‹ Jésus-Eucharistie, mon Prisonnier d’amourChapitre 1 sur 2 · Jésus-Eucharistie, mon Prisonnier d’amour · texte numérisé non relu

Jésus-Eucharistie, mon Prisonnier d’amour

yJésus était venu du ciel visiter les hommes. 11 s’était fait petit à l’infini, pour , paraître comme l’un d’eux.

Je L’ai contemplé avec amour, confondu avec les créatures, œuvre de ses mains. J’ai assisté aux phases diverses de sa vie humaine. Je L’ai vu mourir sur la Croix du Calvaire. Je L’ai reconnu dans les gloires de sa Résurrection. Et, en pleurant, je L’ai vu . repartir, montant au ciel pour n’en plus revenir qu’à l’heure du jugement universel.

Sans Jésus, la terre redevient un tombeau ; c’est un Vendredi-Saint qui n’a plus de déclin

Et, dans ma tristesse, je ne pense pas à m'en plaindre ; car ce sont les hommes qui ont chassé leur Sauveur. Jésus leur a obéi jusque dans la mort.

Eperdu, comme Madeleine devant le tombeau vide de son Maître, j'ai regardé de tous côtés, j’ai interrogé toutes les créatures, j’ai scruté toutes les solitudes, pour voir si je ne retrouverais pas mon Bien-Aimé. Tout à coup, de tous les échos le Nom de Jésus s'est de nouveau fait entendre. J’ai assisté à une nouvelle naissance du Sauveur du monde. J’ai reconnu ses traits divins, malgré ses humiliations plus grandes encore qu’à sa première venue. Depuis deux mille ans, je ne L’ai pas vu vieillir; et à Le contempler toujours le même, j’ai compris qu’il ne devait plus mourir.

Il est là, mon Jésus, dans l’Eucharistie ! Et j’ai peine à comprendre pourquoi II est revenu, Lui que l’humanité avait rejeté. Son ciel pourtant Lui suffit. Que fait-11 donc encore parmi nous, lorsqu’il est de nouveau tant méconnu ? Qu’est-ce donc qui a pu Le pousser à un tel excès de condescendance ? Et de tous les Tabernacles du monde une voix s’élève qui me crie: Y amour!

Ah ! Famour d’un Dieu, je le connais t De la Crèche au Calvaire il a creusé dans l’humanité un sillon que les siècles ne sauront effacer. Mon âme est éblouie par ses mystérieux élans, et je me méfie presque de ses excès !

J’aurais rêvé pour Jésus une Eucharistie rayonnante, dans des palais étincelants et dans l'exercice d’une royauté toute de gloire et de majesté.

Mais II a préféré une « prison » à un palais, un état apparent de mort à un état glorieux.

Gomme s’il ne nous eût pas assez aimés pendant sa vie mortelle, Il a voulu perdre la possibilité de nous quitter jamais. Et comme s’il eût craint les exigences de sa majesté et les revendications futures de sa justice, Il s’est condamné irrévocablement à demeurer dans l’Eucharistie jusqu’à la fin des siècles, Il s’est constitué Luimême le Prisonnier de son amour, Il s’est forgé des chaînes qu’il s’est engagé à ne jamais briser, 11 s’est lié sur place à une demeure qu’il a juré de ne jamais abandonner.

Ah ! qu’il est grand mon « Prisonnier d’amour», qui enchaîne sa Divinité pour que rien n’en trahisse la puissance et la majesté !

Qu’Il est beau mon « Prisonnier d’amour », qui voile son Humanité, pour que rien n’en révèle les charmes et les attraits.

Qu’Il est admirable mon « Prisonnier d’amour», qui se condamne au silence et à l’immobilité, pour me prouver plus d’amour par plus de sacrifices et de renoncement.

Qu’Il est magnanime mon « Prisonnier d’amour », qui sacrifie l’éclat de sa royauté, pour régner dans les âmes par l’amour et l’humilité.

Qu’Il est condescendant mon « Prisonnier d’amour », qui s’astreint à demeurer dans mon voisinage, pour être à même de me faire plus de bien et de me faire jouir de sa douce et divine présence.

Qu’Il est bon mon «Prisonnier d’amour », qui enlace en quelque sorte le monde, en multipliant

partout sa présence, pour que je Le retrouve sur tous les chemins et sur toutes les plages.

Qu’Il est prévoyant mon « Prisonnier d’amour », qui a fixé pour toujours sa tente au milieu des hommes, pour se donner à tous et pour que tous Le trouvent à tous les âges de la vie.

Qu’Il est puissant mon «Prisonnier d’amour», qui a su multiplier ses Prêtres, pour façonner chaque matin les douces chaînes qui m’en assurent la perpétuelle possession.

Qu’Il est tendre mon « Prisonnier d’amour », qui en s’enchaînant dans l’Hostie me la livre en aliment, pour que j’en nourrisse mon âme dans l’exil.

Qu’Il est adorable mon «Prisonnier d’amour», qui ne se tient ainsi à mes côtés que pour m’assimiler sa vie divine, me transformer en Lui et m’introduire un jour dans la Patrie de l’éternel amour. & & a

O Jésus, je veux, à mon tour, être le prisonnier de votre amour. Je me forgerai des chaînes qui me lieront irrévocablement à Vous. Je m'enfermerai avec Vous dans votre étroite et solitaire prison, pour y vivre de votre vie et m'y consumer de votre amour. Je Vous garderai mon cœur et en ferai le geôlier de mon amour. Je monterai la garde auprès de votre Tabernacle, et nous nous ferons réciproquement les prisonniers de notre mutuel amour.

7 &f. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

Tous droits de traduction et de reproduction réservés.

Prix franco du présent feuillet :

La douzaine, 0.80 ; étr., 0.85 — Le cent, 5 fr. ; étr., 5.10 Le mille, 45 fr. ; étranger, 46 fr.

24 sujets parus en 2 pochettes. — Chaque pochette, 1.35 ;

étr., 1.40 — Six pochettes à la fois, 7.75 ; étr., 8 fr.

liaison du Kon-Pasteur, S 3 8. Bd Péreire, Paris

Mon Prisonnier d’amour

La cellule

de mon « Prisonnier d’amour »

Vf e Jésus que j’aime s’est fait « mon pri- (Jr sonnier». Pour ne pas me quitter, 11 s’est enchaîné. Pour vivre plus près de moi, Il a établi sa demeure à mes côtés. Pour me redire sans cesse son amour, 11 s’est fait Eucharistie.

Pour être plus à moi, il s’est constitué le compagnon inséparable de mon exil. Pour être plus libre de s’entretenir avec moi, Il s’est retiré dans la solitude et II habite un sanctuaire où ne parviennent point les bruits de la foule. Pour vivre dans une parfaite intimité avec moi, 11 dresse sa Table à la porte de sa « Prison d’amour»,

et 11 m’invite à m’y asseoir et à me nourrir de Lui.

Prisonnier à perpétuité, 11 localise et immortalise son amour. Il ne désertera jamais la «Prison» où son amour L’a enchaîné. Son Tabernacle, c’est la demeure de son choix. Son Tabernacle, c’est mon ciel sur la terre.

Mais comme elle est étroite sa « Prison d’amour » !

Etroite pour un être humain ; plus étroite encore pour un monarque qui gouverne le monde ; infiniment étroite pour un Dieu qui remplit le ciel et la terre.

Les espaces infinis où habite la Divinité sont la demeure naturelle du Jésus que j’adore et que j’aime. Les phalanges angéliques et l’armée des i bienheureux forment sa cour. Il n’est pas un point, dans le séjour de la Béatitude, où Jésus n’habite et ne règne, Lui, le Roi immortel des siècles, la gloire du Paradis, la louange éternelle de la Patrie.

Et Celui que les cieux ne peuvent contenir, s’est choisi une « Prison » sur cette terre et II s’est renfermé dans les étroites limites d’un Tabernacle»!

Comment une immensité infinie peut-elle être contenue dans un aussi petit espace ? Comment oser échanger les splendeurs du ciel contre un aussi humble réduit? L’amour seul a pu opérer une telle merveille et enchaîner ainsi sur place un Dieu qui remplit l’univers.

O mon «Prisonnier d’amour», je Vous adore,' Vous l’incommensurable, localisé dans cet étroit Tabernacle, chargé des chaînes mystérieuses qui !

Vous fixent à votre poste d’amour. Plus l’espace que Vous occupez est restreint, et plus votre amour le dilate pour y recevoir les âmes fidèles éprises j de vos charmes eucharistiques. Désormais, ô mon Bien-Aimé, ma place sera à vos côtés, et nous’ j serons deux dans votre « Prison d’amour ».

A ft A

Comme elle est sombre sa « Prison d’amour » !

Tout est lumière au séjour de la gloire. Les feux de. l’éternelle clarté rayonnent intensément et baignent les élus dans des flots éblouissants de lumière. Jésus est le divin soleil de justice et d’amour, d’où émanent tous les rayons lumineux de la Patrie. Lumière incréée, Il remplit les cieux de l’éclat de ses divines splendeurs.

Et c’est ce Jésus qui descend sur la terre et qui se renferme dans les sombres Tabernacles où 11 demeure nuit et jour ! 11 y vit dans les ténèbres, comme les morts dans leurs tombeaux.

Jamais prison n’a été plus sombre. Jamais prisonnier n’a été enveloppé de plus épaisses ténèbres. 11 se cache et personne ne Le voit. Et Lui qui éclaire tout homme venant en ce monde, Il ne permet pas que le moindre rayon de soleil ne pénètre dans sa demeure eucharistique.

O Jésus, mon « Prisonnier d’amour », comme je voudrais brûler assez d’amour pour Vous, pour éclairer vos ténèbres et rendre moins sombre la cellule où Vous daignez habiter I

Comme elle est pauvre et froide sa « Prison d’amour » !

Pas un ornement. Pas même les draperies qui ornaient le Cénacle au soir de la Cène. Rien que les murs de sa « Prison » et le vase doré, souvent bien humble, dans lequel 11 repose.

Le silence y règne, le dénuement y brille ; rien qui frappe le regard, rien qui charme l’oreille, rien qui parle aux sens. Jamais une parole ne s’y fait entendre; jamais un regard ne reflète les sentiments de l’âme ; jamais un sourire sur les lèvres ni une larme dans les yeux. Jamais la moindre lueur qui éclaire cette solitude profonde ; jamais le plus léger souffle qui révèle la vie dans ce tombeau où s’est comme enseveli ce mystérieux et divin Prisonnier, que l’amour a enchaîné dans l’humanité.

Qu’est-ce donc qui mettra de la vie dans cette « Prison », où tout ne parle apparemment que de mort ? Mon amour ! Oui, mon amour m’y transportera et me fera trouver mon bonheur dans la compagnie de mon adorable et divin Prisonnier. Mon cœur y battra à l’unisson du sien et Lui chantera ma reconnaissance et mon amour.

