‹ Jésus devant Caïphe et Pilate, or, Procès de Js̈us-Christ suivi d'un choix de textes contenant les principaux fondements de la religion chrẗienneChapitre 18 sur 87 · EU 7 MR · texte numérisé non relu

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avec succès, si Jésus ne s’y était aussitôt opposé. Mais la preuve que Pierre, quoiqu’il eût fait couler le sang, n’avait pas résisté à un ordre légitime, à un jugement légal, ce quieüt fait de sa résistance un acte de rébellion à main armée contre un mandement de justice, c’est qu'il ne fut pas arrêté, ni sur l’heure, ni même plus tard chez le grand-prêtre, où il suivit Jésus, et où il fut très-distinctement reconnu par la servante du pontife, et même par un parent de Malchus.

Jésus seul fut arrêté; et, quoiqu'il n’eût point personnellement opposé de résistance active, et qu’ileût même comprimé celle de ses disciples, on le lia commeunmalfaiteur, et ligaverunteum.

Rigueur criminelle, puisqu'elle n’était pas nécessaire pour s'assurer d’un seul

| homme de la part d’une troupe nombreuse armée d’épées et de bâtons. Quasi ad latronem existis cum gladiis et fustibus. (S. Luc, xx11, 52.)

$S IV.—Autres irrégularités dans l'arrestation. Séquestration de personnes.

| On entraine Jésus, et au lieu de le conduire immédiatement devant le magistrat compétent, on le mène chez Anne, qui n'avait d'autre qualité que celle de beau-père du grand-prétre.

(Jean, xvur, 43.) Que ce fût pour le lui faire voir, une telle curiosité n’est pas permise; c’est là une vexation, une irrégularité.

De la maison d’Anne on le conduisit chez le grand -prêtre, toujours lié.

(Jean, xvuxr, 24.) On le dépose dans la

cour ; il faisait froid, on fit du feu; il

était nuit, et c’est à la clarté de ce feu :

que Pierre fut reconnu par les gens de .

l'hôtel. Or, la loi judaïque défendait de procéder de nuit : nouvelle infraction.

Dans cet état de séquestration de personne dans une maison privée, livré à des valets, au milieu d’une cour, comment Jésus fut-il traité? « Ceux qui «tenaient Jésus, dit saint Luc, se mo- «quaient de lui en le frappant; et lui «donnaient des coups sur le visage, et « l’interrogeaient en lui disant : devine «qui est celui qui l’a frappé? et ils lui « disaient encore beaucoup d’autres in- «jures et blasphèmes. » (xx, 63, 64, 65.)

Dira-t-on avec M. Salvador que cela se passait hors de la présence du sénat?

| Attendons, en ce cas, que ce sénat soit | réveillé, et nous verrons s’il saura pro-

| téger l’accusé.

S V.—Interrogatoire captieux.— Violences envers Jésus.

Déjà le coq avait chanté! Toutefois | il n’était pas encore jour. « Les anciens __ «du peuple, les princes des prêtres et «les scribes s’assemblèrent, et ayant «fait comparaître Jésus dans leur con- «seil, ils procédèrent à son interroga- «toire. » (Luc, xx1r, 66.)

Observons d’abord que s’ils avaient été moins emportés par la haine, ils auraient dû non-seulement différer puisqu'il était nuit, mais encore surseoir, parce que c'était la fétede Pâques, la plus solennelle de toutes, etque d’après leur loi aucune

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procédure ne pouvait avoir lieu un jour.

férié, à peine de nullité t. Voyons toutefois qui va interroger Jésus.

C'est ce même Caïphe, qui, s’il veut :

rester juge, est évidemment récusable ; car dans une précédente réunion, il s’est constitué l'accusateur de Jésus ?. Avant même de l'avoir ni vu ni entendu, il Pa proclamé digne de mort. Il a dit à ses collègues «qu'il était utile qu'un seul «mourût pour tous.» (Jean, xvux, 14).

Telle étant l’opinionde Caïphe, ne soyons pas surpris s’il va montrer de la partialité.

1. Voyez sur ces deux nullités les ‘auteurs juifs cités par Prost de Royer, tome IT, p.205, au mot Accusation.

2. Salvador en convient : « Caïphe se constitue son aceusateur, » dit-1l, p. 86.

Au lieu d'interroger Jésus sur des actes posilifs et circonstanciés, sur des faits personnels, Caïphe l'interroge sur des faits généraux, sur ses disciples qu’il était beaucoup plus simple d'appeler comme témoins, et sur sa doctrine; qui n’était qu’une abstraction tant qu’on n’en déduirait pas des actes extérieurs.

Pontifex ergo interrogavit Jesum de discipulis suis, et de doctrina ejus.

(Jean xvirx, 19.)

Jésus répond avecdignité : « J’ai parlé « publiquement à tout le monde; j'ai « toujours enseigné dans la synagogue et dans le Temple, où tous les Juifs s’assemblent ; et je n’ai rien dit en « secret. (Ibid. 20.)

« Pourquoi donc m’interrogez-vous ?

Interrogez ceux ui m'ont entendu,

AR

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