‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 79 sur 309 · ORIGINE DES SYNOPTIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES SYNOPTIQUES

offre des objections sérieuses à la critique la plus indépendante * . Nous invoquerons plus tard ce même texte de Papias pour déterminer les origines de nos évangiles synoptiques. Disons dès maintenant qu*il nous paraît absolument chimérique de vouloir discerner avec quelque sûreté les éléments primiti& de nos évangiles de ceux qui leur auraient été ajoutt's dans la suite. Les critiques les plus éminents, une fois abandonnés à une appréciation tout individuelle, sans être guidés par aucune tradition, portent les jugements les plus divers sur les mêmes textes. L*un voit dans Matthieu les signes évidents d'une composition tardive, tandis que l'autre les reconnidt dans Marc. Us ne se divisent pas moins quand il s'agit de décider si tel ou tel récit du même évangile présente ou non les caractères de l'originalité. Il en résulte que la science ne possède aucun critère certain pour opéier des distinctions si délicates ; nous sommes même per-

pzig, 1863.— -BIdek a présenté une hypothèse analogue dans son Introduction au Nouveau Testament. Il part de rantériorité de ICaAthieu. Pour lui, Tëvangile primitif est un évangile grec composé en Galilée d*après les premières petites relations écrites. (Einl. in N. T., p. 236). M. Weizsœker, dans son récent ouvrage : Untersuehungem. ûber die Evangel. Qesch., ihre Quellen und den Gang ihrer BnttoicheL, Gotha, 1864, a déployé une grande érudition à Tappai de la théorie des deux sources originaires de nos synoptiques qui sont toujours le Marc primitif et les Logia, Lui aussi cherche à diaoemer dans nos évangiles les diverses couches de tradition; il 8*appttte surtout sur la comparaison des textes. Son argumentation a pins de clarté et de nerf que celle d*Holzman, mais elle n^échappe pas davantage à Tarbi traire, car Vd priori joue un grand rdle dans cette dé» termination de la date approximative des récits canoniques, s Michel Nicolas, Etudes ntr le Nouveau Testametit, p. 120.

LES DIVERSES EXPUCATIONS. 181

«aidé qu'elle ne les possédera jamais, et que dans cette voie, il n'y a pas de limite à l'arbitraire de la critique*.

Antérieurement à ces hypothèses récentes, un homme profondément versé dans la connaissance de Tantiquité chrétienne avait fait une part très large à la tradition orale dans la détermination du type de la narration synoptique. La théorie de Gieseler est certainement celle qui s'est le plus rapprochée de la Téritable explication, pourvu qu'on en fasse disparaître ce qu'elle a d'exclusif et d'exagéré *. C'est à tort sans doute qu'il prétendait que la tradition primitive ayait été fixée d'autorité et qu'elle était devenue le catéchisme obligatoire des missionnaires du siècle apostolique. Il serait impossible d'expliquer à ce point de vue les divergences que l'on signale dans le récit

* M. RériUa, dans le but de distioguer dans TévaDgile de MattUeQ las Logia du Marc primitif, fait remarquer que le cadre des discours est fréquemment en désaccord avec les discours eux-mêmes <m du moins ne se rapporte pas à Tépoque présumée où ils ont été prononcés. Nous aurions donc deux traditions diverses qui se seraient mêlées ultérieurement. Ainsi dans les Béatitudes, il est parlé de penécution dans le temps de la plus grande faveur de Jésus-Christ Donc le cadre historique est emprunté à une autre relation évangéliqne que celle qui contenait les Logia, Mais pour cela il faut refuser à Jésus-Christ tout don prophétique ou même la simple prévision de Tavenir. Si on lui accorde cette prévision, tout se concilie. Rraiarqnons, en outre, que dans le premier évangile nous retrouvons la même méthode dans Tordonnance des discours que dans celle des ^iU; les uns et les autres sont disposés bien plus d*après Tordre dei sujets que d*après Tordre des temps. Il s*ensuit que les récits *ont de la même main que les discours. M. Renan a accepté la ^^rie de M. Réville sans la soumettre à aucune discussion. Il Ta <l«^gsmment rédigée et tout a été dit.