Prisonnier d’amour de mon Jésus au Très Saint Sacrement, je vivrai et je mourrai pour Lui !

M. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

Tous droits de traduction et de reproduction réservés.

ï'ri* franco du présent feuillet :

La douzaine, 0.80 ; étr., 0.85 — Le cent, 5 fr. ; étr., 5.10 Le mille, 45 fr. ; étranger, 46 fr.

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liaison

JVI on Prisonnier d'amour

La solitude

de mon « Prisonnier d’amour »

y|) orsque l’heure de remonter vers son Père fut venue, Jésus quitta la terre où II avait tant souffert, et, escorté par les anges, Il entra dans le royaume de sa gloire, aux acclamations de toute la cour céleste. Depuis lors les chants n’ont cessé de se faire entendre autour du trône de l’Agneau toujours immolé ; et éternellement l’amour du ciel pour Jésus, le divin triomphateur, se traduira par un concert ininterrompu de -, louange et d’allégresse.

Mais si sur la terre Jésus avait souffert,

Il avait aussi aimé ; et comme s’il y avait laissé son Cœur, Il y revint ' ■

pour ne plus s’en éloigner. Son amour Lui fit trouver autant de charmes dans son ciel eucharistique que dans le ciel de la gloire.

Renfermé dans son Tabernacle Jésus reste solitaire, comme le prisonnier dans son sombre cachot. Au ciel la lumière éblouissante, ici les ténèbres; au ciel des alléluias sans fin, ici le morne silence ; au ciel la compagnie des anges et des saints, ici une solitude presque habituelle.

Jésus est dans des milliers de Tabernacles, et partout c’est la même solitude et le même isolement. Il vit comme séparé des hommes, et si la foi ne me disait qu’il est là, je pourrais croire, à son éternel silence, qu’il s’est évadé de sa « Pri- ! son d’amour».

Les temples m’indiquent bien sa demeure, mais je n’y vois personne monter la garde comme à la porte des palais des rois.

Le silence qui remplit les grandes nefs me semble un désert où personne n’habite.

La « Prison » où II se cache n’occupe qu’un faible espace, et souvent elle est située à l’écart ou au fond du sanctuaire. Et lorsque je m’en approche, la flamme seule d’une petite lampe m'indique sa présence. La porte en est fermée et elle dérobe à mes regards Celui qui s’est condamné, par amour pour moi, à cette étonnante et inconcevable solitude.

^ * ,-fe

O mon Jésus, mystérieux « Prisonnier d’amour», que Vous êtes seul et que Vous êtes divinement grand dans votre solitude ! Quel excès d’amour

a pu Vous réduire à ce Silence et à cet isolement ! Que ne puis-je peupler votre solitude de l’amour de tous les cœurs des hommes ! Laissez-moi vivre solitaire avec Vous ; et si je ne puis pénétrer dans votre «Prison», du moins je veux monter la garde tout près de Vous et Vous redire sans cesse ma reconnaissance et mon amour.

Jésus s’est laissé enchaîner par son amour et Il s’est interdit de sortir de sa prison. Le ciel et la terre sont son domaine. Il aurait droit de régner extérieurement parmi les hommes comme II règne au ciel. Au lieu d’avoir sa cour et de parcourir son royaume, Il vit solitaire nuit et jour, et II ne quitte jamais l’humble réduit où II s’est constitué « Prisonnier ». Pour s’entretenir avec nous, il faut aller Le visiter nous-mêmes ; sans quoi, Il demeure seul et II attend.

Comme elle est triste cette solitude de notre divin «Prisonnier» qui n’est presque jamais visité ! Que de fois ses regards se dirigent vers nous, sans que nous daignions Le regarder ! Avec quelle attention 11 prête l’oreille, sans qu’il entende le bruit de nos pas !

11 voit passer indifférentes les foules qui vont à leurs affaires ou à leurs plaisirs, et 11 reste le grand ignoré.

Il considère la multitude des oublieux qui Le perdent de vue comme s’il n’existait pas, et le nombre non moins considérable des ingrats qui méconnaissent ses bienfaits.

11 constate qu’un grand nombre ignore même où II demeure, et parmi ceux qui L’approchent

Il en rencontre tant qui ne daignent même pas Le saluer et encore moins Lui dire un mot du cœur!

Douloureuse solitude ! C’est le prisonnier méconnu, délaissé, abandonné à son sort. On semble Lui dire : Pourquoi aussi avoir aimé jusque-là? Pourquoi s’être enchaîné et isolé de la sorte ? Pourquoi s’être fait prisonnier, quand on est libre ? Pourquoi s’être fait esclave, quand on est roi ? Pourquoi s’être immobilisé, quand on est tout-puissant ? Pourquoi s’être condamné au silence, quand on est la parole éternelle ? Pourquoi avoir recherché les ténèbres, quand on est la lumière ? Pourquoi avoir pris une apparence de mort, quand on est la vie ? Pourquoi s’être fait pain, quand on est Dieu ?

O Jésus, mon amour, pardon pour ce langage insensé. J’adore votre sagesse, je comprends vos divins artifices, je m’abîme devant vos excès d’amour. O céleste Solitaire, tout le ciel habite avec Vous ! O divin Silencieux du Sanctuaire, comme Vous êtes éloquent ! O mystérieux « Prisonnier » que l’amour tient caché, à Vous toute mon âme, à Vous toute ma vie et mon amour à jamais.

7&L E. de la Croix .

Avec permission de l’Ordinaire.

Tous droits de traduction et de reproduction réserves.

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liaison du Iton-Rusteur, HftH, lld Réreire. Paris

JMon Prisonnier d’/mour

Le dénuement

de mon « Prisonnier d’amour »

uand je regarde au ciel, j’y vois Jésus,

le Verbe de Dieu, l’éternelle splendeur de son éternel Père, la sainteté par essence puisée dans le sein de Celui qui l’a divinement engendré, la puissance souveraine par qui tout a été fait, à qui tout appartient et sans lequel rien ne peut exister, ni vivre ni mourir.

Jésus est tout. II ne peut pas ne pas l’être, et II l’est de toute éternité. La terre est son piédestal, les espaces infinis sont son domaine, les cieux sont sa demeure, tout ce qui existe n’a de vie et de raison d’être qu’en Lui et pour Lui.

Sï

Majesté suprême, puissance infinie, richesse incommensurable, Jésus est le souverain et unique Seigneur de toutes choses. Je m’abîme devant Lui, je L’adore et je L’aime.

Mais lorsque du ciel je porte mes regards sur la terre, j’y cherche Jésus et je ne Le trouve plus.

11 devrait régner sur les hommes, comme II règne j sur Les anges. 11 devrait être entouré d’une cour splendide, dans des palais somptueux, au milieu des richesses de la création, œuvre de ses mains.

Je désespérerais de jamais rencontrer Jésus sur cette terre d’exil, où II est le grand inconnu et l’universellement délaissé de la plupart des I hommes, si la foi ne m’enseignait où demeure caché et silencieux Celui que l’amour a réduit, j dans l’Eucharistie, à la plus extrême pauvreté étau dénuement le plus abs'olu.

Ce Jésus que je rêvais de voir resplendissant j de majesté, d’honneur et de richesse, je Le reconnais à peine sous ces dehors misérables, renfermé dans cette étroite « Prison » dont 11 a fait son perpétuel domicile, où II mène apparemment la vie de tous ceux que la société a exclus de son sein et séquestrés dans de sombres cellules qu’enveloppent le silence et l’oubli.

Mon cœur s’émeut, mes yeux se mouillent de j, larmes et je tombe à genoux devant ce Tabernacle j où réside mon Jésus, le Créateur du ciel et de la : terre, Celui qui m’a appelé à l’existence, qui m’a tout donné, qui m’a tant aimé, qui a su me rendre le ciel que j’avais perdu, qui est l’unique et éter- i; nelie richesse des bienheureux.

Son dénuement extrême me Le fait aimer davantage. Il n’a plus rien, et c’est Lui qui maintenant me tend la main! Oh! comme je voudrais Lui donner, Lui donner plus encore qu'il ne demande, Lui donner avec mon cœur le cœur le tous les hommes.

Jésus s’est choisi sa demeure ici-bas ; 11 n’en aura jamais d’autre. C’est volontairement qu’il s’est renfermé dans sa « Prison d’amour » et qu’il s’est dépouillé de tout avant d’y entrer.

11 a voulu descendre jusqu’aux derniers abaissements du dénuement. Pour vivre à côté de tous les hommes, Il a choisi également pour demeure (les grandes basiliques et les humbles églises de campagne, dont certaines parfois ressemblent pluôt à des ruines qu’à des habitations humaines.

Il occupe dans ces vastes édifices un tout petit espace, où hélas! Il passe inaperçu pour un trop grand nombre.

Autour de Lui, le silence et la solitude montent la garde. Il n’a plus l’usage de la parole ; Il s’est rendu muet. Il ne se meut plus de Lui-même : Il s’est interdit tout mouvement, semblable à ces prisonniers que l’on a garottés. Son amour Lui a façonné des chaînes et L’a lié sur place.

Rien ne révèle sa présence, et j’en veux presque

son mystérieux amour qui Le dérobe ainsi à la connaissance et à l’adoration de tant d’âmes.

Mais non, l’amour n’a pas de loi ni de bornes: et l’amour d’un Dieu connaît des excès que les hommes traitent de folies.

Oh ! oui, Jésus a commis des excès d’amour en

se faisant Eucharistie. C’est un prisonnier du ciel sur la terre. C’est l’infinie richesse de l’éternité devenue prisonnière de la pauvreté. O mon « Prisonnier d’amour», que Vous ôtes beau et grand dans votre incompréhensible dénuement !

Quand Jésus est entré dans sa pauvre «Prison», Il s’ést môme dépouillé de tout ce qui pouvait Le faire reconnaître. Comme le prisonnier qui se revêt de vêtements étrangers, Il a laissé les dehors de son Humanité pour prendre les apparences des Espèces sacramentelles ; de sorte que nous ne pourrons jamais Le voir tel qu’il est, mais uniquement sous des vêtements d’emprunt.

N’importe, ô Jésus, mon tendre « Prisonnier d’amour», mon cœur Vous reconnaîtra toujours. Ni votre « Prison », ni votre extérieur trompeur, ni votre dénuement où Vous avez enseveli toutes vos richesses, n’affaibliront ma foi.

Je veux partager votre pauvreté, et à votre exemple je me dépouillerai de moi-même. Je ne veux point d’autre richesse que celle d’habiter dans votre «Prison d’amour», de Vous y aimer, et de vivre prisonnier de votre amour.

W. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

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itlaiiNon du Iton-Pasteur, !S38, liit i*erelre, l'nris

jvl o n Prisonnier d’Amour

Les humiliations de mon « Prisonnier d’amour »

vSr) e ciel est la patrie des louanges éter- (J54 nelles. L’Agneau, toujours immolé, y reçoit sans fin les hommages, les adorations et l’amour des anges et des saints.

