GUÉRISON DE L'AVEUGLE BARTIMÉE
vœux, et, dans sa triste situation, il n*avait d*espoir qu en lui. On lui avait sans doute parlé de cet aveugle que Jésus avait guéri à Jérusalem, et de tant d*autoes auxquels il avait rendu la vue en Galilée. Aussi, quand on lui eut dit que Jésus passait près de lui, il mit tout son ardent désir, toute sa foi naïve dans ce seul cri : c Fils de David, aie pitié de moi ! > Les disciples veulent lui imposer silence; ce malheureux en haillons leur semble un importun. Ils ignorent que la voix qui gémit est celle qui a le plus d*écho dans le cœur du Maître ; nulle plainte ne lui échappe; rien à ses yeux n'est plus important et plus glorieux que d'écouter le mendiant qui s'attend à lui. H s'arrête et n'hésite pas à mettre son pouvoir miraculeux au service de cet être misérable, c Que veux-tu que je te fiisse? demande-t-il à Bartîmée. — Seigneur, que je voie. — Recouvre la vue, ta foi t'a sauvé ! » Incomparable dialogue, toujours renouvelé, entre l'extrême faiblesse qui se confie et l'amour qui délivre ! Magnifique aumône du Christ , offerte à quiconque consent à mendier ce qu*il ne saurait acquérir ! Bartimée, guéri, entre avec Jésus dans la ville, aux acclamations de ce peuple mobile, qui, aujourd'hui, bénit Dieu, et, dans quelques jours, maudira son envoyé ^
1 Matthieu raconte la guérison de deux aveugles à Jéricho. (Matth. XX, 29-34.) On a supposé que la première guérison aurait pu se renouveler & la sortie de la ville, & Tautre porte. Mais la répétition des paroles échangées rend la chose peu probable. Il nous semble évident qu*il s*agit du même fait; la précision de la narration de Mare lui donne l'avantage.