‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 48 sur 309 · EXALTATION DBS PRÉJUGÉS JUIFS · texte numérisé non relu

EXALTATION DBS PRÉJUGÉS JUIFS

naux des Juife. c Tout Iâra6l , lisons-nous dans le Piriie Aboth, a part au monde' futur, ainsi qu*il est écrit : Tout ton peuple aura pour jamais en* héritage cetteiterre dé ma propre plantation * . » Il suffit donc de deseaidre des pères par la simple filiation historique pour participer aux gloires de Tavenir. L'orgueil nattonal s'exprime parfois avec une âpre énergie, comme dans ce* mot du Talmud : < Chaque Israélite vaut de- T&nl Dieu plus que tous les peuples qui furent ou qui seront'. > Certes, il était difficile de faire sortir Funiversalisme chrétien d*un pareil milieu.

Le pharisaïsme n* admet pas la possibilité d'une réyâation supérieure à celle du Sinaï; il fkit de Moïse un ê&e vraiment divin. Ce n'était qu'un homme quand il a M devant Pharaon; c'était un dieu quand il l'a vaincu et surtout quand il est redescendu de la montagne*. » Josèphe n'hésite pas à lui attribuer une nature plus qu'humaine. Cette apothéose de Moïse préparait mal à l'acceptation d'une alliance nouvelle. Les docteurs de la loi faisaient remonter leur tradition au grand jour du Sinaï. Ils prétendaient que les soixante et dix anciens nommés par le premier légidateur en avaient reçu le dépôt et l'avaient transrais aux sanhédrins successife ; aussi la loi était-elle proclamée étemelle et immuable dans toutes ses parties. € La loi', porte le Talmud, qui a été créée à cause

« Pirke Ahoth, p. '481.

« Gfrœrer, I, 214.

12S LINCOMPRÉHENSIBILITÊ DE DIEU.

des Israélites, demeurera au siècle des siècles*. Nul prophète n'a le droit d'y apporter aucun changemeilt*. »

S'il est un fait reconnu aujourd'hui, c'est que l'idée de Dieu avait subi une modification profonde chez les Juifs dans les temps qui précèdent l'ère chrétienne, non-seulement à Alexandrie où dominait l'influence platonicienne, mais encore en Palestine. On était beaucoup plus frappé qu'on ne l'avait jamais été de l'incompréhensibilité de Dieu; on le reléguait à une hauteur inaccessible. A en croire le Talmud, (îamaliel se serait exprimé plus énergiquement que tous ses devanciers sur l'impossibilité où nous sommet^ de savoir où réside le Tout-Puissant. On était amené à conclure de cette incompréhensibilité de Dieu , qu'il ne pouvait ni se révéler ni se communiquer directement à l'bomme. Aus.si se scandalisait-on des théophanies si nombreuses dans l'Ancien Testament, et l'on n'hésitait pas à remanier les récits sacrés à ce nouveau point de vue; partout où le texte portait une manifestation directe de Dieu, on lui substituait soit un ange, soit le nuage sacré que l'on appelait la Schechina '. Cette tendance, si marquée dans la traduction des Septante, ne l'est pas moins dans les Targums qui remontent au premier siècle de l'ère chrétienne. Ainsi quand Jacob s'écrie qu'il a vu l'Eternel

» Gfrœrer, I, p 234.

« md., p. 235.

• Voir Nicolas, ouvrage cité, p. 116.

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