Oh ! comme 11 est grand au ciel le Jésus qui sur la terre s’est abaissé jusqu’à prendre la forme d’esclave ! Comme II est beau, mon Rédempteur qui, pour me sauver, s’est rendu dans sa passion semblable à un « ver de terre » !

Il reçoit maintenant de dignes compensations à ses humiliations et à ses abaissements. Avec les bienheureux je Le bénis, je Le loue, je L’adore et je L’aime.

Mais la terre n’est pas le ciel ; et rien ne me le fait mieux comprendre que le contraste inexprimable que m’offre la Présence eucharistique de! mon Jésus avec sa Présence glorieuse. Gomme la terre est bien l’exil, l’exil loin de la Patrie, l’exil où l’on peine, l’exil où l’on est tenu en servitude, l’exil où l’on aspire dans l’humiliation et la dou-j leur à des joies et à des récompenses qu’il faut payer de ses larmes et de sa vie.

Jésus, Lui, n’a rien à payer ; Il a, au contraire, répondu pour tous; et II est, en outre, l’unique et éternelle récompense. Il n’a rien à recevoir ; 11 est par Lui-même tout ce qu’il est, et II donne à tous de sa plénitude.

Pourquoi donc est-11 encore sur la terre ? Et si son amour mystérieux pour les hommes Le force à y rester, pourquoi se cache-t-Il de la sorte ? Pourquoi se retirer dans une « Prison » et s’y ensevelir comme dans un tombeau ?

Je cours le monde et je ne rencontre jamais Jésus cheminant avec les hommes et conversant avec eux. Je passe devant les églises et je ne vois aucune sentinelle qui veille comme à la porte des grands.

Tout dans le passé me parle de Lui : et sa vie d’éternel amour dans le sein de son divin Père, et son apparition miraculeuse dans le monde, et les gestes merveilleux de sa vie, et l’ineffable institu-j tion du soir de la Cène, et le drame sanglant de sa! Passion où II a laissé sa vie dans un sublime et ! suprême acte d’amour pour son Père et pour nous.

Devant un Dieu qui tient ainsi dans ses plains

les destinées du monde, il faut des honneurs, et je ne vois qu’un Dieu sans majesté. En face (f’un isouverain dominateur dont les droits sont universels, il faut un palais et une cour splendides, et je ne vois qu’un roi sans trône. A la vue d’un Tout-puissant qui a conquis l’humanité entière comme trophée de ses victoires, il faut autant de sujets qu’il y a d’êtres humains, et je ne vois qu’un conquérant sans royaume.

Tout au moins, aux pieds de cet Homme-Dieu qui est venu arracher tous les hommes à la mort et leur assurer le salut éternel, toutes les générations doivent tomber à genoux et adorer Celui qui leur a donné deux fois la vie, la vie terrestre et la vie éternelle. Hélas ! les hommes Le méconnaissent. Ils doutent en face de ce Dieu sans majesté et de cet Homme sans vie.

Et parce qu’il ne parle pas, ils ne croient plus à sa parole. Parce qu’il ne se meut pas, ils Le considèrent comme ne vivant plus. Parce qu’il ne se venge pas des outrages qu’il reçoit, ils Le regardent comme impuissant. Parce qu’il ne donne jamais aucun signe de vie, ils doutent qu’il est là.

Vraiment, ô Jésus, votre amour atteint de telles sublimités, qu’il faut bien Vous étudier pour Vous comprendre, beaucoup Vous aimer pour fermer les yeux sur tant de contradictions apparentes et ne voir dans vos suprêmes abaissements que des preuves de votre incommensurable charité.

Réduit au silence et à l’immobilité dans votre étroite « Prison », voilant l’éclat de votre divinité.

cachant la beauté de votre humanité, ne faisant plus entendre votre douce voix, ne ravissant plus les cœurs par votre divin regard, ne Vous approchant plus des malheureux pour les consoler, ne levant plus la main pour pardonner, ne nous disant plus rien ni de Vous, ni de votre Père, ni du ciel, ni de la gloire, Vous avez fait de vos Tabernactes des sanctuaires inaccessibles à l’humaine raison, où la mort semble avoir remplacé la vie.

Jamais prisonnier n’est descendu dans semblable cachot. Jamais être humain ne s’est ainsi enveloppé de mort. Jamais Dieu ne s’est abaissé à de pareils abîmes d’humiliation.

O incomparable Jésus, solitaire « Prisonnier » qui, pour Vous mettre à la portée du dernier des pécheurs, êtes descendu encore plus bas que lui ; beauté suprême que je ne puis que deviner à travers les voiles épais dont Vous Vous êtes enveloppé : je Vous proclame mon Seigneur et mon Dieu, je Vous reconnais pour mon miséricordieux Sauveur, je Vous aime comme mon unique Bien- Aimé et je m’enferme avec Vous dans votre « Prison d’amour », pour Vous y tenir compagnie et y vivre tous les jours de ma vie.

M. E. de la Croix.

Avec permission de l Ordinaire.

Tous droits de traduction et de reproduction réservés.

I*rix. franco du présent feuillet s

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liaison du ïîon-I*astcur, 3 3 8, Bd Péreire, Paris

]YÎ on- Prisonnier d'Amour

Les attraits vainqueurs de mon « Prisonnier d’amour »

Çf) orsque le Verbe de Dieu s’est fait chair,

son divin Père n’a pas cessé pour cela de voir en Lui le Fils de ses éternelles complaisances. Lorsque Jésus s’est fait Eucharistie, Il est demeuré également le Bien-Aimé de son Père ; et autour de tous les Tabernacles du monde, les anges montent la garde et s’abîment dans l’adoration et l’amour, comme devant l’Agneau toujours immolé sur le trône des deux.

Jésus est et demeure ce qu’il est de toute éternité, et ce qu’il a daigné être dans le temps. Si la foi me Le montre dans le malheureux qui souffre,

dans le pauvre en haillons, dans le pécheur qui L’outrage, dans le juste qui L’aime ; comment ne Le reconnaîtrais-je pas sous les apparences qui Le voilent au Sacrement, sous les vêtements qui couvrent sa divinité et son humanité ?

Il y a quelque chose en Jésus-Eucharistie qui m’attire irrésistiblement.

Je Le vois isolé du reste des hommes, et sa solitude est pour mon cœur pleine d’attraits. Je L’y retrouve toujours, et seul à seul avec Lui je puis jouir de sa compagnie à satiété.

Je Le contemple muet et silencieux, et son silence me parle plus éloquemment que sa parole. Sa présence seule m’est un langage qui me fait comprendre ses desseins de miséricorde et son immense amour.

Je Le considère méconnu et abandonné de la plupart des hommes, et son délaissement m’inspire de L’entourer avec plus d’amour et d’assiduité. Je me sens porté, par un besoin du cœur, à L’aller visiter et à demeurer à ses côtés.

Je jette les yeux sur son étroite et pauvre demeure, et son dénuement volontaire me rappelle tout ce qu’il a sacrifié pour vivre ainsi pendant des siècles dans un état de privation tel que, pour y demeurer, il Lui faut recevoir jusqu’au morceau de pain auquel II se substitue et dont II emprunte les accidents pour s’en couvrir. En retour, j je voudrais Lui offrir des palais dorés, et tout au ! moins Lui prodiguer l’amour de mon cœur.

Je remarque que jamais II ne se meut, et son j immobilité me fait comprendre qu’il ne désertera i

[amais la « Prison » où II s'est amoureusement mfermé, afin de ne jamais manquer au rendez- /ous de tous ceux qu'il appelle à Le visiter. J’aciours vers Lui, puisqu’il ne peut venir à moi. Ce Tabernacle, où II vit sous des apparences de mort, îst un aimant qui m’attire et auprès duquel je voudrais passer ma vie.

Oh ! comme 11 est beau, mon Jésus, sous ces dehors qui me Le voilent, mais que mon coeur écarte jour mieux contempler ses ineffables beautés.

Qu’Il est souverainement bon, mon Bien-Aimé, lont les tendresses pour moi en ont fait un « Prisonnier » à vie.

Qu’Il est admirable, mon « Prisonnier d’amour », jui ne cesse de m’attirer à Lui, malgré mes misères, et qui me fait goûter à ses pieds des joies lu Paradis !

A tout instant du jour et de la nuit, je puis me pire : Mon « Prisonnier d’amour » veille dans sa Cellule solitaire et II pense à moi. Il n’en franchit pas le seuil, mais 11 m’appelle à Lui. Il me regarde, et son regard me suit partout. Il agit à distance, et II m’attire impérieusement vers Lui. Son cœur a besoin du mien, et II m’embrase de divines ardeurs qui me font sans cesse soupirer après Lui. & & a

Quand je dirige mes regards vers sa demeure solitaire, je voudrais me trouver partout où il y a un Tabernacle qui L’abrite, pour L’adorer au nom de tous les hommes.

Quand je Le vois si incompris, si méconnu, si méprisé, mon cœur s’émeut, et je voudrais faire

descendre du ciel les phalanges angéliques pour; L’entourer et Lui faire oublier l’ingratitude des hommes.

Quand je m’approche de Lui, mon cœur bat! plus fort dans ma poitrine, je sens comme le voisinage du ciel. Je reste silencieux et abîmé dans une douce contemplation à la porte de cette humble « Prison », où l’amour détient dans des chaînes perpétuelles Celui que je voudrais presser dans mes bras et enchaîner dans mon cœur.

Que d’heures j’ai passées aux pieds de Jésus et qui m’ont paru des minutes ! Que de divins colloques ont éclairé mon esprit, réchauffé mon cœur et fortifié ma volonté !

Quel ciel que l’Eucharistie ! Quel divin ravisseur des cœurs que ce « Prisonnier » que l’on visite parce qu’on L’aime, que l’on aime parce qu’il est souverainement aimable, et dont les ineffables ten-: dresses appellent les âmes à vivre avec Lui dans une intimité qui est un avant- goût de l’union éternelle !

O Jésus, soyez ici-bas mon unique passion, Vous qui dans la Patrie serez mon unique félicité.

7&T. E. de la Croix..

Avec permission de l’Ordinaire.

Tous droits de traduction et de reproduction réservés.

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La douzaine, $0.15 — Le cent, $0.90 — Le mille, $7.75 24 sujets parus en 2 pochettes.

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Maison du lîon-Fasteur, Md l'éreire, E*aris

Mon Prisonnier d’amour

Csl-Ovo

Les occupations de mon «Prisonnier d’amour»

J'ésus n’est mort qu’une fois, et II ne peut plus mourir. Partout où II est, Il vit d’une vie divine, infinie comme Lui, puisqu’il est la vie par essence.

Pas plus qu’au ciel, où II est l’Agneau toujours immolé mais vivant et glorieux, Il n’est dans l’Eucharistie sans vie et sans activité. Sous les apparences de mort, dont Il Lui a plu de s’envelopper, 11 vit d’une intensité infinie, Il est et II demeure la vie.

