V. — L'amour dû au Verbe Incarné dans sas diverses missions
Tout, en Jésus, est digne de nos hommages, de notre admiration et de notre amour. Il n'y a pas un instant de sa vie mortelle où II ne soit l'objet des complaisances de son divin Père ; comment y en aurait-il où nous ne devions Le bénir, Le louer, L'adorer et L'aimer? Nous devrions passer notre vie à étudier celle de Jésus, à revivre avec Lui chacun de ses moments, à écouter chacune de ses paroles, à analyser chacun de ses sentiments, à méditer chacune de ses maximes, à considérer chacun de ses actes, à approfondir chacun de ses mystères ; puis, à pénétrer plus intimement dans cette vie divine voilée par une nature humaine; à prêter l'oreille à ces battements du cœur d'un Dieu qu'embrase un amour éternel ; à scruter les profondeurs de cette perfection divine qui attache un mérite infini à la moindre de ses pensées ; à nous laisser absorber par cette contemplation de tout ce qu'il y a de plus grand au ciel et sur la terre, après le iMystère de la sainte Trinité : l'Incarnation du Verbe et sa vie mortelle dans les divines efficacités de l'Union hypostatique.
Nous ne pouvons hélas ! misérables comme nous sommes, tenir ainsi notre âme en haleine et nous absorber uniquement en Jésus. Tout au moins, devons-nous revenir souvent, le plus fréquemment et le plus longtemps possible, à notre centre de vie ' ; à Celui qui s'est fait notre Modèle et que nous devons nous appliquer à imiter en toute occasion ; à Celui qui s'est fait notre Maître et nous a instruit avec un soin si touchant de tous nos devoirs.
1 « Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. » Col., iu, 3.
« Celui qui s'unit au Seigneur est un même esprit avec lui. » I Cor., vi, 17.
« Si nous sommes morts avec le Christ, nous vivrons aussi avec lui. » II Tim., ii, 11.
.. Ma vie, c'est Jésus-Christ. » Phil., i, 21.
Remarquons, avec Saint Thomas, que toute union de l'âme avec Dieu se fait en Jésus et par Jésus. Ce caractère essentiel de l'union divine des Bienheureux dans la gloire est également celui de l'union que les âmes contractent sur la terre avec Dieu.
« L'union de l'âme fidèle à Dieu, dans la béatitude, se fait par le Fils de Dieu qui a pris la nature humaine pour l'élever à l'union divine ; et cette union le Fils de Dieu l'a obtenue par cette fervente prière, où il dit à son Père (Jean, xvii, 21) ; « Comme vous êtes en moi, ô mon Père, et que je suis en vous, qu'eux aussi ne soient qu'un en nous » ; et encore ( 1 mu., 23) : « Vous êtes en moi, je suis en eux, qu'ils soient consommés en un. » Et il existe une union parfaite là où le Père et le Fils ne font qu'un, et où le Fils, en sa qualité de Chef de l'Eglise, passe avec tous ses membres, c'est-à-dire tous les fidèles, à l'union paternelle. » S. Thom., Op. 62. c. 4.
Terminons par ces mots de Saint Paul qui résument toute la doctrine de Jésus, principe et fin, foyer d'amour, source de vie et centre divin d'éternelle union : « Omnia et in omnibus Chris tus. — Le Christ est tout et en toute chose. » Col., m, 11.
AMOUR DU A JÉSUS VERBE INCARNÉ J,o5
C'est une condescendance extrême, de la part de Jésus, de s'être fait l'un de nous et d'avoir mené sous nos yeux une vie semblable à la nôtre, une vie qu'il nous est facile d'imiter parce qu'elle est composée de petites vertus quotidiennes que l'amour grandit, et à la fidélité desquelles sont attachées des grâces capables de nous conduire aux vertus les plus héroïques.
