LA PARABOLE DES MARCS
ces paroles qui le peignent tout entier, est venu pour chercher et sauver ce qui est perdu. »
La perspective d'entrer à Jérusalem au milieu du concours d'une grande fête éveillait de fausses espérances dans l'esprit des disciples ; malgré tout ce qu'avait déclaré leur maître sur l'issue tragique de ce voyage, l'empressement du peuple de Jéricho ramenait par instants leurs incurables illusions. La parabole des marcs d'argent était bien de nature à les dissiper sans retour * . Il était facile de reconnaître Jésus lui-même dans cet homme de grande naissance, qui, pour prendre possession du royaume qui lui a été confié, doit se rendre auprès du souverain d*un pays étranger, parce que ses sujets l'ont repoussé. Rejeté par les Juife, le Messie ne sera en eflFét revêtu de sa royauté que dans les cieux, d'où il redescendra plus tard '• Au lieu de compter sur un prompt triomphe à Jérusalem, il faut donc se résignera une longue période d'atlente,pendant laquelle chacun est tenu d'administrer fidèlement les dons qu'il a reçus de Dieu. Le marc d'argent confié aux dix serviteurs représente cette vie divine dont chaque chrétien doit faire un sage emploi, et tirer tout le parti possible pour la gloire de son maître et le succès de sa cause, n sera jugé selon qu'il aura plus ou moine acoru le capital qui lui a été confié ; quant au serviteur paresseux qui l'a enfoui en terre, et qui s'est imaginé que la rehgion se conservait toute seule, sans nul
1 « U leur semblait (aux disciples) que le royaume de £dea allait bientôt paraître.» (Luc XIX, 11.) s « U doit revenir ensuite. » (Luc XP^, It.)