Les siècles passeront, les trônes croùleront, les sociétés se transformeront, les générations disparaîtront, et Celui qui au Sacrement ne fait jamais

entendre sa voix et reste immobile comme s’il était une chose inanimée, continuera à vivre et à rester l’unique principe dé toute vie.

De l’humble réduit, où l’amour l’a comme cloué sur place, Il continuera de gouverner le monde,

Il tiendra dans ses mains enchaînées la destinée ; de tous les hommes, Il restera le centre autour duquel gravitera tout ce qui a vie sur cette terre.

N’occupant qu’un point dans cet immense univers, Il remplira quand même le monde entier de son influence divine, et aucun être ici-bas ne ; pourra échapper à son action toute-puissante.

Etrange « Prisonnier » qui, de sa cellule solitaire, embrasse l’univers et agit impérieusement f sur lui. Muet éloquent dont les enseignements silencieux sont destinés à régir le monde. Mort apparent qui, sans se mouvoir, atteint les extrémités de la terre pour y semer partout la vie.

On dirait que Jésus s’est retiré dans la solitude pour s’y livrer plus à son aise à son œuvre bienfaitrice et vivifiante, et qu’il s’est interdit de quitter sa demeure pour exercer de plus près son influence sur le monde.

O mon Jésus, comme je comprends que Vous j remplissiez l’univers par votre présence eucharistique ! Vous ne seriez pas là, que la terre deviendrait un désert immense où ne rayonnerait plus le soleil et où ne circulerait plus la vie. Si ! jamais Vous quittiez vos Tabernacles, mieux vaudrait mourir que de vivre sans Vous sur cette terre d’exil, où il n’y a de bonheur que parce que l Vous y demeurez.

Les motifs de la Présence eucharistique de ! Jésus ne sont autres que ceux de son Incarnation jet de sa Rédemption. Il y poursuit la même mission qu’il est venu accomplir sur cette terre.

Gomme si sa vie mortelle n’eût pas été suffisante pour glorifier son divin Père, Il continue dans l’Eucharistie à s’offrir à lui en une oblation de louange et d’amour. Les siècles Lui paraissent trop courts, à ce Fils dévoré de zèle pour la gloire de son Père. Avant de s’incarner, Il le glorifiait par cela seul qu’il était la splendeur de sa substance et lui était égal en tout. Mais depuis qu’il s’est revêtu de notre humanité, Il est sous ce rapport inférieur à son Père, et c’est de cette infériorité qu’il se sert pour Le glorifier. 4

Sublime occupation pour un Dieu qui adore un Dieu ! Mystère d’amour qui explique divinement la présence de mon Jésus dans tous les Tabernacles de la terre.

j Jésus n’a glorifié pleinement son Père que par j le salut du genre humain. Le même amour qui L’a poussé au Calvaire, L’a enfermé sous les verrous eucharistiques.

Il a vu les hommes qui se perdaient et II est I accouru à leur secours. Il a compris qu’ils L’auraient vite oublié, et II s’est enchaîné à la porte de leurs demeures. Il les a suivis sur les chemins | épineux de la vie, et II a voulu les accompagner partout. 11 a mesuré la grandeur de leurs maux, et II s’est fait leur consolateur et leur médecin. 11 a compté le nombre des victimes que le péché

fait partout, et II s’est constitué la source de vie qui purifie et vivifie les âmes.

Purifier et pardonner, éclairer et diriger, consoler et fortifier, défendre et protéger, écouter et exaucer, attirer et embraser, sanctifier et sauver : voilà l’occupation constante, de jour et de nuit, de Jésus dans l’Eucharistie. Il a transformé sa (( Prison d’amour » en un nouveau calvaire d’où coule à flots le sang du salut, en un ciel d’où se déverse sur le monde un océan de grâces.

O mon Jésus, je ne puis jeter les yeux sur votre Tabernacle, sans me souvenir de tout ce que Vous m’y avez prodigué de lumières, de joies, de pardons, d’ardeurs, d’énergies et de grâces de tout genre. Je ne puis Vous contempler dans cette solitude séculaire, sans Vous bénir pour l’activité incessante que Vous mettez au service des âmes, .

Ah ! si je suis heureux, si je supporte les peines j de l’exil, si je chemine fidèle vers le ciel, si l’amour | m’entraîne à votre suite, c’est à Vous que je le dois, ô Jésus-Hostie, délices ineffables de mon âme. Puissé-je, à mon tour, Vous rendre heureux et Vous consoler dans votre « Prison d’amour » !

W. E. de la Croix .

Avec permission de l’Ordinaire.

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]M on Prisonnier d’Amour

La fidélité

de mon « Prisonnier d’amour »

ypAEPuis que Jésus est remonté vers son Père et que, par un excès d’incompréhensible amour II a voulu qnand même rester parmi les hommes, Il n’a jamais déserté son poste, Il ne s’est jamais éloigné d’aucune âme, 11 s’est rendu accessible aux pauvres et aux riches, aux petits et aux grands, aux pécheurs et aux justes.

Afin de ne négliger aucune portion de son troupeau, Il a habité les grandes villes et Il a également pénétré jusque dans les plus humbles hameaux.

11 avait promis de ne point quitter la terre,

et 11 a poussé la fidélité à sa parole J >

jusqu’à vivre au milieu des populations les plus indifférentes, parfois hostiles et persécutrices.

Jamais, en aucun lieu et en aucune circonstance, Jésus n’est sorti de Lui-même de la « Prison » où II s’est volontairement enfermé et ne s’est éloigné des ingrats qui Le méprisaient et Le reniaient. On a vu des miracles opérés par Lui pour manifester la réalité de sa présence et de sa vie eucharistiques ; il n’y en a jamais eu pour briser ses chaînes et pour s’enfuir.

O mon fidèle et incomparable « Prisonnier d’amour», qui pourra jamais mesurer l’étendue de votre charité, pour rester ainsi parmi les hommes, lorsque le grand nombre Vous ignore I et Vous méconnaît? Si Vous n’aviez le cœur d’un Dieu, il y a longtemps que Vous auriez déserté notre terre. Oh ! soyez infiniment remercié de nous avoir tant aimé. Quand je pense que l’ingratitude de mes devanciers aurait pu Vous chasser et que je ne Vous aurais point trouvé sur ma route, mon cœur se serre et je me demande ce que je serais devenu. Cette pensée m’excite à Vous entourer davantage et à Vous bénir, en Vous! aimant avec plus d’ardeur.

Lorsque l’heure fut venue pour Jésus d’instituer la sainte Eucharistie et de rendre sa présence) invisible aux yeux des hommes, Il choisit un mode d’existence inconnu jusque-là, de nature à Le multiplier quasi à l’infini et à Le mettre à la portée de toutes les âmes qui accourraient à Lui et voudraient s’en nourrir.

| Mystérieuse invention d’un amour plus mystérieux encore. Il fallait pour cela occuper peu d’espace et pouvoir être facilement transporté d’un lieu à un autre. Et Jésus s’est fait pain ! Il s’est restreint jusqu’à demeurer dans la moindre parcelle de la plus petite Hostie. Il Lui suffit d’un Ciboire pour L’abriter et d’un Tabernacle pour Lui servir de demeure.

Jamais II n’a rien changé à ce qu’il a une fois (établi. Toujours, partout et à tous Jésus laisse un libre accès aux hommes qui Le veulent visiter, Lui causer, Lui tenir compagnie et Le recevoir.

La foi des peuples Lui élèvera des basiliques jsplendides et Lui fabriquera des tabernacles d’or. Lui restera le Dieu caché, le « Prisonnier » en-

I chaîné, le pain de vie qui se fait manger !

O Jésus, que vos tabernacles sont aimables ! IQue votre amour est persévérant ! Que votre condescendance est admirable! Votre miséricorde lest sans nom et votre fidélité défie les siècles.

Avant d’entrer, pour n’en plus sortir, dans l’humble sanctuaire eucharistique où II s’est constitué à jamais prisonnier de son amour, Jésus a fait entendre au monde des paroles de vie que le temps n’a point affaiblies et que les siècles ont consacrées.

« Venez tous à moi et je vous soulagerai » a crié Jésus à toutes les âmes qui peinent et qui soufTrent, à celles qu’écrase le fardeau et qu’abat l’épreuve, à celles qui luttent et qu’entraînent leurs passions, à celles qu’un choix privilégié

appelle à la perfection et qui suivent Jésus de plus près.

Pour pouvoir les soulager toutes, Il demeure nuit et jour au même endroit, Il ouvre à qui le désire les portes de sa « Prison » et II convie à sa | table tous ceux qui ont faim et soif de Lui.

Festin perpétuel pour les intelligences qu’il éclaire, pour les cœurs qu’il console, pour les volontés qu’il affermit, pour les âmes à qui II se révèle et qu’il embrase de son amour.

C’est par millions que les âmes sont venues se jeter à ses pieds, et à toutes II a porté secours.

Les étoiles du firmament, les grains de sable de j la terre, les gouttes d’eau de l’océan, les atomes de l’air ne sont pas plus nombreux que les grâces que ne cesse de prodiguer aux âmes l'immortel et fidèle Jésus du Tabernacle.

O mon bien -aimé « Prisonnier », aux pieds duquel j’ai passé tant d’heures du ciel, que j’ai toujours trouvé bon et compatissant, tendre et miséricordieux, tout-puissant pour me consoler | et me fortifier, tout de feu pour m’embraser, avec Vous je veux demeurer, de Vous je veux vivre, pour Vous je veux mourir.

7*7. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

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jV[ O N j^HISONNIER ü’^MOUR

Les joies

de mon « Prisonnier d’amour »

orsque le Verbe de Dieu s’est fait

r*}4 homme et a emprisonné sa divinité dans la chair, 11 a éprouvé une joie immense de donner cette preuve d’amour à son divin Père. Lorsque, voilant son humanité, Il s’est emprisonné dans l’Hostie, Il s’est réjoui infiniment de pouvoir ainsi prouver à l’humanité, jusqu’à la fin des temps, sa divine charité.

Il n’est descendu du ciel et II ne s’est fait Eucharistie que par l’effet d’un amour qui prend sa source dans l’intime de son essence. Mais en Jésus la charité égale la félicité, et lorsqu’il la manifeste

au dehors, 11 le fait avec le meme bonheur qu’il en jouit en Lui-même.

Que l’Eucharistie m’apparaît lumineuse de charité et éclatante de félicité! C’est Jésus se donnant à l’homme dans des joies ineffables, par cela seul qu’il se donne et que son don est sans retour.

Ah ! je comprends que le Tabernacle contienne toute la joie du ciel, puisqu’il est le ciel de la charité de Jésus sur la terre.

Le divin « Prisonnier » qui y est enfermé daigne trouver ses délices au milieu des enfants des hommes. C’est pour eux qu’il est venu, pour eux qu’il demeure, pour eux qu’il se donne. Sa « Prison » Lui est chère, parce qu’elle Lui permet de vivre dans des excès d’amour perpétuels et de crier à tous ceux qui cheminent dans l’exil, qu’à son exemple il n’y a pas d’autres joies véritables que celles de L’aimer et de se donner à Lui.

