RÉPONSE DE JÉSUS AUX PHARISIENS
la clôture de la vigne de Jéhova sera abattue et elle sera donnée à d'autres vignerons. Un autre temple s'élèvera sur les ruines de celui de Jérusidem et il aura pour pierre angulaire la doctrine rejetée par les Juifs * .
Les mêmes pensées se retrouvent dans la parabole des noces, qui rappelle à bien des égards celle du festin du père de famille dans saint Luc. Les temps du Messie sont clairement désignés sous l'image des noces du fils d'un roi. Non-seulement les convives ont refusé l'invitation, mais encore ils ont immolé les serviteurs qui la leur portaient. Leur châtiment est dépeint en vives images. Leur ville doit être brûlée et les meurtriers mis à mort*. Personne ne s'asseoira à la table royale sans avoir revêtu la robe de noce. L'imprudent qui ne s'en est pas couvert est jeté dans les ténèbres de dehors. L'idée capitale de cette similitude est encore la condamnation méritée de l'ancien peuple de Dieu. Ces déclarations furent comprises des auditeurs, et peu s'en fidlut que, dans leur fureur, ils ne réalisassent immédiatement la partie la plus tragique de la parabole en versant le sang de Jésus dans le sanctuaire '.
Le recours à la violence dans un débat religieux est le signal certain de la dé&ite. Les pharisiens viennent de montrer par leur emportement qu'ils sont hors de combat. Ils n'ont pas mieux réussi seuls qu'avec le secours des hérodiens. Les sadducéens, devenus leurs
< Matth. XXI, 33-46; Marc XII, 1-12; Luc XX, 9-19. « MaïUj. XXII, 1-12.
> Matib. XXI, 4-6.
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alliés d*iin jour, les remplaeent dans cette in»ivufl& guerre. Quelles mearveilleufiesTéccBieilistions ne prodmt pas une haine commune ! Les pharisiens laieaait oatrager, sans protester, leurs convictions ks plus chères, dès qu'ils peuvent espérer que par ee moy^i on ^nbarrassera Jésus. Eux, les défenseurs attitrés du dog^e de la résurrection, ils n'ouvrent pas la bouche alors que les sadducéens persifflent ouvertement cette croyance en demandant avec une ironie peu dissimulée ce que fera dai^ la vie future la femme qui, en se conformant à la loi du Levvrath^ aura épousé successive* ment sept maris. — Jésus écarte cette grossière objection, bien digne des matérialistes qui la lui présentent, en invoquant les conditions nouvelles de la vie tout angélique du ciel; puis il va plus loin, il s'attaque au doute abject sur nos immortelles destinées qui se cache sous toutes ces suppositions absurdes, et Técarte par ce mot sans réplique : c N'avez-vous pas lu ce que Dieu vouB a dit : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants * . >
Après avoir affronté ce feu de questions malignes, Jésus interroge à son tour. Il demande aux assistants de qui le Christ doit être le fils d'après les prophètes. — De David, lui fut-il répondu, car nulle interprétation des oracles de l'Ancien Testament n'était plus unanimement acceptée. « Comment donc David l'appelle-t-il son Seigneur? > reprend Jésus en citant le psaume où le
1 Matih. XXH, S2.
RËP(»ISB Dfi itSU& AUX SÀBDUGÊENS. fS75
Messie, r^césenté sous l'image d'un roi yictorieux, est sttlué de ce nom di^in, c Si David Tappdile Seigneiur, comment esVil son fila*! > Evidemment ee n*eat pas la deficendafioedavidique qui esi écartée dans ces évangilee qm la supposent à chaque page. Jésus m voulu établir que celta noblesse, la plus illustre au point de vue théoeratîque, était insuffisante pour lui et qu'il descendait de plus haut eacore*. On le voit donc, daoDs c^te parole comme dana la parabde des vignerons meurttiera, comme dans ses discours publics rapportés par saint Jean, il affirme scot incomparaUe dignité et il se donne pour le Fik de Dieu avec d*autant plus d'énergie et de clarté qu'il est davmtage abreuvé d'ignomimes par les chefs de la hiénurchfe. La question qtd soulève les plus violents orages porte bien plus sur sa personne que sur sa doctrine; c'est lui-même qui est en cai»e et non son enseignement» Pourquoi nous en étonner? N'est-îl pas la vérité, et la religion qu*il fonde n'est-elle pas tout entière rattachée à lui?
Certes, ces derniers entretiens avec les prêtres et les docteurs suffisaient pour révéler leur incurable endurcissement. Le moment était venu de flageller leur orgueil et leur hypocriae devant ce peuple qu'ils méprisaient. L'accusé, se redressant de toute sa hauteur, devient accusateur à son tour; semblable au héros de
ï Matth. XXn, 41-46.
< Il y a là une pnuve fraj^ante de Fanttqaité du premier et da deuxième évangiles. Les premiers chapitres, dont on ferait volontiers une 1« gende ajoutée après coup, sont supposés par cette déclaration de iéMis ; ils fom done oorps avee k récit de Matthieu et de Luc.