LE ME8SIË DES ORACLES SIBYLLINS
furent élaborés vers Tan 115 avant Jésus-Christ. Complètement étrangers à la tendance platonicienne et tbéosophiqiie qui allait bientôt s*emparer des syn»^ gogues égyptiennes, ils sont visiblement pénétrés du patriotisme exclusif qui prévalait en Palestine. Ils n*OQt emprunté au monde gréco-romain que la légende bien connue des sibylles. Ils mettent leurs rêves fitvoris dans la bouche de ces prophétesses de la nature qui doivent ainsi confirmer les g^rands ora^ des de l'Ancien Testament et contribuer à la gloire du peuple de Dieu au sein du paganisme. La sibylle n'est donc que Técho complaisant des aspirations et des espérances des Juife au temps des Maecabées. C^est ce qui donne un haut intérêt à cette rapsodie monotone. Nous y retrouvons précisément cette attente d'un Messie tout guerrier et d'un salut exclu* sivement terrestre, qui était la conséquence natureUe des récents événements accomplis en Judée.
Ce poème étrange fait retentir les plus terribles, menaces contre toutes les nations païennes et en par-»
plus grands malhean. IJ est facile de comprendre qae JMdée d*exploiter ce mythe soit venue à des Juifs d* Alexandrie désireux de relever la gloire de leur nation. Il est certain que le troisième livre des ovao)4S sibyllins est d*un Juif; il suffit pour s*en convaincre de lire les éloges qu*il prodig^i® att peuple dlsrael et les châtiments quMl annonce aux nations païennes. La date de ce troisième livre n*est pas douteuse. L'historien Joséphe fait une claire allusion au passage sur la tour de Babel {Antiquités, I, 43). L^auteur inconnu vivait sons le septième Ptolémée, nommé Ptolémée Phiscon, c*est-à-dire de Tan 170 k Tan 117 avant Jésus-Christ, comme on peut 8*en convaincre par le vers 618 de ce troisième livre. Voir la dissertation de M. Alexandre, t. II, p. 318, et rartide de M. Reuss, sur les Sibylles, dans Y Encyclopédie d'Herzog.