce panégyrique de la sagesse nous montrent qu*elle n*est pas aatra chose pour Tauteur que la révélation mosaïque personnifiée.