LE MESSIE, UN NOU\^AU MACCABÉE
cette lutte admirable dans laquelle la force matérielle se brise contre la force morale, où les immenses armées des Séleucides fondent comme la neige sous le soleil devant Tardent courage de Judas Maccabée et de ses frères, où les revers et les désastres ne font qu'enflammer la résistance et la rendre plus opiniâtre et plus invincible..
Cette magnifique explosion du patriotisme juif devait évoquer un idéal plein de grandeur mais aussi de péril. Comment le Messie ne serait-il pas apparu sous les traits de Judas Maccabée à un peuple enivré de la plus noble des passions humaines? Les symboles pathétiques d'Esaïe et de Jérémie pâlissaient devant Timage du jeune guerrier abattant la puissance d'Antiochus et lavant les marches du sanctuaire dans le sang de ses profanateurs. Cette vision d'archange guerrier devait toujours flotter désormais devant les yeux des Juifs. On peut juger par la portion des oracles sibyllins qui remontent à cette époque, et qui sont d'origine hébraïque, à quel point ces premiers triomphes de la guerre de l'indépendance les ont fascinés *. C'est à Alexandrie que ces fameux oracles
^ Oracula Sibyllina^ édition d* Alexandre, Paris, Didot, 1841-1855. Nous ne saurions traiter ici la question si curieuse des oracles sibylline. Le mot de sikylle est une contraction des deux morts Àib^ ^ouXV), qui signifient oracles de Dieu, L*origine du mythe est sans doute Tinterprétation superstitieuse de certains sona Bontaamns entesdos dans les cavernes et considérés comme apportant des révélations divines. On en vint à placer dans ces cavernes des espèces de prophétesses de la nature. On sait par Thistoire de Tancienne Rome qu*on leur attribua de$ recueils d*oracies dont la réjeotion entraînait les