LES LETTRES NON CONTESTÉES DE PAUL
la croix, sa résurrection, son règne dans les cieux, tons ces grands événements de Thistoire évangélique font Tobjet des exhortations, des brûlants appels, des mystiques élévations de l'Apôtre. Il n*entre dans aucun développement narratif; il y fait de perpétuelles allu* âons comme si rien n'était plus connu de ses lecteurs; on voit qu*il puise au fonds commun de la tradition primitive. Ainsi cette tradition est si bien formée vingt ans après Jésus-Christ qu*on se contente d*y faire appel d'une manière toute générale ; on ne la développe ni ne la discute. L'Eglise repose sur elle comme sur un solide fondement. Nous touchons ainsi le roc par delà les terrains mouvants de la légende. Il n'est pas possible d'admettre que, dans ce court intervalle, une tradition si nette et si positive ait été enfantée par cette espèce de germination inconsciente d'une mythologie capricieuse. U ne faut pas oublier que Paul a vécu dans Imtimité des disciples immédiats de Jésus, qu'il s'est rencontré à Jéruatf em avec Pierre, avec Jean, avec Jac^ ques\ qu'il est revenu fréquemment dans la métropole de l'Eglise primitive, et que, sur le théâtre même de rhistoire évangélique, il a pu interroger ses premiers témoins. Il avait vécu au milieu de ces cinq cents chrétiens qui avaient vu le Ressuscité'. Nous sonmies aissi reportés au temps même de Jésus-Christ, et ces trente ttmées que l'on demandait pour la formation de la mythologie chrétienne nous manquent absolument.
' OïL n, 9.
•iCor. XV. s.