FIDÉLITÉ DE CES SOUVENIRS
générale dans TEglise primitive de conserver un souvenir fidèle de tout ce qui se rapportait à Jésus. Les Climentines mettent dans la bouche de saint Pierre les paroles suivantes : c J'avais la coutume de rappeler à ma mémoire les mots du Seigneur que j'avais entendus afin de les graver dans mon souvenir ' . » Ainsi faisait Irénée un siècle plus tard pour les paroles de son maître Polycarpe. Cette tradition primitive, qui a conservé le Christ historique à l'Eglise en imprimant ses traits dans des âmes aimantes, trouve un symbole touchant et fidèle dans Marie, mère de Jésus, qui, d'après saint Luc, gardait dans son cœur les choses magnifiques dont elle avait été témoin*.
La mémoire des chrétiens fut bientôt aidée par des relations écrites. Le prologue de l'évangile de Luc est explicite & cet égard : c Plusieurs ont entrepris d'écrire l'histoire des choses dont la vérité a été conservée parmi nous avec une entière certitude, selon que les ont apprises ceux qui les ont vues e^x-mémes dès le commencement et qui sont les ministres de la Parole'. > L'^évangéliste distingue entre la tradition immédiate, qui est la prédication apostolique, et la fixatfon de cette tradition dans des écrits nombreux destinés à la conserver fid^ement. Ces écrits ne sont pas encore des évangiles proprement dits; ce sont des relations fragmentaires, mais qui ont le mé-
* Recognitionea, lib. IH, L « Luc II, 19.