L'ASCENSION
du salut accompli ; c'est le signe auguste de la rénovation, le sacrement de la conversion qui nous ensevelit avec le Christ crucifié pour nous faire renaître avec le Christ ressuscité, tandis que la Cène est le sacrement de la sainteté, qui n*est que la conversion continuée et confirmée. Maintenant, Jésus peut remonter au ciel, car il vit dans son Eglise, et par elle Toeuvre de rédemption va se continuer sur la terre.
Quarante jours après sa résurrection , le Maître prit congé de ses disciples à Béthanie, près de Jérusalem. Il est facile de reconnaître à ses dernières paroles que la croyance qu'il leur lègue n'est pas un judaïsme quelque peu spiritualisé, mais bien la religion de l'humanité, qui n'a d'autres frontières que les extrémités du monde. Il ne s'agit pas en effet, pour lui, de cette royauté du peuple d'Israël, dont ses apôtres sont encore préoccupés à cette heure * , mais de ce règne de la vérité qui, propagé par la parole inspirée de ses témoins, 8*étendra sur toutes les nations, t Vous recevrez, dit-il, la vertu du Saint-Esprit , et vous me serez témoins jusqu'aux bouts de la terre*. » Comme il prononçait ces mots, il disparut de devant leurs yeux pour entrer dans les conditions d'une vie supérieure, affranchie de toutes les limites de l'existence humaine, vie vraiment divine, à la droite du Père, dans le séjour de gloire, où il nous prépare notre place.
L'ascension racontée par Luc est supposée par tous
1 Actes I, 6.
s Actes I, 8.
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ka À^ivaioB Mtcrés, car aucun d'eux ne donne à ]Beiifler ^e le BesBUscité ait pu mourir une seconde £3is, ce qui est la seule alternative possible en dehors du &it mystérieux garanti par la tradition évangéliqne. La glorification de Jésus date du ^ur où il eirt sorti du tombeau; son corps n*a rien de &ntastiqi]e, il a conservé sa réalité, puisqu'il est tangible et qu'il prend de la nourriture, mais il n'en a pas moins révéla des propriétés nouvelles qui le distinguent de aoii premier état. Jésus n'est pas recoimu immédiatement par 868 amis; il semble se transporter plus rapiden^ot d'un lieu à iUn autre. U faut maintenant qu'il retrouve toute la gloire qui lui appartient, et da(ns cette gloire les divias attributs qui lui peimettent de gouveniBr son Eglise et de se donner par son Esprit à diaqne âme croyante pour la nourrir de sa vie. L'ascension est te couronnement de son œuvre ; son élévation définitive est aussi nécessaire que son premier abaissement.
n. — RÉAUTÉ DU MIBACLE,
La résurrection de Jésus*Clirist a une importanioe si capitale dans le christianisme, que nous ne pouvoDS nous borner au simple exposé des £ûts^ et que nous devons écarter les principales objections qu'on lui oppose. Tout d'abord on a exagéré sans mesoie les divergences entre les récits évangéliques * . Nous
i On peut réduire les principales aux traits suiyants : 1* Différence entre Matthieu et Marc, qui n*admettent qu*un ange au sépulcre, et Luc et Jean qui en admettent deux (Matth. XXVIII, 2; Marc XVI, 5; Luc XXV, 4; Jean, XX, 12) ; — 2* d*après Marc (XVI, Q, les femmes
RÉALITÉ DE LA RÉSLTOtECTION DE JÉSUS. 039
ne coirtestoQs pas ces •diverg^ences, et nous n'mvons pas la préftention ée ks fiûre disparaître aa nom dm système préconçu ; mais , rédaites à ieur jmste YaJeur, elles ne s'élèvent jamais à la hauteur d'une contradiction irréânctible. EUes s'expliquent de la faç(m la plus naturelle, quand on se souvient qu*ime seule des relations que nous possédoais est entièrement de lu main d*un témoin oculaire. Ces différences mêmes achèvent d' établir l'authenticité du quatrième évangrile, en nous y faisant découvrir les traces évidentes d'un récit vraiment primitif. Si c'est bien Jean, comme tout le démontre pour nous , qui raconte ce qu'il a m de ses yeux , nous possédons un témoig^nag^e irréfragtible, d'autant plus concluant que, pour tous les faits essentiels, il est confirmé par les synoptiques. En effet, d'après nos quatre évangiles, Jésus sort du tombeau au matin du troisième jour; ils sont unanimes pour admettre une apparition angélique, les hésitations des pieuses fi^nmee au matin de cette grande journée, et rincrédulité persistante des disciples. Le quatrième évangile admet comme les deux premiers une rencontre en Galilée. Seulement, tandis que ses devanciers confondent les événements successife, il les distingue et concilie le récit de Matthieu, qui ne parle que de la
M tajaentde frayeur; d'après Luc (XXIV, 9), elles courent annoncer la grande nouvelle aux apôtres; — 3" d'après Luc, Marie Madelaine a ea une apparition d'duge avant de parler aux apôtres (Luc XXIV, 10); d*api*ès Jean ce n'est que plus tard (Jean XX, 12) ; — 4- les apparitions se passent tontes en Galilée, d'après Matthieu; et toutes h Jéru.saiem d'après Luc. Nous avons déjà essayé de faire disparaître quelques-unes de ces divergences dans la manière même dont nous avons reproduit les faits. Nous voyons avec satisfaction nos jeunes théologiens consa-^