‹ Jésus devant Caïphe et Pilate, or, Procès de Js̈us-Christ suivi d'un choix de textes contenant les principaux fondements de la religion chrẗienneChapitre 23 sur 87 · PUS · texte numérisé non relu

PUS

D'ailleurs, ils ne peuvent pasdissimuler qu'il s'agissait d’un tout autre temple que le leur, puisqu'il à dit : « J'en «rebâtirai un autre en trois jours qui ne «sera point fait par la main des « hommes. » |

Il résulte de là, tout du moins, que les Juifs ne l’avaient pas compris, car ils s'étaient écriés : « Comment ! ce temple «a été quarante-six ans à bâtir, et vous « le rétablirez en trois jours !»

« Ainsi, ces témoins ne s’accordaient « pas, etleurs déclarations n’avaient rien «de concluant; ei non erat conveniens « testimonium ülorum » (Marc, xx, Y: 59.)

Il fallait donc chercher d’autres preuves. |

« Alors le grand-prêtre (n'oublions

pas que c’est toujours l’accusateur), le grand -prêtre se levant au milieu de l'assemblée, interrogea Jésus, et lui dit : « Vous ne répondez rien à ce que ceux- « ci déposent contre vous? » Mais Jésus demeurait dans le silence, et ne répondit rien. (Marc, x1v, 60.) —En effet, puisqu'il ne s'agissait pas du temple des Juifs, mais d’un temple idéal, non fait de la main des hommes, et qui résidait uniquement dans la pensée de Jésus, l'explication se trouvait dans la déposition même. ï

Le grand-prêtre continue : « Je vous « adjure, dit-il, de par le Dieu vivant « (adjuro te per Deum vivum, Math. xxvi, « 63), de nous dire si vous êtes le Christ, « fils de Dieu? »—Je vous adjure! je vous prends à serment! grave infraction

| — 51 — à cette règle de morale et de jurisprudence, qui ne permet pas de placer un accusé entre le danger du parjure et la crainte de se charger soi-même et d’empirer sa situation !—Quoï'qu'’il en soit, le | grand-prêtre insiste, et lui dit : « Êtes- | «vous le Christ, fils de Dieu 1? » Jésus lui répondit : Tu dixisti. (Matth. xxvi, 64.) Ego sum. (Marc, x1v, 62.) « Alors le grand--prêtre déchira ses «vêtements en disant : Il a blasphémé!

1. M. Salvador, dans sa note page 82,convient que « L'expression Fils de Dieu était d’un usage « ordinaire chez les Hébreux, pour marquer « l’homme d’une haute sagesse, d’une haute « piété. » Mais, ajoute-t-il : « Ce n’est point dans « ce sens que s’en servait Jésus-Christ; elle « n’aurait point causé une si vive sensation. » Ainsi, c’est par interprétation, et en détournant ces mots de leur sens habituel, qu’on en a déduit un chef d'accusation contre Jésus.

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«Qu'avons-nous plus besoin de témoins ?

«vous venez vous-mêmes de l'entendre «blasphémer ? qu’en pensez-vous ?» —Et ils répondirent : «Il a mérité la mort. »., Reus est mortis. (Matth. xxvi, 66.)

Que l’on compare maintenant cette scène violente avec la paisible déduction de principes que l’on trouve dans le chapitre de M.Salvador, de l’administration de la justice; ei que l’on se demande à présent si, comme il le prétend, on en trouve une exacte application dans la procédure tenue contre le Christ?

Reconnaissons-nous ici ce respect du.

juge hébreu pour l'accusé, lorsque nous voyons que Caïphe a permis qu'on le frappât impunément en sa présence ?

Qu'est ce Caïphe, à la fois accusateur

Pen: A

bel] uge"? Homme passionné et trop semblable ici au portrait odieux que nous en a laissé l'historien Josèphe?! Un juge qui s’irrite, qui s’'emporte au point de déchirer ses vêtements ; qui impose | à l'accusé un serment redoutalls, et qui | incrimine ses réponses : 1 a blasphémé!

Et dès lors il ne veut plus de témoignages; quoique pourtant la loi les exige ! Ilne veut plus d’une enquête dont il a reconnu l’impuissance! Il s'efforce d'y suppléer par des interrogatoires captieux ! IL veut (ce que la loi des Hébreux défendait encore) que l'accusé

1. Et juge. C'est-à-dire qu'il en usurpait les fonctions; car nous verrons dans le paragraphe suivant que le Conseil des Juifs n'avait pas le jugement des accusations capitales.

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