Avant de se produire au dehors, Jésus s'est retiré dans la solitude ; avant de prêcher les autres, Il s'est livré à la prière et à la pratique des vertus cachées ; avant de faire des grandes choses, Il en a fait une multitude de petites ; avant d'imposer aux autres une loi de renoncement et de sacrifice, Il s'est nourri d'immolations ; avant d'appeler les hommes à la sainteté, Il a mené une vie qui faisait l'admiration des anges ; avant de proclamer sa doctrine de charité, Il s'est consumé d'amour pour les hommes ; avant de faire gravir le Calvaire à ses disciples, Il les y a précédés chargé de sa Croix et II y est mort sous la pression de son amour infini.
A chacune des vertus qu'il pratique, Jésus joint une leçon qu'il nous donne. Il veut que nous ayons le sens exact des moindres incidents de sa vie et de la conduite qu'il tient dans les diverses phases de son existence terrestre ; et, avec un soin que seul un amour sans bornes peut expliquer,
406 DE LA CONDITION DE l'hOMME-DIEU
Il nous enseigne et nous donne l'intelligence de la doctrine céleste qu'il est venu apporter au monde.
C'est Lui, la Vérité, qui parle; c'est Lui, le Maître unique, qui instruit ; c'est Lui, le Législateur, qui promulgue ses lois ; c'est Lui, le Souverain, qui régit son peuple. C'est Lui, le Saint des saints, qui donne des leçons de vertu ; c'est Lui, l'Envoyé du Père, qui nous fait entrevoir les perfections divines et les beautés éternelles.
C'est Lui, le Principe et la Fin de toutes choses, qui nous raconte notre divine origine et nos sublimes destinées ; c'est Lui, la Voie, qui montre le chemin du ciel ; c'est Lui, la Charité, qui nous apprend la science des sciences, celle de l'amour; c'est Lui, la Vie, qui se présente à nous pour nous la communiquer, qui nous prévient que rien ne vit que ce qu'il anime et que, pour porter des fruits, il faut Lui être uni. C'est Lui, enfin, la divine Victime, qui nous fait ses dernières recommandations et qui nous laisse en testament son admirable discours de la Cène, où chaque parole est teinte du sang qui va tout-à-1'heure couler sur la Croix et mettre le sceau du Sacrifice sur la doctrine divine du Verbe Incarné.
Enseignements et vertus qui méritent de notre part un amour de reconnaissance et d'imitation, dont nous devons nous faire un devoir des plus
doux. Si Jésus ne s'était pas fait notre Maître et notre Docteur, que de choses nous ignorerions ! S'il ne s'était pas fait notre Modèle, combien la vertu perdrait de son charme et combien le désir de la perfection serait en nous moins vivace et moins généreux ! Aimons Jésus pour chacune des vertus qu'il a pratiquées et pour chacune des leçons qu'il nous a données ; c'est le moyen le plus efficace d'en tenir compte et de marcher sur ses traces.
Ne nous contentons point toutefois d'un amour passager et intermittent, mais faisons de Jésus la demeure habituelle et permanente de nos âmes. Entendons ce cri sublime sorti de son Cœur, aux dernières heures de sa vie, et qui résume, dans une solennelle expression de divine charité, les trente-trois années du Verbe Incarné sur la terre, que va tout-à-1'heure couronner le Sacrifice sanglant du Calvaire : « Comme mon Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour l. »
1 Jean, xv, 9. — C'est là un des passages les plus touchants de l'Evangile. En effet, c'est le même amour que le Père porte à son Fils et que Jésus, de son côté, porte aux hommes. Demeurer dans cet amour pour nous, lequel est dans le Fils et qui vient du Père, c'est donc demeurer en Jésus comme dans le centre où se réunissent le ciel et la terre. — Que cet amour, dont parle Jésus, soit celui qu'il nous porte ou celui que nous avons pour Lui (car le grec peut se traduire de ces deux manières), Jésus reste toujours ou la source d'où découle l'amour ou le centre auquel il aboutit.