Les joies extérieures de Jésus-Eucharistie, faisant écho à ses joies intimes, Lui viennent des âmes qui L’aiment.

C’est un « Prisonnier » qui désire être visité, qui réclame des attentions et des marques d’intérêt, qui supplie de ne point Le délaisser, qui a soif d’affection et de tendresse, et qui n’est jamais plus heureux que lorsqu’il se voit aimé.

Sa « Prison » est devenue le rendez-vous de toutes les joies du ciel et de la terre. Colloques intimes de Jésus avec les âmes, échange divin de son Cœur avec celui de ses privilégiés, communication miséricordieuse de sa propre vie à tous

ceux qui se nourrissent de Lui : tel est l’aliment divin du bonheur que Jésus puise sans cesSe dans les joies ineffables qu’il prodigue aux âmes qui L’aiment et à qui 11 se donne.

Son amour est tellement immense, qu’il ne Lui suffît pas de se donner pour vivre, mais II se | donne comme pour mourir encore. Quoique ne

[mourant plus en fait, Il perd cependant sa vie eucharistique dans l’âme du communiant. Il s’y ensevelit de nouveau, IJ échange sa « Prison » contre un tombeau.

Jésus ne peut aller plus loin, ni dans son amour • ni dans son don. Sa joie est complète, parce que sa charité est satisfaite.

Avec quels sentiments de reconnaissance et de divine ivresse je visiterai et recevrai désormais mon « Prisonnier d’amour», qui n’a pris son existence sacramentelle que pour pouvoir me la livrer et la perdre dans mon âme l

Jésus continue au Très Saint Sacrement à aimer les hommes de la même manière que pendant sa vie mortelle. Sur la terre, son bonheur était de donner, de soulager, de guérir, d’enseigner, de pardonner, de sanctifier et de sauver. De son [Tabernacle 11 poursuit la même mission.

Il aime encore les petits enfants, -et ne se consentant plus de les caresser, Il se donne à eux au jour béni de leur première Communion, heureux de se reposer parmi les lys.

11 vient au-devant de tous ceux qui souffrent et qui appellent au secours, de tous ceux qui doutent

et qui cherchent la vérité, de tous ceux que trouble la tentation et qui se sentent défaillir, de tous ceux qui veulent L’aimer et Lui rester fidèles ; et de sa sombre « Prison » il laisse s’échapper des flots de lumière, de consolation, de force et de vie. Le triomphe des âmes est sa joie et sa récompense.

11 s’approche des mourants et II se fait leur viatique pour le grand voyage du temps à l’éternité, comme pour avoir la joie de les introduire Luimême dans le royaume de l’éternelle félicité.

Il appelle les âmes à Le suivre, 11 se crée des phalanges d’élite dans les cloîtres, et II trouve son bonheur à vivre dans la compagnie de ses vierges et de ses épouses. Vivant sous le même toit. Il resserre les liens de l’amitié, Il établit une vie de famille spirituelle qui ressemble à celle du ciel où II trouve son bonheur avec les élus.

O mon Jésus, divin «Prisonnier» de votre infinie charité, délicieux «Prisonnier» de mon amour, Vous trouvez votre bonheur à m’appartenir et à Vous donner à moi ; je trouverai le mien à Vous aimer et à me livrer à Vous. Soyez mon Tout à jamais, sur la terre et au ciel.

M, E. de la Croix .

Avec permission de l’Ordinaire.

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JVIon Prisonnier d’amour

Les tristesses

de mon « Prisonnier d’amour »

W orsque Jésus était sur cette terre, vivant et conversant avec les hommes, 11 a connu des moments heureux : ce furent ceux où 11 faisait du bien. Son bonheur était de donner, et ce bonheur était sans mesure parce que ses dons étaient sans limites.

Jésus connut aussi les tristesses, car ses prodigalités hélas ! multipliaient les ingrats. Je L’ai vu verser des larmes. Je L’ai entendu sangloter sur le sort futur de Jérusalem. Et malgré son immense amour qui L’avait poussé au Calvaire, je L’ai vu mourir dans une tristesse et un délaissement plus grands que la mort elle-même.

Et malgré ma douleur de Le voir expirer ainsi, je me suis réjoui, me disant que les jours de tristesse étaient finis pour Lui et que l'humanité baignée dans son sang rédempteur allait se convertir.

Hélas î je me suis trompé, et la faute en est à Jésus. II a voulu quand môme rester parmi les hommes et II s’est volontairement exposé à leur indifférence et à leur malice.

Voulant leur donner des preuves plus grandes encore de son amour, Il s’est mêlé à eux, et son voisinage les a gênés. Résolu d’aller jusqu’aux dernières limites de la bonté et de la condescendance, Il s’est réduit presque à l’anéantissement, et ses humiliations les ont offusqués. Désireux d’être secourable au dernier d’entre eux, comme Il était mort pour tous, Il a inventé une présence nouvelle où, immobile et dans les fers, Il s’est relégué dans une étroitre «Prison» dont II a fait sa demeure sur la terre; et cette abdication apparente j de tous ses droits divins et humains a fourni des motifs à leur incrédulité et à leur ingratitude.

Combien qui passent devant les églises où Jésus habite, en branlant la tête et en haussant les J épaules ! Combien qui entrent dans ses temples, il comme pour Le mépriser et Le narguer! Combien qui s’approchent de sa cellule eucharistique j et affectent d’ignorer sa présence! Combien qui passent en revue tout ce qui L’entoure, sans daigner Lui jeter même un regard !

Jésus est le grand méconnu, le grand oublié, le grand délaissé ! Et 11 est Jésus ! Il est le Sauveur

de tous, Il est le Dieu de l’infinie miséricorde, THomme-Dieu passionné pour les pécheurs et les misérables ! De sa « Prison » 11 crie son amour, et les hommes n’entendent pas sa voix. De sa « Prison » Il appelle les foules, et les foules détournent la tête, pour courir à leurs affaires et à leurs plaisirs.

| N’y aurait-il pas de quoi remplir de tristesse [tous les Tabernacles du monde et faire verser des larmes de sang à ce divin «Prisonnier» presque [aussi délaissé que sur la croix du Calvaire !

I Au pied de la croix il y avait sa Mère et quelques âmes fidèles, mais ses autres disciples ! s’étaient enfuis. La même scène se reproduit tous les jours autour du Tabernacle.

Tous ceux qui connaissent Jésus et croient à sa I présence eucharistique, devraient L’entourer avec un amour ardent et une assiduité constante. Et Jésus est forcé de constater qu’on Lui marchande souvent les minutes que l’on passe à ses pieds. Il en appelle qui ne viennent jamais. Il en remarque qui s’approchent distraits et dissipés. Il en voit* [qui s’avancent avec indifférence, qui s’agenouillent avec nonchalance, qui prient avec ennui et qui js’en retournent sans avoir trouvé à Lui dire un mot du cœur.

Parfois ce sont des amis qui Le traitent ainsi ; ce sont des âmes qu’il a comblées de ses faveurs ; ce sont des âmes consacrées qui, par vocation, ne doivent plus vivre que pour Lui ; ce sont des âmes sacerdotales qui le matin L’ont immolé au saint Autel et ne Le revoient plus le reste du jour.

La souffrance de l’amour méconnu est si grande! Ah! combien de Tabernacles devraient être couverts de crêpe, à la vue de tant d’âmes qui méconnaissent et oublient Celui qui s’y est enfermé pour leur amour !

Jésus-Eucharistie cherche une compensation à tant de tristesse, dans les colloques intimes qu’il tient avec certaines âmes dont la foi vive leur révèle, en l’Hostie, un Jésus qui vit quoique dans un état apparent de mort, un Jésus qui aime infiniment et qui veut être aimé passionnément.

Malheureusement le nombre de ces âmes est petit ; elles sont perdues dans la masse de celles qui croient faiblement, qui prient des lèvres sans le faire de cœur, et qui pratiquement traitent Jésus au Très Saint Sacrement comme quelque chose plutôt que comme quelqu’un.

O mon « Prisonnier d’amour », comme Vous avez raison d’être triste, et comme je voudrais, par mon amour et ma fidélité, remplir de joie tous vos Tabernacles. Je Vous offre mon cœur, pour Vous y combler de tendresse et de consolation.

’M. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

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liaison du JBon-l*asteur, 2 2 8, Itd Fèreire, i*aris

J ÉSOS - EUCHARISTIE

JVIon Prisonnier d’ Amour

L’universalité de la Présence de mon «Prisonnier d’amour»

instituant l’Eucharistie, au soir de la Cène, Jésus avait devant les yeux le inonde entier et toutes les générations qui devaient se succéder jusqu’à la fin des temps. Le Cénacle contenait déjà toutes les églises de l’univers.

A ses pieds II voyait tous les hommes, et Il leur ouvrait son Cœur. Embrassant dans un même amour de miséricorde les justes et les pécheurs, Il les conviait à la Table eucharistique et leur offrait en aliment sa chair sacrée et son sang rédempteur.

Jésus avait entrevu un Sacrement qui

et II le réalisa. Il avait promis de rester dans l’humanité, et II tint parole. Il avait annoncé qu’il se donnerait en nourriture, et II imagina un mode de présence et d’aliment qui permît facilement à tous de se nourrir de Lui.

Pour cela, il fallait qu’il rendit sa présence universelle, afin que les hommes puissent Le trouver partout et s’approcher librement de Lui. Et II a constellé la terre d’Hosties, comme le firmament d’étoiles. Il s’est élevé partout des temples et II a dressé dans les airs des multitudes de clochers qui indiquent au loin le lieu de sa demeure.

Il s’est réservé, dans ces sanctuaires où II convie les foules, un tout petit espace qui ne gêne personne, souvent d’à peine cinquante à soixante centimètres carrés, mais qui est le point central de; l’enceinte sacrée. Il se contente, pour y séjourner le jour et la nuit, d’un humble abri en bois ou en pierre ; matériaux que les hommes ont partout à leur portée. Il choisit, pour pouvoir se faire manger, le froment dont la terre est prodigue et qui est la nourriture la plus ordinaire comme la plus universelle.

Oh ! comme II a tout prévu, mon divin « Pri sonnier » ! S’il s’est enfermé, c’est qu’il savai ; avec quelle facilité on pourrait Le trouver. S’I s’est engagé à ne point quitter les hommes, c’es qu’il avait résolu de parcourir le monde et d(j

planter sa tente partout où il y aurait des malheureux à secourir, des cœurs à consoler, des âmes à sauver.

SMI s’est enchaîné sur place, c’est qu’il condescendait par un excès d’incompréhensible amour, à laisser aux hommes la liberté de disposer de Lui. SMI s’est réduit à un apparent morceau de pain, c’est qu’il voulait, par la manducation eucharistique, nourrir les âmes de vie et d’immortalité.

