CONTRASTE ABSOLU ENTRE PHILON ET L'ÉVANGILE
l'ascétisme. Chacun est pour soi-même le vrai Messie, le sauveur. Moïse n'est élevé si haut par Philon que parce qu'il voit en lui le type du parfait ascète*.
On peut maintenant jug^er de l'assertion si légèrement lancée que Philon est le frère aîné de Jésus^ et l'inspirateur de saint Jean. Pour ma part, je ne codnais pas dans l'histoire de la pensée humaine de contra^ dictions plus flagrantes que celles qui existent entre les deux doctrines. La première repose tout entière sur la négation du mal moral; la seconde part du s^itiment profond et amer du péché. Lathéosophie alexao* drine ne veut pas de rédemption ; l'Evangile n'est plus rien sans ce dogme. Philon proclame l'impossibilité pour la Divinité de s'unir directement à la créature humaine, tandis que l'incarnation est l'enseignement capital de saint Jean. L'un ne voit dans le Verbe que la généralisation abstraite des idées divines; l'autre adore, en lui le Fils unique de Dieu reposant dans le sein du Père. Le dernier mot de Philon est : La Divinité ne peul toucher à ce qtd est matériel. Le quatrième évangile se r&ume dans cette parole du prologue : Le Veibe est détenu chair. L'antithèse est absolue, car ce qui est pour saint Jean une vérité capitale eût été un aflBreux blasphème pour le juif d'Alexandrie. Si donc on veut à tout prix rattacher le christianisme à une tendance antérieure, il faut la chercher ailleurs que dans les synagogueS' d'Egypte. Celleà-ci ont abouti, à lu. seote
> Vka Moysis.