408 DE LA CONDITION DE l'hOMME-DIEU
Dans sa sollicitude toute de tendresse, Jésus nous en indique le moyen : L'aimer, c'est Lui rester fidèle ; demeurer dans son amour, c'est Lui obéir en tout et ne vivre que pour Lui plaire. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme j'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour \ » Il nous associe ainsi à l'amour que son Père a pour Lui et à l'amour qu'il lui porte à son tour, afin de nous mieux confondre ensuite dans l'unité du Père et du Fils : « Père, qu'ils soient un en nous'1 », et de consommer, par là, la Mission qu'il avait reçue de son divin Père : « J'ai consommé l'œui>re que vous m'aviez donnée à faire7, », et qu'éclaire l'amour éternel dont Il remplit l'âme de ses disciples, « Père saint, que l'amour dont vous m'avez aimé soit en eux et que moi aussi je sois en eux à jamais 4. »
Nous ne pouvons laisser le Verbe Incarné remonter vers son Père, sans remarquer qu'avant de terminer sa vie mortelle, Il s'est donné une autre vie destinée à continuer la première et à assurer aux âmes les grâces qui devront les conduire à la vie éternelle. L'Eucharistie nous apparaît comme le dernier reflet du Soleil de Justice qui disparaît au Golgotha. Il jette ses derniers
1 Jean, xv, 10. — 2 Id., xvii, 21. — 3 Ibid., 4. — * Ibid., 26.
feux avec une intensité qui ressemble plutôt à une aurore qui se lève et dont les clartés illumineront le monde jusqu'à la fin des temps. Les ténèbres du Calvaire sont dissipées par ce volcan d'amour toujours en activité, qui projette au loin sa lumière et sa chaleur. Le divin Crucifié qui meurt sur la Croix reprend naissance sur nos autels et revit dans tous les Tabernacles du monde. Il prolonge son Incarnation à travers les siècles et II dresse partout des Calvaires mystiques pour redire aux hommes son éternel amour.
N'étant plus là pour s'offrir encore, Il se choisit des Lévites qu'il consacre exclusivement à son service et auxquels II communique la divine puissance de son Sacerdoce. Ce qu'il a fait une fois en s'incarnant, ses Prêtres le feront tous les jours, sous tous les cieux et au milieu de tous les peuples. Ils uniront dans un même Sacrifice la vie et la mort du Sauveur, et ils distribueront aux âmes le même Pain de vie que Jésus consacra pour la première fois au soir de la Cène et qu'il a laissé à ses enfants, jusqu'à la consommation des siècles, comme le gage suprême de son amour infini.
En contemplant Jésus se survivant ainsi à Luimême et multipliant sa présence par le monde, comment n'être pas attendri et frappé de cette charité divine qui ne connaît ni mesure ni limites.
Jésus nous aime, et son amour embrasse tous les hommes et réunit tous les siècles en un seul présent. Le Cénacle renferme toutes les églises du monde ; à la table de la Cène se pressent les générations de tous les temps ; la même parole consécratrice rend Jésus présent, et la même charité Le livre à toutes les âmes affamées de son amour.
Si Jésus ne s'était pas incarné, nous n'aurions point l'Eucharistie ; si Jésus n'était honoré de son Sacerdoce éternel, nous n'aurions point ses Prêtres pour Le représenter dans l'office de Sacrificateurs.
Au nom de tous les Sacrifices offerts sur nos autels ; au nom de toutes les Hosties qui remplissent nos Ciboires ; au nom de tous les Prêtres qui sacrifient et de toutes les âmes qui communient : rendons grâces à Jésus le Verbe Incarné fait Sacrement, à Jésus la divine Victime sans cesse immolée dans l'Eucharistie, à Jésus Prêtre Eternel dont le Sacerdoce rayonne et demeure dans toutes les âmes sacerdotales.
A Jésus Prêtre et Victime
au Très Saint Sacrement de l'autel,
amour, louange et gloire éternelle
dans les siècles des siècles t
Amour à Jésus, le Verbe Incarné
O mon Jésus, amour éternel,
qu'une infinie charité a fait descendre du ciel,
et qui, sous les voiles de votre humanité,
continuez à être l'objet des tendres complaisances
de votre divin Père.
O mon Jésus, amant passionné des âmes,
qui Vous consumez du désir
de Vous immoler pour elles,
et qui avez employé toute votre vie
à les guider, à les instruire
et à leur prouver votre amour.
O mon Jésus, tendre compagnon de mon exil,
qui demeurez dans l'Eucharistie
pour ne point me quitter,
et qui me nourrissez de votre chair adorable.
