DE LA VIGILANCE
Nous avons déjà expliqué, à l'occasion du plan de Jésus, la pensée générale de ce grand discours prophétique, en protestant contre ce faux idéalisme qui ne veut pas admettre la consécration de la justice étemelle dans un autre ordre que celui de la pensée pure. C'est oublier que le mal ne s'y est pas renfermé et qu'il s'est étalé avec audace dans le monde extérieur où il a pam définitivement triompher; il s'est emparé des forces de la nature et des forces sociales. De quel droit, au nom de quelle philosophie interdirait-on au bien d'avoir sa revanche et sa justification là même où il paraissait avoir été vaincu et étouffé? L'histoire humaine ne saurait être un drame sans dénoûment, à moins de n'avoir aucune moralité et de n'être qu'un entassement confus et bizarre d'incidents, une fantasmagorie
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monotone sur une scàoe mobile. Il ne sent de ima de prétendre ^qm, denièGe la toile qui retombe «to ce triale spectade, chaque individu reçoit aou cb&timeQt ou Ba récompense aelou qu*il a mérité ou démente. Dans de telles conditions la justice ne serait pas véaliiée dans Tofdse luunaixi^ et les génécatiens ae succéderaient sans recevoir instruction du passé et sans nm attendre de Tavenir. Dieu n'a pas permis qu'il en fiit ainsi. Chaque période de rhistoire a son dénotment à elle, son jugement solennel. Ces jugements partiels annoncent le grand jugement final qui doit dote ce qu'on peut appeler l'économie terrestre. Il n'y a point là de coups de théâtre, ou pour mieux dire de coups d'Etat de la Providence, attentatoires à la liberté. Non, rien ne montre mieux à quel point Dieu prend celle-ci au sérieux que de voir L'histoire des sociétés et l'histoire de la nature elle-même dépendre des déterminations morales, si bien que pour exécuter les sentences de la justice divine la terre et le ciel seront bouleversés. Nous ne connaissons pas de spiritusdisme plus hardi que ce prétendu matérialisme.
Dans son discours prophétique Jésus rattache tous ces jugements partiels de Thistoire au jugement final et décisif qui doit clore cette économie; mais il n'établit nulle part d'une manière tranchée la distinction entre ce qui doit arriver prochainement et les événements des derniers jours. La destruction de la théocratie se confond avec les convulsions suprêmes du monde, d'où sortira une nouvelle terre où la justice
LB GRAND DiBO0C]B8 PROPHÉnQUE. SB!
hafahera. La prophétie ik*« quSin seul pltn sans per* flipecâipe; la profiuiation du sa&etuure par les armées étrangères, la faite précipitée des discipibs, les premières persécutions de l'Eglise, l'apparitioii des fftux Meeries, toute cette peîntiire anticipée des événements qui accompagneront la destruction de Jérusalem est encadrée dans un tableau plus large, qui n*est rien moins que celui du dénoûment de Thistoire humaine * . Ces guerres, ces pestes, ces tremblements de t^rre, qui ne seront qu*un commencement de douleurs^; cette prédication de l'Evangile dans le monde entier ' qui doit servir de témoignage aux nations, voilà autant de traits qui nous transportent aux derniers temps ; il en est de même de la conclusion du discours, qui nous représente le soleil et la hme voilés d'une obscurité soudaine, les étoiles tombant du jcbsi^ le Fils de rhomme apparaissant devant leB tribus de la terre consternées, et les élus ressuscitazit aux sons de la trompette angélique^. Cette confusion des périodes de rhistoire s'expUque de deux manières. D'ri>ord le jugement final a vraiment commandé avec la destruction de la théocratie infidèle; les premières et terribles manifestations de la justice divine ne sont pas seulement le symbole de ses consommations, elles en sont le prélude. Ensuite Jésua lui-^néme reconnaît que la distinction des temps et des moments ne lui appar-
1 Matth. XXIV, 15-20.
» Id,, 14.
* Id., 29-31.