‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 63 sur 309 · LE TÉMOIQNAOE DE JOSEPHE · texte numérisé non relu

LE TÉMOIQNAOE DE JOSEPHE

dans la capitale du inonde et excité le courroux de Néron.

Nous arrivons au même résultat si nous consultons les témoignages juifs.* Personne aujourd'hui ne soutient plus rinauthentîcité complète du chapitre que Josèphe consacre à Jésus dans ses Antiquités. Si ce curieux passage a subi des retouches évidentes, il subâste dans ses traits essentiels que nous reproduisons : < Dans ces temps apparut Jésus, homme sage, auteur d'actes extraordinaires*, ayant pour disciples ceux qui se plaisent à la vérité ; il rallia autour de lui beaucoup de Jui& et de Grecs. Ils ne renièrent pas Tamour qu'ils lui avaient voué, après, que Pilate l'eut condamné à la croix sur la demande des principaux de la nation. La masse des chrétiens, qui se sont appelés de son nom lui est demeurée fidèle jusqu'à aujourd'hui. > C/e témoignage d'un écrivain du premier siècle de notre ère, étranger et indiflFérent autant que possible au mouvement chrétien, a une haute portée. Josèphe garantit le caractère historique des grands événements qui se sont accomplis à Jérusalem, bien qu'il en méconnaisse le sens intime et dkin. Il n'y a pas jusqu'au Talmud qui

*^v Yàp icap^^îé^wv ï^tù^ xoqTTf;ç. {Antîq,, XVIII, 3, 3.) — M. Renan admet Vauthenticité de ce morceau. Si on en enlève les tniits positivement chrétiens, comme nous Tavons fait, il cadre parfiitement avec le point de vue de Thistorien juif. Celui-ci prend une position prudente vis-à-vis du christianisme; il constate les îniu^ toat en reconnaissant que Jésus-Christ a été rejeté par Tel i te de la oation. Le passage oti il parle de la mort* de Jacques, frère du Seigneur, n*a pas été contesté, et il se réfère évidemment à celui que BOQs avons cité. ÇAntiquités, XIX, 9, 1.)

l» . LE. TâftfOiGliAQE .DU TAUéUa

ne confirma À sa maniera rhistoire évangsélique en.ra'jppelant le nom de trois apôtres, de ceux précisément qui de Iaifaç9Q.la.plua.natarelLe ont pa.entretenir.des rapporta avec. lara7n^ogue*, et en difiOimant le: pouvoir miraculeux de JésuBrOhrist comme ses conteni^xurains rayaient fidt?. On croit entendre de nouveau ces pharisiens qui^ ne pouvant contester sea œuvres . sumatur relies, les attribuaient aux .démons. Jésus-Christ a &it des miracles et a . été. mortellement haï. par les représentants de la hiérarchie judaïque; voilà ce qu'atteste le Talmud. Le témoignage des indifférents et des ennemis s'élève ainsi en faveur de la réalité historique du christianisme primitif . Ce double témoignage nous apprend que, au seuil.de l'ère modame^ le judaïsme et le paganisme ont, été profondément troublés par un honame venu de Gdilée qui aaccompU des, actes.merveilleux et quia fini misérablement sur une croix sa vie étrange. Ce supplicié n'en règne pas nK)in& sur sa secte qui grandit et qui a l'honneur redoutable d'unir contre elle dans une haine commune la synagogue et les autorités païennes. Nos témoins, hostiles ou dédaigneux ne parlent pas seulement de l'avènement d'une idée

1 Matthieu, Tlijaddée et Jacques eoat ineiitioaiiés daas 1& Talnrad de Babylone. {Traité du SanJiédrin, f. 43, 1.)

< Quand le rabbin Eliéser, le fiU de Dazna« fut mordu par un secr peat, Jacob, le fils de Sechania» vint vers lui et lui parla en. ce» termes : «Je veux te. parler aa nom de Jésus, le fils de Pandenu» Alors le rabbin Ismael s^écria: «Noo^ceka n*est pas. permis. -p- Il vau-^ drati mieux mourir, dit uiî autre, que d'entendre ce nom.» (TcUauté de Jérusalem. Traité Advoda SaraJi, f. 46» 4. — Tholuck^.GiottiN^ wUrdigkeit der Evang, OeschichtCt p.72.)

DCHivdle; ik>b^. oequi agite le moiulô,. c'est plus qu'une idée, c'est plus qu'une doctrine^ c'est une personne; aon. iXHn est devenu, un drapeau^, un symbole, plu&eneore^ une puissance morale. Quel est donc ce Jésus^ ce Oiristus, qui est à l&fois adoré et maudit?

Ecoutoois maintenant le témoignage de ses amis. Les hiatoriena paSœs nous ont r^élé l'existence dès la fin du premier siècle d'une société religieuse, nouvelle et puisaaDiô qui se rattache à Jésus. Cette société religieuse noua la connaissons par le témoignage de ses représentants authentiques; elle a' exprimé ses croyances et ses sentiments dans rd'irrécusables documents. Qu'y retrouve-t^n sans cesse, sinon le souvenir du CSmgt des évangiles conservé non-seulement dans des récita tout pénétrés d'un saint amour, mais encore dans la vie màme de tou&les^ chrétiens? Leur âme se nourrit des .grands faits de l'histoire évangélique; bien plus, ils meurentpourrattester,etles survivants en retracent les tcait»ies^ plus pathétiques jusque dans les sombres cav«auxx)ii ils oui enfermé les dépouilles de leurs martyrs; o^te histoire est l'objet constant de leur enseignement et de leurs hymnes* Elle est surtout inscrite au plus porofond de leur cœur; c Je. n'ai. pour saintes annales, s'écrie un chrétien inoounu, que Jésus-Christ, sa croix, sa mort et sa résurrection ' . > Cette parole est la devise même de l'Eglise du second s^de, qui se lève, tout en-

t 'E|JLOt iï i^yiaîà è^rtv liQ<youç Xptoréç. (Ignat., Ad Philadelph., c. VIII.) Ce passage se lit dans la partie apocryphe des lettres d*Ignace, mais il ii*eii a pas moins un cachet de haute antiquité.

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