O mon Jésus, Prêtre Eternel
de votre ineffable Sacrifice,
qui donnez à vos Prêtres le pouvoir
de Vous faire constamment revivre et mourir :
à Vous, toute la reconnaissance de mon amour ;
à Vous, toutes les tendresses de mon cœur;
à Vous, les éternelles louanges de toutes les âmes
qui Vous aiment et Vous béniront à jamais!
« Que la grâce, la miséricorde et la paix soient avec vous, de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ, Fils du Père, dans la vérité et la charité. »
11 Jean, I, 3.
Jésus est Dieu et Homme tout à la fois
Dieu avant l'Incarnation, existant de toute éternité — Dieu après l'Incarnation, ne perdant rien de sa Divinité — Dieu révélé par ses Mystères — Dieu prouvé par ses enseignements et ses miracles — Dieu aimant les hommes d'un amour infini et se constituant leur Sauveur.
Homme possédant la nature humaine, comme tous les hommes — Homme composé d'un corps et d'une âme — Homme vivant dans les conditions ordinaires de toute existence humaine — Homme sujet aux souffrances et à la mort.
Homme-Dieu unissant les deux natures, divine et humaine, dans sa Personne divine — Homme- Dieu possédant toutes les perfections divines et humaines — Homme-Dieu élevant en Lui l'humanité à la dignité de la Divinité — Homme-Dieu conservant éternellement la nature humaine qu'il s'est unie divinement.
Homme-Dieu opérant des œuvres divines par des moyens humains — Homme-Dieu se constituant victime pour les péchés du monde — Homme- Dieu pouvant souffrir et mourir — Homme-Dieu acquérant, par sa vie et par sa mort, des mérites infinis pour le salut des âmes.
G Jésus I donnez-moi l'intelligence de l'ineffable mystère de l'Union hypestatique.
Jésus, comme Dieu, est infiniment parfait
Parfait, parce que les perfections en Lui sont essentielles — qu'il ne peut pas ne pas les posséder — que, les possédant, elles ne peuvent pas
ne pas être parfaites — que la plénitude et la perfection de toutes ses perfections sont inséparables de son essence divine.
Parfait, parce que les perfections en Lui sont nécessaires — d'une nécessité intrinsèque et absolue — d'une nécessité qui exclut toute possibilité de contingence — d'une nécessité aussi essentielle que son existence divine ellemême.
Parfait, parce que les perfections en Lui sont éternelles — qu'elles ne connaissent ni commencement, ni interruption, ni fin — qu'elles ont été et seront éternellement les mêmes — que leur éternité de plénitude est égale à leur éternité d'existence.
Parfait, parce qu'il est le principe et la source de toutes les perfections possibles — qu'aucune perfection ne pourra jamais égaler la sienne — qu'il demeurera à jamais le type et l'idéal de toute beauté, de toute grandeur, de toute sainteté et de toute perfection, dans le temps et dans l'éternité.
O Jésus ! donnez-moi la science de vos adorables et éternelles perfections.
4l8 DE LA CONDITION DE L'HOMME-DIEU
Jésus, comme Homme,
est inférieur dans sa nature humaine,
à sa nature divine
Inférieur par état, puisqu'il n'est qu'une créature vis-à-vis du Créateur — puisque son âme créée est l'œuvre de la toute-puissance divine — puisque son corps est une matière périssable — puisque son humanité reçoit sa perfection de sa divinité.
Inférieur par dépendance, puisqu'il est soumis à Dieu comme toutes les créatures humaines — puisque son être humain repose et s'appuie sur sa Personne divine — puisqu'il est venu pour accomplir les volontés de son divin Père — puisqu'il s'est constitué sa Victime pour le salut du genre humain.
Inférieur par opération, puisque sa volonté est soumise et subordonnée à sa volonté divine — puisque le mérite de ses actes humains dépend de l'efficacité que leur communique sa perfection divine — puisque son âme n'agit pas nécessairement par elle-même, mais seulement par la vie créée que Dieu lui a donnée.
