RÉALITÉ DE LA RÉSURRECTION DE JÉSUS
Galilée, et celui de Luc, qui ne parle que de Jérusalem. Les divergences incontestables de nos récits canoniques en démontrent la parfaite sincérité , et s'expliquent suffisamment par le trouble extraordinaire où furent jetés les disciples à la suite d*un événement aussi inattendu * .
En dehors des objections de la critique, nous rencontrons trois explications principales de la résurrection, tendant toutes à nier le miracle. Tout d'abord, on a repris Todieuse calomnie du sanhédrin contre les premiers chrétiens , et on les a accusés d'avoir dérobé le corps de Jésus pour faire croire à la résurrection '. Notre époque rougirait de ramasser un pareil argument, inventé au plus fort des réactions passionnées du dixhuitième siècle. Comme on l'a très bien dit, il est infiniment plus facile d'admettre que l'Eglise chrétienne est née d'un miracle , que de s*imaginer qu'elle
crer de sérieuses études au miracle de la résurrection. Nous citerons deux thèses récentes sur ce sujet, Tune de M. Henri Oambini, Tautre de M. Paul Valloton.
* Tout prouve que nous avons dans le quatrième évangile an récit de première main. Que Ton compare ce qui concerne Marie Madelaine dans Matthieu et dans Jean. Dans le premier évangile tout est raconté sans précision ; dans le quatrième, tout se succède et toat se coordonne. De même en est-il pour les apparitions de Jésus à Jérusalem. Dans Luc, elles sont réunies en une seule, qui précède immédiatement Tascension. Il passe sous silence le doute de Thomas. Jeaa seul explique que Jésus ait montré à ses disciples la trace des cloos sur ses mains et ses pieds (Luc XXIV, 39), surtout après que les apôtres ont accueilli les disciples d'ËmmaQs, en leur disant : £e Seigneur est vraiment ressuscité. Dans Matthieu, qui donne la Galilée pour unique théâtre de la résurrection, il est fait mention du doute des ilisciples (XXVIII, 17), mais cette mention très succincte réclame pour commentaire le récit de fincrédulité de Thomas.
> Reimarus, Fragments de WoîfenbUtteL