LES RELATIONS ÉCRITES
rite de garder dans sa vivacité et sa fraîcheur le témoignage des témoins apostoliques. L*ardent intérêt que les premiers chrétiens portaient à tout ce qui concernait la vie du Sauveur les poussait à user de tous les moyens pour n'en rien perdre; en la conservant par écrit, ils ne faisaient que se conformer aux habitudes de leurs compatriotes.
Evidemment de telles relations ont contribué & donner à la tradition primitive un caractère plus déterminé; elles ont constitué ce fonds commun dans lequel saint Paul puisait largement, et qui n'avait plus cette fluidité ondoyante d'un témoignage purement oral. On retrouve, en effet, dans les lettres de l'apôtre des gentils, à part les grands traits de l'histoire évangélique, des allusions à des paroles de Jésus, qui sont presque des citations verbales, et qui démontrent que l'enseignement du Maître était conservé sous une forme très précise. Sans mentionner de nouveau l'institution de la Cène, nous voyons saint Paul dans sa première lettre àTimothée invoquer une parole de Jésus, qui se trouve textuellement dans le troisième évangile, c L'ouvrier, dit-il, est digne de son salaire*. » Plusieurs autres textes présentent des coïncidences non moins frappantes. L'Apôtre, dans sa première lettre aux Corinthiens, déclare que le chrétien doit manger de tout ce qui lui est présenté. C'est une parole du Maître,
* 1 Tîm. V, 17, 18. Corop. Luc X, 7. Voir aussi 1 Cor. IX, 14, rapproché de Luc X, 9. 05to>^ xat b xuptoç StéTa^sv T&i; TO
\9i} FORMATION DUN TYPE DE SAItRATION.
recueillie par saint Lqc\ Dass le âia|itre VII de la même lettre, l'Apôtre on appelle, ponr la question du manna^e, à des paroles pesit^es de Jésus, que nous i^trou'^rQns aigourd*hui dans nos évangiles*.
Il Tésuhe de ces textes sigDlficaii& que, Bvaiit la composition denosrécitscanoniqueSflalraâitionapostolique était en partie fixée, surtout ~en ce qui Gonœme les paroles du Maître. Les petits écrits que mentioiMie saint Luc avaient joué sans doute un rôle important dans cette détermination. Pour notre part, noas ne voyons aucune difficulté à admettre que, dès C0tte période, un noyau de traditions communes s'était fbrmé; il se maintenait comme un fond Bolide sous la diversité des relations circulant d'Eglise & Eglise. Il suffit de comparer dans les Actes des «pôtres les vécits'portBiit sur des faits identiques pour reoonnaî^e chez les premiers cfarétieois une di^osition marquée ji user des mêmes formes de langage, & se façonner une '«>Fle de moule de narration qui ne permet plus que quielques divergences de détail ^. Nous retrouvons la mème'tfeposition dans TEglise du second siècle. Qci'on caj^ro-
> Hâv Tb 7capaTt6é(Jievov uixTv iaOCere (1 Cor. X, t7). Comp à Luc, X, 6 : 'EcdCere xà xxpaTcOé(ji£va h^vf.
* Quand Paul dit : « Le Seigneur ordonne que la femme ne soit pas séparée de son mari , il nous reporte à Marc 'X, 7, 10 : Que Vhomtne ne sépare pas ce que Dieu a uni. Pour le dlTorce, il 8*en réfère à Luc XVI, 18.
* Que Ton compare le récit de la vision de Pierre daiw icctes X, 9-16, au récit du mAme fait. Actes XI, 4^11. Compsrer également Actes IX. 1-17, et Actes XXVI, 9-iO.
FCmUATim WfSN TTYPE DE NARRiLTION. 191
cbe las umb des outim les âhreises y^moBs des «oBBtftotkimrâiteff flqpOBlobqui^ nous nôtient à Uorgttaisatini eodésiaBtîqfme de ces temps, et Ton T^mra <MM laraiditfiftBBiiBftflé&s'orgaaiifleT en quelque sorte en masses tompaetee et ccmsiGâaiites, fotrmant on résidu eonasitin et femamat mar lequel se produÎBsnt les ékwgeiicas*.
Aittsi, «dim oons^da tFaditkma précédé rEoritnre camonique; oell&ici en a prœédé eomme de sa souree, atoniqtie œttersousoe^jaillissait abondante et pufe sur le 6ol>mèine que le Ohnst avait foulé et où s*éfcaient passées^ grandes scènes de la rédemption. Nous n'avoBs acncnae iliffîcidté à admettre tel ou tel mot du Sau^soriou le trédit de tel ou tel fiodt qui n'aurait pas été coBSig^é idans laos évugiles, à la condition qu'il serprésente à.notts «avec des caracftdres sérieux d*autiiatttkîié^.
n demeure que rÉyangile était prêché et «c* eeplé doAs les plus belles i^lises idu monde avant à'wroir «Ofu «a sanction définitiTe. Gela ne diminue im mn rimportanee de nos réoits eanoniques; nous croyoBs&nneuent que^ sans ^ix, la ttradition primitÎTe -«e ^samit promptement altérée après la mort du dentier ^itos 4q)àtr6B. L*]^liseides témoins immédiats
I te tiObf»>laK^T«nM 7«nlÉtis^dM'C(in6titaUi>ii9ap«iU>liq«raB dans ■le ToL Jl des. AnaïMêta anteuicœna de Bunsen.
> Ainsi en est-il de quelques-unes des paroles de Jésus-Christ reeaeiliiss |ttr iM Pères; le récit deittlfentme adultAn, qui maaque 4ans les xnanoscrits les plus anciens, est garanti par le témoignage de'Papios.