• Gieseler, Uebcr die EnUtehung der Schrift, Evang., 1883.

19 ORIGINE DBS SYNOPTIQUES.

dea0ynoptiqaes.sur lani<Mrt et l^ résurrection deJésos- Christ; <^Xy dans rhypot];iëse de Gi^eler, cette portksi de l'histoire évangélique aurait dû, plus que toutes les autres, se fixer dans une fonue arrêtée. D^ailleuis., cette déteizainatioQ ofBcielle de la: tradition ne se peut coaoeToir èi une époque oréaEtrice comme la sièée de la Pentecôte. Mais les redierohes du savaat Mstorien ont jeté un jour nouveau sur la formation de la tradition primitive et elleâ ont le grand mérite da replacer la critiqrœ au sein mâme de TEgliae apostolique, dans le centre vivant où les évangiles ont pris naissance.

La réfutation des divers systèmes que nous avoos rapidement passés en. revue ressortira de Texposé que ncus allons faite de Torigine de nos évangiles. Char> cnne de ces théories^ hormis celle des. mythes,. apporte scm contingent de vérité une fois qu*on Ta dépouillée de son caractère exclusif; il n'en faut pas moins renoncer à élucider complètement un problème pour lequel des données essentielles nous manqueront toujours.

Transportons-nous à Jérusalem, au lendemain de la Pentecôte. — Enivrée de la preimiàre ef&uîon de TEs* prit-Saint*, vivant dans une attente pleine d*àideur du retour prochain du Gfarisi, se demandant chaqua jour s'il ne va pas reparaître sur la nuée pour juger le monde, la jeune Eglise senble avioir dressé sa. tente sur le mont des visions glorieuses; elle est prête h. la replier au premier signal. Elle s^est pkvée dans un su*

* « Ne vous enivrez point de vin, mais soyes remplit du Saint- Esprit.» (Eph. V, 8).

L*É\ULKffiLE PAELâ AVANT D'ÈTKE. ÉCIUT. 18.1

UimepnraBoiie^.soaUàble 4. ces voyageurs de lapa^ rak))e.qmv le&remtsceûita et la lampes allumée, atteor deiiile fiâgnal dn départs ce coup deimunit qui doit. iiunigQav lejour éterae!». Dans une telle situation d'«pril, Bolfe idéo ne^ae ccmçeit moins que cdle. d'écriwun linosrsaeré* (hise bomeà jeter aux âmes une pande.de» brûlant, appel; on la fui retentir sur les pliceaf ufaliques^ dans lea oarcefiHirs et la long^ des Iumb; oase ceostente d'annoncer à tous que le, festin da pàmdo fumlle est prépsdré^ et qu'U &ut se hâter de répondra à son. invitation. N'entend-on pas. déjà les chants joyeux de la salle des noce?, car dans ce premnr eathousM^meie voile qui sépare le monde visible dv. monde; invisible s'est comme abaissé. L'JBvangile ne^fiit d'abord que la proclamation de la bonne nour vdle du pardon volant de boujcbe en bouche ; jamais aie» on ]»'ai entendu par ce mot un écrite un. livre; il. s'est tonjoure rapporté aux divines réalités du sainte à l'cmvredu Ghrist^.à sa mort et àjsai.résurrection'.

Toutes les eo^ressions employées par le Nouveau "bitanient pour désigner la prodamatioUi de la vérité

' Le mot d*évangile se retrouve toujours dans le Nouveau TeetapnMH.oonHM^ m rapportant à Tobjet mémie dt,la foi, au pardon de ^Hea obtann par JésusrChrist. Cela résulte évidemment de son emploi fréquent dans les synoptiques par Jésus-Cbrist lui-même (« Té- ▼aigikieaMBnmcé «as pauTres, » Luc VII, 22). (Test, dans ce sens qw Paul parle de son évangile h un moment où il n*y avait pas QMjigM éoile^de nos récits oanoniques (Gai. I, .8). Ces. récits eu-mêmes sont ainsi désignés : Tévangile selon saint Matthieu, MloQ saint Marc, selon saint Luc, selon sakU Jean, ce .quiTtnt dire ^ &it du salut raconté par Matthieu, Marc, Luc et Jea«.

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