‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 47 sur 309 · CYCLE DES ETUDES RABBINIQUES · texte numérisé non relu

CYCLE DES ETUDES RABBINIQUES

cune d*elles avait à sa tête un maître attitré; il était assis sur une chaire élevée, et ses auditeurs se ran^ g-eaient en demi-cercle devant lui.

c A cinq ans, porte le Talmud, on doit commencer les études saintes ; à dix ans, se consacrer à la tradition ; à treize ans, connaître et accomplir les commandements? de l'Etemel ; à quinze ans, perfectionner ses études. » € Ne cesse pas, est-il dit ailleurs, Tétude de la loi, car tout y est renfermé ; c'est elle qui te donnera la vraie science. — Vieillis dans cette étude, ne la quitte point, car tu ne peux rien entreprendre de mieu3f . La récompense sera proportionnée à la peine. »

€ Celui qui se livre à ces études saintes ne doit se laisser distraire par rien sur son chemin, ne pas dire en voyageant : c Cet arbre est grêle, le sillon est beau, > mais s'y absorber tout entier. Ce qu'on apprend dans sa jeunesse ressemble à un écrit tracé sur du parchemin neuf. Celui qui est instruit par im vieillard ressemble à celui qui mange des raisins mûrs et boit du vii^ vieux * . i

Le disciple qui avait franchi le premier degré de l'inètruction s'asseyait sur un siège, au pied de la chaire doctorale, et avait le droit de prendre la parole. Il fallait traverser un troisième degré d'initiation pour devenir rabbin. La mémoire devait être singulièrement exercée pour retenir le fatras des traditions pharisaïques qui n'étaient pas encore fixées par écrit. Le disci-

* Pirke Aboth, II, p. 513-527.

LES TUiliLNAUX JUIFS. 125

pie promettait de ne pas changer un iota à ce qui lui avait été transmis, sous peine de manquer à Dieu luimême et d'attirer sa malédiction sur le peuple élu. « Celui qui donne des explications non conformes à la tradition n'aura aucune part au monde futur, même quand il aurait bien compris la loi et accompli beaucoup de bonnes œuvres. » Rien ne peut donner l'idée de la puérilité compliquée d'un tel enseignement tissant dans le vide de la pensée de vraies toiles d'araignée. Une subtilité eflfrénée y régnait. Il s'épuisait dans l'ailégorisme le plus absurde, et faisait des textes les plus clairs une énigme chiffrée.

Les tribunaux étaient à trois degrés. Le tribunal de premier degré était une petite cour de justice, composée de trois personnes, réglant les difficultés pécuniaires dans les localités de minime importance; celui du second degré se composait de vingt-trois membres et jugeait des délits contre les personnes. Le grand sanhédrin était comme la haute cour d'appel. Il se composait de soixante et onze membres et siégeait dans le temple ; il avait un président, un viceprésident et deux secrétaires. Il se renouvelait luimême. Son importance avait été bien diminuée depuis l'annexion à l'empire romain; il disparut dans la guerre, pour se reconstituer plus tardàTibériade.Du temps de Jésus, il rendait de véritables arrêts de doctrine et de discipline, et fulminait l'excommunication dans les termes les plus durs* Les rabbins, non contents de siéger dans les triounaux

la LA DOCTRINE DES RABBINS.

et de*Tciller au strict maintien de la. tradîtioD, étaient encore ahargés de Tinstruction du peuple; ils avaient multiplié les écoles sur toute la surface du pays; ils vouaient à Topprobre ceux qui ne las fréquentaient pas et. les comparaient aux animaux destitués d*intelligeence;* . Nulle autorité morale ne pouvaitdonc êtrecom.paréeÀ celle des docteurs de la loi au temps de Jésus. Elle^tait d autant plus grande qu'elle n était pas inféodée à une caste comme celle des prêtres : tout Juif ponvatit aspirer à cette cliarge, ou plutôt à cette royauté. de la. science divine. Le scribe tenait les esprits captifs dans les liens d*un enseignement tout mécanique; il imposait, ce qu'il avait lui-même reçu passivement, et se' &isait le premier esclave de la doctrine de moii dontil était Torgane. Ce n'est certes pas à une teUe école: que se formera le maître doux et débonnaire qui apportera au monde une vérité assez limpide pour que lesflimples et les enfants la comprennent.

Si noua passons de l'organisation des écolesau fond môme de l'enseignement, l'opposition entre la religion nœrrelb et la tradition pharisaïque nous apparaîtra avec un caractère non moins tranché. S'agit-il de la vocation et de Tavenir du peuple élu, au lieu d'admeUre un élargissement de l'alliance divine qui la rende cafpable d'embrasser toute l'humanité, la synagogue né* glige les orades les plus clairs de la grande prophétie hébraïque, et relève sana mesura les privilèges natio*-

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