‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 272 sur 309 · M. XIV · texte numérisé non relu

M. XIV

* Id. XV, 1-5.

siasme et extase, mais bien de cet amour saint qui s'exprime par Tobéissance : c Vous serez mes amis, si vous faites tout ce que je vous commande * . i Le premier commandement de Tamour, c*est encore Tamour. Sans doute, à aimer ainsi on risque son repos et sa félicité temporelle : t S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi, mais ils vous feront tout cela à cause de mon nom. En vérité, en vérité, je vous dis que vous pleurerez et vous vous lamenterez. Vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse sera changée en joie. Quand une femme accouche, elle a des douleurs, parce que son terme est venu, mais, dès qu'elle est accouchée d'un enfant, elle ne se souvient plus de son travail, dans la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde. De même vous êtes maintenant dans la tristesse, mais je vous verrai de nouveau*. » Certes, il est avantageux que le Maître s'en aille, comme il le dit, puisqu'il est certain qu'il va revenir, non plus dans les infirmités de la chair qui localise sa présence, mais revêtu de gloire et de puissance, capable de se donner tout entier à chaque disciple. Alors le langage figuré des similitudes sera inutile, car la pleine lumière aura remplacé le crépuscule*. On comprend que celui qui a pour les siens de telles promesses et de telles consolations puisse terminer cette touchante effusion par des paroles de triomphe : € Voici, l'heure vient et elle est déjà venue que vous serez dispersés chacun de son côté et que vous me

t Jeaa XV. 14.

« Id. XVI, 20-23.

» Id, XVI, 23-28.

LA PRIËRE SACERDOTALE. 606

laisserez seul; mais je ne suis pas seul, parce que mon Père est avec moi. Vous aurez des afiOictions au monde, mais prenez courage, j'ai vaincu le monde*. »

Ainsi, victoire finale dans les cieux, au terme de la carrière; dans la vie présente, tâche sublime, avec le secours tout-puissant de TEsprit, présence continue du Christ au milieu des siens ; souffirances incessamment consolées et fécondées, persécutions glorieuses aboutissant au triomphe; paix et joie inaltérable en toute circonstance; — voilà ce que Jésus lègue à ses disciples dans ces derniers discours si admirablement appropriés à leur faiblesse et à leur tristesse, fréquemment interrompus par leurs interrogations inquiètes et qui, bien loin d'être un développement de haute théologie, comme on les en accuse, se prêtent à tous les incidents d'un libre entretien.

Quand la dernière coupe eut circulé et que l'hymne d'action de grâce eut retenti, Jésus, quittant la chambre haute, se dirigea avec ses disciples vers sa retraite favorite au pied du mont des Oliviers. Mais, avant de franchir le Cédron, il lève les yeux au ciel et fait plus que de prononcer des paroles de consolation; il invoque son Père pour son Eglise dans cette prière justement nommée sacerdotale, où, embrassant d'un regard tous ses périls, toutes ses misères et tous ses besoins depuis l'heure présente jusqu'aux dernières consommations, il la place en quelque sorte sous les bras étemels. Quiconque croit au monde invisible voit dans cette oraison

» vevCxYjxa. (Jean XVI, 33.)

6» LA PRÎÊSÊLR MCSEStDOT A£B.

Ie}]iœ pmB6«nt essor de Tespdt Itomam pG«[p8^4hmr vers Itti. 0» dirait le rot apusé de- l'aigu dans Fis»muable assur : c Père, Theure eât Tenue, gidriic toa File, afin que ton Fil» te glorifie ; oomme ta lui as iozmé pouvoir sur toute chair a&a qu*fl donne la vk étem^e à tout ce que tu lui as dofmé^ et e-est ki It vie étemelle qu'ils te cosnaisBent, toi le seul vrai Diea et celui que tu as eorvt^, Jésus-Cirist. Je t*aî glevifié sur la terre, j*aï achevé l'œuvre qw tu m'as donnée à âdre, et maintenant glorffie''4noî, ô Père, auprès de toi-même, de la gloire que j*aî eue près^ à» toi, avant que le mcwete' fût*, * Cette gloire qu'A demande, c'e^ en définitive le plein achèvement de scm œuvre d'amour; il remonte au ciel pour j continuer œ <^'il a cemxmencé sur la terre dans l'opprobie. Ses soUieîtodee se concentrent sur ces quelques disciples qui Tentourent, ils ont cru en lui, ils se sont attachés à Im; c^est pour eux qu^il prie à cette heure et loon pour le monde, car ils sont sa propriété, celle qu'il tient de sob Père et qu'il a conquise au prix de ses sou&ances. c Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde. Quand j'étais avec eux, je les gardais en ton nom, mais maintenant je vais vers toi. — Je leur ai donné ta parde et le monde les hait, parce qu'ils ne sont pas du monde, oomme je ne suis pas du monde. *. > Leur isolement, leurs tentations, leurs dangers sont retracés en quelques traits, c Je ne te prie pae de lesre»

» Jean XVII, 1^.

Page 1