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LA PITE DE LA VEUVE

pour attirer Tattention; à leur suite, timide, tremblante, une pauvre veuve déposait en secret une obole qu'elle avait prise sur son nécessaire*. Il semble que les derniers enseignements de Jésus eussent pris corps dans ces deux types de piété qui se produisaient sous ses yeux. Rien ne pouvait mieux qu'un tel spectacle faire ressortir le contraste saisissant qu'il avait établi entre la vraie et la fausse religion. D'un côté, voici la religion pbarisaïque qui accomplit ses bonnes œuvres pour que les hommes les voient, n'adorant et ne servant qu'elle-même tout en ayant l'air de rendre un culte à Dieu. D'un autre côté, voici la religion du cœur, la religion de lamour, la douce et humble charité. La chétive offrande de la veuve est magnifique aux yeux de Jésus, car elle y a mis de sa disette, elle s'est donnée elle-même. Là, tout est pompe et apparence; id, tout est pauvreté et vérité. Heureux les pauvres en esprit! Malheureux les riches qui le sont à leurs propres yeux ! Ainsi la dernière parole publique de Jésus est ime confirmation de la première des béatitudes. Cette âme aimante qui se sacrifie avec joie, voilà le vrai temple de Dieu, l'autel d'où monte au ciel le pur encens. Que sont auprès de cette beauté morale ces splendides portiques de marbre' qui arrachent un cri d'admiration aux disciples au moment où ils les franchissent. € Est-ce là ce que vous regardez? leur dit le

» Luc XXI, 1-5.

* Luc XXI, 6. Voir le beau discourt de Vinet sur les pierres du temple.

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