I. — Les faits
Bien ne saurait peindre la consternation dans laquelle les amis de Jésus furent plongés pendant Jes longues heures qui s*écoulèrent de la crucifixion à la résurrection. Les disciples étaient réunis peut-être dans la même chambre haute où s'étaient passées les scènes émouvantes du suprême adieu, et où retentissait encore l'écho de cette voix du Maître qu'ils ne croyaient plus jamais entendre '. Rien ne leur était plus étranger que l'attente de sa résurrection; ils s'imaginaient que tout était fini pour la terre et ne sentaient plus que le vide immense d'une telle séparation. Leur cœur lui demeurait tendrement attaché, mais cet amour n'avait à cette heure rien que de douloureux et de déchirant. Ils s'entretenaient des circonstances de son supplice ^, de ses souffrances, de l'ingnratitude de son peuple, de leur propre faiblesse ; mais sa mort, considérée en elle-même sans la perspective du triomphe prochain, était pour eux un sujet
^ Les apôtres et les disciples étaient évidemment dans un même lieu, puisque les femmes leur apportèrent la nouvelle instantanément. (Luc XXIV, 9-10.)