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JÉSUS A JÉRICHO

divin ; c'est encore le moi qui s'affirme. Il vaut mieux attendre la claire manifestation d'une volonté supérieure. L'héroïsme par excellence est celui du combattant qui sait demeurer immobile siur le champ de bataille, pour ne pas manquer aux commandements de son chef. Tel fut ThéroYsme de Jésus jusqu'à ce que son heure fût venue ; c'est' an^ nom du même principe d'obéissance que nous allons le voir manifester une sainte hardiesse dans ses actes et dans ses paroles.

Sa première démarche décisive fut de se rendre d'Ephraïm à Jéricho * . La distance entre les deux villes était très petite. Jéricho était alors ime des plus florissantes cités de la Judée, et se trouvait sur le grand chemin des caravanes, dans une plaine d'une luxuriante fertilité, qui était arrosée par le Jourdain et par le fameux cours d'eau que le prophète Elisée avait miraculeusement assaini jadis. Une délicieuse fraîcheur tempérait l'ardeur du ciel tropical qui brûle les steppes voisines de la mer Morte. Aussi toute cette contrée formait une ravissant^ oasis parée de tout ce que la végétation a d'éclatant et de varié dans ce pays du soleil. Les montagnes dç Judée, colorées par une lumière de feu, Tencadraient à l'ouest, tandis que vers l'orient le Jourdain disparaissait sous les roseaux et allait se perdre dans le lac maudit. Jéricho, placée comme au milieu d'un verger de palmiers et d'arbres fhiitiers de toute espèce, s'appelait la Ville des parfums. Au lieu

i Luc XVni, 3543; Marc X, 46-58.

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des chétive» masures qui attristent aujourd'hui la plaine, elle présentait l'aspect d* une ville populeuse et riche, et les pèlerins qui venaient du Nord se plaisaient & &ire halte au sein d'une si merveilleuse abondance. Les douloureux contrastes de la vie humaine s'y ren^ contraient néanmoins comme ailleurs ; la pauvreté et la maladie y gémissaient à côté de la richesse. Mais qu'importe la condition extérieure? L'homme qui manie l'or à pleines mains n'a pas moins besoin, de Jésus que le mendiant ; en haut comme ea bas de l'échelle sociale le cœur a sa secrète blessure, qui réclame le divin consolateur. Le riche pubUcain soupirait après lui tout autant que l'aveugle mendiant; il s'est montré également secourable à l'un et à l'autre , en commençant toutefois par le pauvre, selon l'ordre évangélique, qui est le contraire de l'ordre mondain. L'amour compatissant a sa hiérarchie, et ses prévenances sont toujours pour les délaissés et les méprisés.

Comme Jésus entrait dans la ville, une grande foule l'entourait déjà, car tous les yeux étaient fixés sur luL Qu'il rencontrât la haine ou l'admiration, il ne pouvait passer indifférent. Sans doute les disciples étaient fiers de ce cortège imposant ; ils s'attendaient à quelque grand miracle. Un aveugle indigent, nommé Bartimée, bien connu des habitants de Jéricho qui avaient entendu de tout temps sa plainte monotone, se tenait» selon la coutume de ses pareils , devant la porte de la cité. Ce qu'on lui avait déjà dit de Jésus l'avait amené à reconnaître en lui le Messie; il l'appelait par ses

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