A jfe

Partout où je dirige mes pas, de tous les côtés où je tourne mes regards, sous tous les deux où s’envole ma pensée, j’aperçois Jésus immobile dans sa prison silencieuse, adorant son divin Père, aimant les hommes, les attirant, les bénissant, leur pardonnant, les secourant, les sanctifiant et les sauvant.

Depuis la grande basilique qui s’élève majestueuse dans les airs, jusqu’à la hutte du sauvage où Jésus vient se reposer, je Le vois toujours le môme, ne changeant rien à ses habitudes, conservant l’attitude d’un « Prisonnier » que l’on a enfermé là et qui y reste.

Je Le contemple dans l’Ostensoir, exposé solennellement à la vénération des fidèles ; je Le vois sur la poitrine du Prêtre qui L’apporte aux mourants ; je Le suis sur la route du missionnaire qui s’en va Le porter jusqu’aux extrémités de la terre.

Je pénètre dans les cloîtres, et je L’adore avec les vierges qui forment sa cour. J’assiste à son

Sacrifice partout où s’élève un autel. Je Le vois rayonner dans les âmes sacerdotales qui portent en elles la puissance de Le faire descendre du ciel et de Le redonner au monde.

Les Prêtres sont les saints geôliers qui ont mission de Le garder. Et comme II a établi sa prison sur tous les points du globe, Il a multiplié ses Prêtres à qui II a donné le pouvoir de Lui forger des chaînes et de Le maintenir sur la terre à la disposition des âmes.

O sublimité de l’amour d’un Dieu ! O ineffable tendresse d’un Cœur que consume la charité ! j O condescendance inexprimable d’une miséricorde infinie ! O folie d’amour qu’une ivresse divine pousse à des excès stupéfiants de charité !

O « Prisonnier » de feu qui allumez dans mon cœur un brasier incandescent d’amour éternel ! C’est Vous que j’adore, abîmé dans ma poussière ! C’est Vous que j’aime uniquement et sans mesure ! C’est près de votre « Prison d’amour » que je veux vivre, et dans votre Cœur que je veux mourir !

M. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

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]M o n Prisonnier d’amour

L’emprisonnement à vie de mon « Prisonnier d’amour »

^j'Ésus a pris une vie mortelle pour ne la ^ mener que pendant trente-trois ans.

Il a gravi le Calvaire et II s’est laissé suspendre au bois de la Croix, le temps voulu pour permettre à la mort de L’envahir et de Lui arracher son dernier soupir dans un dernier acte d’amour.

L’Eucharistie L’immortalise sur la terre. Ni le temps ne Lui imposera des limites qu’il ne devra pas dépasser ; ni la mort ne Lui ravira l’existence sacramentelle qu’il y a prise pour ne la quitter qu’à la fin des temps. Sa vie sur la terre, sa mort sur le Calvaire ont pris fin, parce que devant s’immoler

et retourner à son Père, Il ne pouvait toujours vivre. Maintenant que sa mission est accomplie, que son Sacrifice a été offert, que la justice de son Père a été apaisée et que l’humanité a été sauvée, il n’a plus besoin ni de vivre d’une vie mortelle pour mériter, ni de souffrir pour expier, ni de mourir pour racheter. Ses mérites infinis sont acquis pour toujours, le fruit de sa mort demeure éternellement. Si donc II revit parmi les hommes, c’est pour y vivre toujours ; c’est pour leur appliquer sans fin les mérites de sa passion et de sa mort.

Uue Eucharistie d’un jour n’eût aucunement répondu aux desseins de Jésus qui a voulu perpétuer dans l’humanité le souvenir de sa mort. Un Sacrifice eucharistique qui n’aurait été offert que passagèrement n’aurait pas maintenu dans le monde l’application constante et universelle de l’immolation sanglante du Calvaire. Une présence sacramentelle limitée aux temps et aux lieux n’aurait suffi ni à l’amour de Jésus pour nous, ni aux besoins que nous avons de Lui.

Les tendresses infinies de Jésus pour l’humanité réclamaient sa présence perpétuelle parmi les hommes, et elles ont su inventer cette merveille des merveilles : un Dieu qui se fait pain, un Homme-Dieu qui devient nourriture, le Roi immortel des siècles qui se constitue « Prisonnier » au milieu des créatures qu’il a sauvées.

Jésus seul pouvait imaginer un semblable excès (l’amour. Jésus seul pouvait le réduire en acte. Personne ne Lui a rien imposé. S’il est « Prison-

Hier», 11 ne l’est que de son amour. Mais comme son amour est sans limites, son emprisonnement Test aussi. Jésus ne cessera de demeurer dans l'Eucharistie que quand son amour aura pris fin.

Tant qu’il y aura sur la terre un pécheur à convertir, un juste à sanctifier, un esprit à éclairer, un cœur à embraser, une volonté à affermir, une àme à sauver, Jésus ne désertera jamais son poste d’amour. Les anges emporteront au ciel la dernière Hostie, quand la voûte des deux s’écroulera jet que la terre disparaîtra.

Oh ! que mon bonheur est grand à la pensée jque Jésus-Eucharistie m’accompagnera jusqu’à la lin de mon pèlerinage sur cette terre, que mon jexil ne cessera point d’être éclairé parle Soleil de Jlustice, que mon cœur trouvera toujours un foyer de charité divine pour alimenter son amour !

Je pourrai parcourir le monde et vivre jusque dans un âge très avancé, jamais et nulle part je ne (rencontrerai de Tabernacles vides de leur divin itrésor, jamaisle tendre «Prisonnier» qui s’y est enl| fermé ne reviendra sur son dessein et ne s’éloignera de cette humble demeure dont son infinie (charité s’est fait un ciel.

J’en ai l’assurance et dans la promesse de Jésus, dont la parole est vérité, et dans l’admirable moyen qu’il a pris pour se multiplier dans le monde et : se conserver aux dernières générations de la terre. Jésus ne peut plus enlever à ses Prêtres le pouvoir qu’il leur a donné. 11 s’est enchaîné à leur caractère sacré et II est devenu le prisonnier de leur puissance sacerdotale tout autant que de son amour.

Partout où il y aura un Prêtre pour Lui commander, Jésus lui obéira fidèlement. Partout où les hommes Lui offriront un sanctuaire, Jésus viendra prendre sa place au Tabernacle. Partout où les âmes réclameront sa présence, Jésus descendra du ciel de sa gloire pour se faire le « Prisonnier » solitaire que jamais on ne visite sans être consolé, que jamais on n’invoque sans être exaucé, que jamais on ne reçoit sans être fortifié, que jamais on n’aime sans être davantage embrasé.

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O Jésus, mon unique amour, Vous dont mon âme est altérée, Vous sans lequel je ne pourrais vivre, Vous qui m’apprenez à souffrir et qui m’aiderez à mourir, Vous qui m’assurez toutes les vie- j toires et qui m’appelez à Vous ressembler, je veux faire de votre Eucharistie la passion de ma vie.

Mon bonheur sera de vivre à vos pieds. Oh ! non, Vous ne serez pas le seul « Prisonnier»; je le serai avec Vous. J’enchaîne mon cœur au vôtre; cachez-le à jamais dans votre a Prison d’amour » et transformez-le en un cœur de feu pour n’aimer que Vous sur la terre et Vous aimer sans fin dans les cieux.

%T. E. de la Croix.

Avec permission de l'Ordinaire.

Tous droits de traduction et de reproduction réserves.

Prix du présent feuillet :

La douzaine, $0.15 — Le cent, $0.90 — Le mille, $7.75 24 sujets parus en 2 pochettes.

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M on Prisonnier d’amour

Les divins appels de mon « Prisonnier d’amour »

,®l y a des siècles que Jésus demeure dans ses Tabernacles ; et, depuis le premier jour où II s’y est enfermé, Il n’a cessé d’y accomplir la même mission de miséricorde et d’amour, de remplir le même apostolat rédempteur, d’accourir au secours de toutes les misères, de prodiguer ses grâces et ses bienfaits, d’appeler les foules à ses pieds 'pour les bénir et les combler.

Il y aura bientôt deux mille ans qu’il reste au poste où L’a cloué son amour ; qu’il s’v tient fixe et immobile pour qu’on puisse

Le trouver toujours: qu’il crie au ,

monde, tant par la perpétuité « <$\

que par l’universalité de sa présence, qu’il est jj l'unique Seigneur et Maître, la Lumière incréée j qui éclaire tout homme venant en ce monde, la Vérité immuable, la Voie indispensable qui conduit au ciel, la Vie indéfectible, le Bonheur suprême de la terre et du ciel.

Avec quel amour Jésus nous dit tout cela î Avec quelle instance II nous montre son Tabernacle erj la vie humiliée qu’il y mène par pure bonté pour j nous ! Et nous n'irions pas à Lui, nous qui ne sommes faits que pour Lui î Nous n’entendrions pas ses appels, nous qui ne pouvons nous passer de Lui ! Nous ne répondrions pas à son amour, ij nous à qui II ne cesse de demander notre cœur !

Nous Le laisserions seul, nous pour qui II est j descendu du ciel, nous qu’il attend depuis des I siècles et qui sommes destinés à vivre dans son jéternelle compagnie î

‘ Oh ! comme ils sont plaintifs les appels de mon j <( Prisonnier d’amour » ! A leur accent, je pressens la tristesse qui remplit son âme.

Sa solitude est immense, et le monde semble l’oublier. Sa détresse est extrême, et les hommes j affectent de l’ignorer. Son isolement est quasi universel, et les générations passent devant Lui | insouciantes et indifférentes.

Il voudrait voir les foules à ses pieds et II J compte le petit nombre de ceux qui veulent bien |l Le reconnaître et Le visiter.

Il fait entendre sa voix aux quatre coins du monde ; et II envoie ses Prêtres partout crier aux i humains qu’il est là et les attend.

Hélas ! Il a beau élever bien haut la flèche de ses clochers qui indiquent où II demeure ; Il a beau faire résonner dans les airs la pieuse mélodie des cloches qui invitent à la prière et qui sont comme la voix plaintive de son isolement incompris ; 11 a beau agrandir ses immenses basiliques pour y abriter de plus nombreux visiteurs, planter sa tente dans les hameaux les plus humbles, comme pour partager la vie des petits et des pauvres ; 11 a beau dresser devant ses Tabernacles la table du divin banquet et y tenir constamment servi le mets savoureux et céleste dont les âmes doivent se nourrir pour posséder la vie éternelle : rien n’y fait !

