CHAPITRE m
LB JOUR DBS QUESTIONS CÂPTIEUSBS.
L — LUTTB AYBC LES DOCTEUBS BB JÉRTOALB&f .
c L'intelligence, dit on grand écrivain, est le plus pervers des instruments, quand elle n*est pas au service de la conscience. > Ajoutons que, lorsqu'elle est aux prises avec celle-ci, elle est aussi l'arme la plus faible. Il est facile de se convaincre de cette double vérité en assistant aux derniers entretiens des Juifs du temple avec Jésus-Christ; ils déploient une rare finesse et un art de dialectique des plus exercés; certes l'instrument intellectuel a été poli et aiguisé avec soin par des maîtres habiles, mais il ne s* en brise pas moins dès son premier choc avec la parole de Jésus. Il ne descend jamais sur le terrain où Ton veut l'attirer; d'une question d'école, il fait une ques* tion humaine et religieuse; tandis que ses adversaires s'escriment dans les espaces vides de la sophistique, il les ramène sans cesse aux réalités morales et les frappe au cœur. Son habileté n'a aucune analogie avec la prudence qui esquive un cas embarrassant. Non, il combat poitrine découverte, sans subterfuge, ouvertement, opposant aux questions captieuses tantôt
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le sileace de la dignité offeosée, tantôt des interroga* tioDS hardies qui oonfondent ses prétendus jugea, tantôt des paraboles dont la conclusion est une redoutable sentence sur eux, jusqu'à ce qu'enfin la coupe déborde en brûlante indignation. S'il se trouve parmi les docteurs qui l'entourent un homme que l'esprit de caste n*ait pas encore perverti et qui mette une certaine loyauté dans les questicms qu'il lui pose, il lui répondra avec bonté. C'est ainsi qu'il accueille le scribe qui lui demande quel est le plus grand commandement de la loi de Dieu; il le renvoie au sublime commentaire du décalogue donné dans le Deutéronome : c Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. Tu aimeras ton prdtiiain comme toi-même * . > Mais quand c'est la mauvaise foi qui parle, Jésus déjoue ses calculs et ne lui permet pas de conserver les apparences de la supériorité; il ne se laisse pas interroger par elle. C'est en vain que les pharisiens le pressent de leur dire sur quoi se fonde son autorité. Il se borne à leur demander ce qu'ils pensent du baptême de Jean, sachant bien dans quelle perplexité il jette ces hypocrites qui n'osent déplaire au peuple en accusant d'imposture son prophète favori et encore moins reconnaître la mission du Baptiste, qui impliquerait celle du ' Galiléen. c Nous ne savcms, disent-ils. » c Je ne vous dirai donc pas, reprend Jésus, au nom de quelle autorité
< liarcXn, SS-S2; L«c Z,25. Luc 8ii|^x)8e 411e ce scribe était animé d*un sentiment d*enyie. Il n*y en a pas trace dans le récit de Marc, qui donne, au contraire, à penser qoMl aurait reçu une imprassion àivorable des premières réponses de Jésus.