LE PAGANISME ASIATIQUE
et de Baaltis, de Milcarth et d'Astarté, c'est toujours la même confusion entre les attributs bienfaisants et malfaisants de la nature, c'est toujours le même culte sanglant et voluptueux, mêlant le meurtre à la prostitution pour célébrer la divinité qui enfante et qui tue. La grave et immobile Egypte, au bord de son fleuve sacré et sous Tinaltérable azur de son ciel, enferme dans des mythes asiatiques d'origine le rêve d'une immortalité confuse et indécise, toujours liée à la permanence de la dépouille mortelle. Elle pénètre d'un souffle nouveau la légende du jeune dieu mort et ressuscité qui n'est plus Adonis mais Osiris. Le symbolisme purement naturel de la crue et du dessèchement du Nil ne lui suffit plus; le pâle royaume des morts s'éclaire à ses yeux d'une vague espérance depuis qu'Osiris y a pénétré et y siège comme le juge et le roi des âmes. Mais l'Egypte ne va pas plus loin, elle ne se dégage qu'à moitié des liens du matérialisme asiatique qui revit dans son symbolisme grossier. Nous nous élevons d'un degré avec la religion inaugurée par Zoroastre six siècles avant Jésus-Christ : nous échappons à ce mélange incohérent du bien et du mal qui tuait à B:ibylone le sentiment moral; dans la nature comme dans la vie humaine, un grand combat est engagé entre deux puissances décidément hostiles ; le culte est une guerre sainte, et il a pour manifestation principale le noble organe de la pensée, la parole, qui par la prière monte au ciel; la notion d'immortalité et de jugement s'épure. Cependant cette noble religion flotte