Peu L’écoutent et moins encore Le comprennent. Quelques-uns L’entourent, mais la masse court à ses plaisirs. Et pendant que les hommes s’amusent et s’aveuglent, Lui, le grand et immortel «Prisonnier», Il parle dans le désert; sa tristesse ne touche point les cœurs et 11 est quasi le seul à pleurer en silence sur l’abandon incompréhensible dans lequel Le laissent les hommes. a a a

Comme ils sont miséricordieux les appels de mon « Prisonnier d’amour » î

S’il est là, c’est pour nous et non pour Lui. 11 voit nos misères et II nous supplie de Le laisser les soulager. 11 sent le fardeau qui pèse sur nos (‘pailles et II accourt pour nous aider à le porter. Il connaît jusqu'à la moindre de nos infidélités, et 11 nous invite à venir nous jeter à ses pieds pour être pardonnés et fortifiés.

11 s’est fait « Prisonnier » pour demeurer à côté •les misérables et comme pour n’avoir plus rien

autre chose à faire que de s’occuper d’eux. Il passe sa vie eucharistique à les attirer et à essayer de toucher leur coeur.

Qui donc ne serait pas ému jusqu’au fond de famé de tant d’amour miséricordieux ?

Gomme ils sont tendres les appels de mon « Prisonnier d’amour », pour ceux qui veulent vraiment L’aimer! Il considère ces âmes de choix; Il entend leurs soupirs et II est ravi de les voir Le préférer à tout. Voulant faire l’union plus intime avec elles, Il les attire impérieusement à Lui.

Sa « Prison d’amour » est tout indiquée pour leur divine rencontre. Le silence qui y règne favorise leurs colloques, l’amour qui y brûle fait l’union plus intime.

La voix de Jésus prend alors des accents d’une tendresse infinie pour attirer ses privilégiés et les introduire dans le sanctuaire de son Cœur. C’est avec eux qu’il se console de l’ingratitude du reste des hommes.

O Jésus ! mon ineffable Jésus, je veux être de ceux-là. Vous m’appelez, j’accours et je m’enferme pour toujours dans votre « Prison d’amour» !

7&7. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

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Mon Prisonnier d’pour

O vo

Les enseignements de mon « Prisonnier d’amour »

t a vie mortelle de Jésus, comme sa mort, tir est pleine d’enseignements. 11 n’y a k . qu’à Le voir, pour se sentir attiré vers Lui. Il n’y a qu’à L’entendre, pour comprendre qu’il parle un langage divin. Il n’y a qu’à Le suivre semant partout les bienfaits et les miracles, pour savoir qu’il possède une puissance surhumaine. 11 n’y a qu’à être témoin de sa compassion envers les malheureux et f de sa pitié envers les pécheurs, pour être touché de sa miséricorde et de son amour. Il n’y a qu’à L’entendre parler de son Père pour connaître la tendresse qu’il lui porte et être persuadé qu’il ne vit que pour lui.

Mais ces enseignements divins n’ont pas disparu j avec Jésus. Son Eucharistie est là qui continue à me Le garder et à m’enseigner plus éloquemment encore.

Jésus descend du ciel pour s’offrir en victime;

Il y remonte après avoir accompli son grand Sacrifice. Toute sa vie a été une offrande, couronnée par l’immolation suprême.

Cette oblation et ce sacrifice de tout Lui-même, à la gloire de son Père et pour le salut du monde, sont tellement essentiels à son Incarnation que I Jésus en conservera éternellement le caractère. Il i reste, dans la gloire comme dans l’Eucharistie, l’Agneau toujours immolé, adorant son divin Père dans l’humilité de sa nature humain# et lui rendant au nom de l'humanité tous les hommages j auxquels il a droit.

Voilà la grande et sublime occupation de mon divin «Prisonnier». Voilà l’enseignement d’adoration et d’amour que me prêche sa présence! perpétuelle parmi les hommes.

O mon adorable Jésus, je Vous entends et veux Vous écouter; je Vous comprends et veux Vous aimer; je Vous adore et veux Vous tenir compa- j j gnie ; je me livre à Vous et veux Vous rester uni. !

Le Tabernacle me rappelle Bethléem, Nazareth et ! le Calvaire. Quand, dans sa crèche, Jésus souriait I à sa Mère et tendait ses petits bras aux bergers I et aux Mages pour les bénir, Il manifestait déjà la bonté et la tendresse de son Cœur. De sa « Prison » ja

| eucharistique, où 11 ne peut pas se mouvoir, U sourit et bénit encore. Y eut-il jamais un prisonnier plus attrayant et plus rempli de charmes !

O mon Jésus, tout ce que Vous me disiez dans votre crèche, sans pourtant me parler, Vous me le répétez de votre Tabernacle; et je comprends votre immense amour, à l’impuissance plus qu’enl'antine à laquelle Vous Vous êtes réduit. Avec Vous je me ferai petit et j’essaierai, par mon amour et ma fidélité, de Vous faire sourire encore.

Plus tard, Nazareth devint le théâtre de sa vie de prière et de travail. Oh ! comme 11 était beau et captivant cet enfant grandissant, cet adolescent rayonnant la pureté et la sainteté, ce lys fruit de la virginité de Marie, ce Fils des divines et éternelles complaisances ! Je retrouve tous ses attraits et toutes ses vertus dans l’étroit réduit où 11 a enfermé avec Lui toutes les richesses du Paradis.

Sa « Prison » est un autre Nazareth où 11 vit dans un recueillement plus profond encore, où ses colloques avec son divin Père ne sont jamais interrompus, où dans l’espace d’un moment 11 procure plus de gloire à Dieu que tous les élus ne le pourront faire dans les siècles des siècles.

O mon Jésus, je ne puis me lasser de Vous contempler dans cette vie solitaire et si divinement féconde que Vous menez au Tabernacle. Vous me faites revivre vos trente années de vie cachée et Vous y ajoutez les vingt siècles de votre vie de « Prisonnier». Ah ! comment ne pas Vous aimer et ne pas Vous imiter !

Jésus devait terminer sa vie sur un gibet. Quand il s’est agi de naître, Il s’est caché ; quand il a fallu mourir, 11 est monté sur la Croix et 11 s’est montré à l’univers. C’est du sommet du Golgotha qu’il a laissé couler les flots de son sang rédempteur pour en inonder le monde.

Ce Jésus qui meurt comme un criminel, je Le retrouve le même au Tabernacle où II vit en « Prisonnier». Sur la croix, c’est l’amour qui Le fait mourir ; ici, c’est l’amour qui Le fait vivre. Son Sacrifice sanglant ne dure que quelques heures ; son emprisonnement eucharistique durera jusqu'à la fin du monde. En mourant, Il prie pour ses bourreaux et II donne sa vie pour ceux qui la Lui enlèvent; c’est le même cri de miséricorde qui se fait entendre de tous les Tabernacles du monde, où la vie immolée du divin « Prisonnier » reste la rançon de tous les péchés des hommes !

O Jésus, victime d’amour, je viens m’abreuver à la source divine de votre sang rédempteur. A mon tour je veux m’immoler pour Vous, en unissant mes immolations à celles que Vous perpétuez dans votre « Prison d’amour ».

7*1. E. de la Croix ,

Avec permission de l’Ordinaire.

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JVIon Prisonnier d'amour

La suavité des rapports avec mon « Prisonnier d’amour »

S^ésus-Eucharistie s’est fait le compagnon de route de toutes les âmes qui che- ' minent dans l’exil vers la Patrie. 11 ne peut davantage se rapprocher d’elles, rendre son accès plus facile, leur garantir une présence plus constante, leur faire des appels plus pressants et un accueil plus bienveillant.

Il est là et II y restera. Le jour et la nuit Il donne audience ; et personne ne Le quitte sans avoir reçu de ces visites un accroissement de grâces et des preuves nouvelles de son inlassable amour. Etonnant «Prisonniers qui donne plus qu’il ne reçoit, qui console plus qu’il n’est consolé,

qui fait jaillir des flots de lumière de son obscure « Prison », qui fait goûter des joies indicibles dans sa compagnie, qui ravit les coeurs par j ses charmes incomparables, qui répand à pleines mains les bienfaits dont II possède la source et qui, malgré son apparente impuissance, conduit les âmes de victoire en victoire et s'en fait des compagnes éternelles dans la béatitude.

Oh ! comme ils sont doux mes rapports avec mon « Prisonnier d'amour » ! Jamais je n’y ai éprouvé d'amertume, et jamais je n'ai regretté de m'être adressé à Lui.

Quand on s'approche d'une prison, on éprouve habituellement un serrement de coeur. Ici, au contraire, on s'avance avec un esprit serein et un coeur dilaté. En voyant notre divin « Prisonnier » nous tendre les bras, nous âppeler avec tendresse, . s'épanouir à notre approche, nous inviter à demeurer longtemps avec Lui et nous entretenir dans un coeur à coeur dont la douceur dépasse toutes les joies de la terre ; comment n'être pas j heureux, comment ne pas savourer les délices de ces entretiens divins ?

Comme ils sont consolants et fortifiants mes rapports avec mon « Prisonnier d'amour» ! C’est Lui, semble-t-il, qui aurait besoin d’être réconforté pour demeurer aussi longtemps renfermé et garotté dans son étroite cellule. Mais non, son emprisonnement est volontaire ; Il l'a choisi et Il l’aime. Les rôles sont changés, et ce sont ses

visiteurs qu’il soulage, console, soutient et fortifie. Combien de larmes se sont séchées dans les yeux, auprès du Tabernacle ! Combien de fardeaux trop lourds à porter y ont été allégés ! Combien de blessures jugées incurables y ont été cicatrisées ! Combien de courages abattus y ont été relevés ! Combien de cœurs endeuillés y ont été consolés! Combien d’âmes malades y ont été pour toujours ranimées et guéries !

Comme ils sont lumineux mes rapports avec mon « Prisonnier d’amour » ! L’obscurité de sa « Prison » brille plus que l’éclat du soleil ; car II est la lumière qui éclaire les ténèbres. C’est Lui qui sème le firmament d’étoiles et qui jette à flots la lumière de la vérité dans les intelligences, qui dissipe les doutes, confond les erreurs, enseigne î la science du salut, prévient des dangers, indique ï le devoir et fournit les moyens de l’accomplir.

Quelles leçons Jésus m’a données, dans les heures que j’ai passées à ses pieds ! Quelle révéj! lation de Lui-même II m’a faite, et avec quel amour! Quelle connaissance de moi- môme, de ma faiblesse et de ma misère II m’a enseignée ! Quelle lumière II a jetée dans mon âme sur la vanité des choses terrestres, et quelle sainte ar- | (leur II y a déposée pour les choses du ciel ! O phare lumineux qui nous éclairez dans l’exil, eonduisez-nous jusqu’à l’éternelle Patrie!

Comme ils sont pacifiants mes rapports avec mon « Prisonnier d’amour» ! Le recueillement et le calme régnent autour de Lui. Le Tabernacle où

Il se cache est un asile de sérénité et de paix. Il suffit de s’approcher de Jésus pour être aussitôt pacifié. Les esprits agités y sont calmés, les cœurs tourmentés y sont réconfortés, les consciences troublées y sont ramenées au devoir et à la vérité.

