LES LETTRES NON CONTESTÉES DE PAUL
que pour la cause pour laquelle on vit et jamais poiu» celle que Ton exploite. Ainsi nos témoins ne sont ni aveugles ni trompeurs; c'est ce qui ressort avec évidence du livre même qui nous fait entendre leur voix. Mais ces témoins intelligents et sincères ne seraient-ils pas supposés? Auraient-ils été mis en scène après coup pour les besoins de la cause? N'aurions-nous dans l'Evangile qu'une fable ou une légende admirablement inventée ? Tout en revient donc à une question d'autbenticité. Nous avons déjà une forte présomption en faveur de la crédibilité du récit sacré dans le témoignage hautain ou haineux des écrivains païens et juifs ; il s'agit maintenant de considérer en eux-mêmes les titres sur lesquels s'appuie l'histoire évangélique.
Avant d'aborder les points contestés de ce grave problème, mettons hors de cause ce qui est accepté universellement. Parmi les lettres de saint Paul il en est qui n'ont jamais soulevé un doute et devant lesquelles la critique s'est arrêtée jus(^e dans ses plus grandes hardiesses. On range d'un commun accord dans cette catégorie la première épître aux Thessaloniciens, les lettres aux Corinthiens et celle aux Romains. Ces divers écrits de l'apôtre des gentils remontent à l'époque antérieure à sa captivité, qui eut lieu vers l'an 62. On peut fixer leur date entre l'an 50 et Tan 60. Or il suffît de les parcourir pour y retrouver à chaque page les faits principaux de la vie de Jésus tek qu'ils sont consignés dans nos évangiles. Son origine divine, son abaissement, ses miracles, sa mort sur