Combien de fois n’ai-je pas retrouvé à ses pieds le calme perdu ; n’ai-je pas goûté une paix du ciel, une paix que le monde ne peut donner et dont Jésus seul possède le secret ! O « Prisonnier » pacifique, donnez la paix au monde !

Gomme ils sont suaves mes rapports avec mon « Prisonnier d’amour » ! Suavités toutes célestes que je ne puis puiser que dans le cœur d’un Dieu. Comme elles sont pâles les joies et les douceurs de la terre, à côté des suavités et des délices que me tient en réserve l’ineffable Jésus du Sacrement !

O Prison de délices qu’habite Celui qui est toute fineffabilité des deux, vous serez ma demeure à jamais ! O mystérieux triomphateur des tabernacles éternels, qui Vous êtes fait « Prisonnier » dans les Tabernacles de l’exil, Vous serez la passion de mon âme ! A Vous seul j’appartiens. Avec Vous je veux vivre. Pour Vous je veux mourir.

75*7. E. de la Croix..

Avec permission de l'Ordinaire.

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.liaison du B«n*Pasteur, S * 8, Bd Péreire, I*aris

]VI o n Prisonnier d’amour

Les tendresses

de mon « Prisonnier d'amour »

^ésus est la manifestation vivante de l’éternelle charité qui brûle dans le cœur de Dieu. Tant qu’une âme ne connaît pas Jésus, elle ne peut avoir une véritable notion de l’amour divin. Tant qu’elle ne L’a pas considéré dans sa vie mortelle et dans ses mystères, elle ne peut comprendre l’excès d’amour qui L’a poussé à s’incarner et à se faire le Sauveur du genre humain.

Tant qu’elle ne L’a pas contemplé dans les suprêmes abaissements de l’Eucharistie, elle ne peut se faire une idée exacte de ce miséricordieux amour qui L’a porté à demeurer parmi les hommes

jusqu’à la fin des temps et à se faire non seulement leur compagnon mais encore leur aliment divin, dans la voie parfois longue et épineuse qui ; conduit de l’exil à la Patrie.

Considérer et étudier Jésus, c’est un devoir. Le connaître et Le comprendre, c’est une grâce. Se sentir attiré vers l’Eucharistie, mettre son bonheur à se trouver à ses pieds, éprouver le besoin de s’en nourrir, s’animer de zèle pour son culte extérieur et chercher à Lui gagner des âmes : c’est une des plus grandes douceurs de la vie.

Mais pénétrer dans le Cœur de Jésus, établir sa demeure dans sa «Prison d’amour», y vivre et s’y consumer d’amour, soupirer sans cesse après; une union de plus en plus intime avec ce mystérieux «Prisonnier», dont les charmes sont irrésistibles et dont les tendresses sont un avant-goût des délices du Paradis : c’est la grâce des grâces, c’est une grâce de vie qui contient en germe la sainteté sur la terre et une gloire immense dans le ciel.

Oh ! qui dira tout ce que contient de douceur et de suavité ce commerce intime d’une âme avec le Jésus caché et tendre de l’Eucharistie !

Sur la terre, les joies se fanent dans les mains de ceux qui veulent les saisir; près du Tabernacle,; plus on en cueille et plus elles conservent leur fraîcheur et leur parfum.

Les créatures ne savent nous donner que d’éphémères consolations, fragiles comme les affections; qui nous sourient un moment pour ensuite nous ;

faire pleurer ; mais quand une fois on s’est approché de Jésus, on veut y revenir et on ne se | lasse jamais de Lui redire son amour et de L’entendre nous répéter qu’il nous aime, comme II aime ses élus du ciel ; qu’il nous aime, parce qu’il veut nous aimer ; qu’il nous aime et nous aimera ^ toujours, parce qu’il nous aime passionnément et qu’il veut faire de nous les trophées de sa miséricordieuse tendresse.

Jésus a fait de ses Tabernacles comme des arsenaux de bontés et de tendresses. Son amour y invente constamment des moyens nouveaux de nous aimer. Sa vie de nuit et de jour se passe à penser à nous et à nous attirer à Lui.

Avec quelle charité II nous poursuit! Avec quelle patience 11 nous attend ! Avec quelle bonté II nous -reçoit! Avec quelle condescendance 11 nous relève ! Avec quelle miséricorde 11 nous pardonne ! Avec quelle douceur II nous contemple à ses pieds ! Avec quelle insistance 11 nous invite à monter jusqu’à son Cœur ! Avec quelle ineffable tendresse 11 nous y tient cachés et nous y fait goûter dés suavités toutes divines !

O solitaire Jésus, qui employez votre solitude à penser à moi, je ne veux plus trouver de bonheur qu’à penser à Vous.

O silencieux Jésus, qui semblez ne rechercher le silence que pour faire l’union plus intime avec moi, je ferai taire dans mon âme tous les bruits du monde, pour ne plus m’occuper que de Vous.

0 fidèle Jésus, qui ne Vous éloignez jamais et que je rencontre partout cheminant à mes côtés, j’accourrai vers Vous pour ne pas Vous laisser seul , et pour ne rien perdre des grâces de votre inestimable présence.

O aimant Jésus, qui remplissez vos Tabernacles de grâces et de bénédictions sans nombre pour les répandre à flots sur le monde, je me laisserai inonder de vos bienfaits et je Vous en prouverai mon éternelle reconnaissance par ma fidélité et mon amour.

O tendre Jésus, dont la tendresse pour moi ressemble tant à celle que Vous portez à votre divin Père, puisque Vous ne voulez faire quTm avec moi comme Vous ne faites qu’un avec lui, mon cœur, mon âme, ma vie sont à Vous ; c'est Vous seul que je veux aimer, pour Vous seul que je veux vivre et mourir.

O ineffable « Prisonnier » de l’Eucharistie dont la présence m’est un paradis, dont l’amour m’est un feu dévorant, dont la communion m’est une divine ivresse et dont l’éternelle possession sera ma félicité dans les siècles des siècles, soyez-moi tout à la vie et à la mort, sur la terre et au ciel.

1*1. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

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]Mon Prisonnier o'/tMOUR

I^es influences à distance de mon « Prisonnier d’amour »

tSpésus esl un centre divin d’où tout découle et où tout converge. 11 règne au ciel au k milieu des anges et des saints, qui se prosternent devant Lui et Le louent sans fin. Il occupe dans l’humanité la place prépondérante que ni l’ignorance ni la malice des hommes ne pourront jamais Lui ravir.

Jésus est au sommet de toutes choses. Il est la cime la plus élevée de toutes les beautés - et grandeurs créées, 11 touche l’Eternel. Il est à Lui seul toute l’histoire du monde, et c’est autour de sa Personne adorable que gravite l’humanité. Son influence n’a pas plus de bornes que sa puissance et son amour.

Attendu pendant quatre mille ans, Il a été l’objet des suprêmes espérances et des soupirs de l’humanité coupable. Depuis qu’il s’est fait notre Sauveur, la Croix du Calvaire domine le monde et c’est à ses pieds que les générations viennent pleurer et se purifier.

Jésus est et demeure Celui par qui tout a été fait, par qui nous avons été rachetés et par qui nous serons éternellement glorifiés. Que les hommes le veuillent ou non, ils ne peuvent ni naître, ni vivre, ni mourir, ni être sauvés sans Lui.

Et ce Jésus, qui crée les mondes et soutient dans l’espace la voûte des cieux; ce Jésus, qui tient l’immensité dans ses mains et dont le regard embrasse tout l'univers; ce Jésus, qui puise la vie au sein de l'Eternel et la dispense à qui il Lui plaît ; ce Jésus, qui a reçu les nations en héritage et qui seul peut les conduire à leurs destinées éternelles : Il est là, tout près de moi, dans l’Hostie que j’adore et que j’aime, dans l’Hostie dont je me nourris et qui me donne le ciel.

Il s’est fait petit, mais 11 reste la grandeur et la majesté. Il s’est dépouillé de l’éclat de sa royauté, mais ses abaissements ne font que Le rendre plus beau à mes yeux. Il s’est condamné à un silence perpétuel, mais de tous les Tabernacles du monde s’élève une voix plus puissante que tous les langages humains, la voix de son Cœur qui me crie son éternel amour.

Il ne meurt plus comme autrefois sur le Calvaire, et cependant son Sang coule à flots, sans inter-

ruption, sur des milliers d’autels et s’en va purifier au loin les pécheurs les plus endurcis.

On ne Le voit plus s’approcher des malades pour les guérir et des malheureux pour les consoler ; et cependant c’est vers Lui que l’humanité tend des bras suppliants, que toutes les misères s’acheminent et que de tous les points du monde les regards se tournent empressés et confiants.

De sa « Prison d’amour » Jésus enveloppe l’humanité dans un embrassement divin, dont l’étreinte résiste aux siècles. Personne ne Lui échappe ; les pécheurs comme les justes sont la proie de son amour.

A tous 11 indique la voie et II chemine à leurs côtés. 11 n’y a point de ténèbres qu’il n’illumine, de doute qu’il ne dissipe, d’amertume qu’il n’adoucisse, d’agitation qu’il ne calme, de douleur qu’il ne console, de faiblesse qu’il ne fortifie, de courage qu’il ne relève, d’abîme dont II ne retire, de fidélité qu’il n’affermisse, de soupir qu’il n’entende, de prière qu’il n’exauce.

Pour cela, pas n’est besoin de grandes réflexions et de longues prières ; un regard vers le Tabernacle, un souvenir de sa communion du matin, un désir de revenir à ses pieds, un court colloque à distance, un élan de l’âme vers cet amoureux « Prisonnier » qui ne nous perd pas de vue un seul instant, un sentiment de joie à la pensée qu’il est là et qu’il nous aime, une ardeur nouvelle pour L’aimer à notre tour, un seul mot pour Lui dire qu’on L’aime, son nom prononcé

avec amour, une offrande de tout soi-même à cet ineffable Jésus qui ne se lasse jamais de nous supplier d’être à Lui comme II est à nous : c’en est assez pour Le ravir, en obtenir toutes les grâces et nous unir étroitement à Lui.

O Jésus, mon amour, vos tendresses m’émeuvent ! Lorsque je pense à votre présence eucharistique, lorsque je me vois entouré de Tabernacles et que je considère tous les rayons lumineux qui s’en échappent, toutes les pieuses inspirations, tous les attraits puissants, tous les charmes vainqueurs, toutes les délices ineffables dont Vous Vous faites des armes pour me détacher du monde et des créatures, me ravir à moi-même et me gagner irrévocablement à votre amour ; ah ! je ne puis résister davantage et je veux, coûte que coûte, n’être qu’à Vous seul.

Me voici, ô mon trop aimant « Prisonnier d’amour » ! Je ne veux plus jamais me soustraire à votre divine influence. Soyez le Maître absolu dans mon âme. Je me livre à Vous et je me baigne dans votre amour.

’M. E. de la Croix.

Avec permission de l’Ordinaire.

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ï*rix du présent feuillet ï

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JVIon Prisonnier d’amour

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