Inférieur par durée, puisqu'il a eu un commencement — puisque ce commencement a été précédé du néant — puisqu'il n'a pu exister que par un principe éternel, dont II dépend — puisque son immortalité même n'est qu'une participation à l'éternité qui est essentielle en Dieu.
O Jésus î faites-moi comprendre
combien est adorable votre Humanité
unie à votre Divinité.
Jésus, en tant qu'Homme -Dieu, passe par divers états
Etat de créature, qui Le constitue membre de l'humanité — qui Lui en fait porter les humiliations, les nécessités et les misères — qui L'oblige à reconnaître les droits souverains de Dieu — qui Lui impose des devoirs et des obligations, la nécessité de pratiquer la vertu et de rendre à Dieu tous les hommages qui lui sont dûs.
Etat d'hostie, puisqu'il est venu pour s'immoler — puisqu'il s'est établi dans cette attitude d'holocauste perpétuel dès le premier instant de
son Incarnation — puisqu'il n'a pris un corps que pour pouvoir le sacrifier — puisque sa mission terrestre devra prendre fin avec son Immolation.
Etat de vie, vie humaine et terrestre, qui passe par toutes les phases de la croissance, du développement et du perfectionnement apparent — qui connaît la succession des événements terrestres et la variation des choses humaines — qui subit les lois de la nature et les lois humaines
— qui passe par la douleur et se termine dans la mort.
Etat de perfection, où toutes les vertus sont pratiquées — où tout est divinement spiritualisé
— où rien n'est laissé au caprice, à l'indifférence, à l'insouciance ou à l'habitude, mais où tout est vivifié par des inspirations et des fins surnaturelles — où les moindres actes acquièrent un mérite infini et procurent à Dieu une gloire parfaite — où les âmes de tous les temps viendront contempler leur divin idéal et puiser les grâces capables de les conduire à la sainteté.
O Jésus ! laissez-moi contempler
les sublimes beautés de votre état mortel
et accordez-moi la grâce
de Vous suivre et de Vous imiter.
Jésus, le Verbe Incarné, remplit diverses missions
Mission de glorifier son divin Père — d'apaiser sa justice — de lui rendre l'honneur que le péché lui avait enlevé — de rétablir l'ordre établi par lui à l'origine du monde — de lui offrir, par son Incarnation, autant d'hommages, d'adoration et d'amour, qu'il est possible à l'humanité de le faire.
Mission de révéler Dieu aux hommes — de faire connaître ses perfections infinies et ses divines amabilités — d'enseigner ses droits sacrés et les devoirs de l'humanité à son égard — de faire ressortir sa bonté, sa miséricorde et son amour infinis — de lui unir les âmes par les liens d'une indissoluble charité.
Mission d'enseigner aux hommes toutes les vertus — de les remettre dans le chemin du devoir — de se faire leur divin exemplaire — de les appeler à la perfection et de leur donner les grâces pour y parvenir — de vivre de leur vie pour leur apprendre à sanctifier tous les états — de leur donner la science des vérités éternelles — de les conduire à leur fin dernière — de les faire vivre de foi en sa mission, de confiance en
ses promesses, d'amour pour ses miséricordes et ses bienfaits, de soumission et d'abandon à toutes les volontés divines.
Mission de sauver le genre humain de la damnation éternelle — de rectifier ses voies — de se substituer à lui pour subir les châtiments qu'il avait mérités — d'expier ses péchés — de se constituer Victime pour le racheter — de souffrir et de mourir pour accomplir cette œuvre d'infini et éternel amour.
© Jésus ! donnez-moi l'intelligence
des sublimes missions de votre vie mortelle,
que Vous continuez à exercer dans l'Eucharistie,
mémorial de toutes vos merveilles.
Jésus, Sauveur de l'Humanité,
se révèle à nous par des caractères essentiels
Caractère de Médiateur, entre Dieu et les hommes — entre la Justice divine et les péchés du monde — entre la Miséricorde divine et le repentir de l'humanité — entre la Puissance divine et l'impuissance de la créature — entre la
Bonté divine et les supplications des hommes — entre la Charité divine et l'amour des âmes.
Caractère de Docteur, enseignant la doctrine du salut par la parole et par l'exemple — révélant les mystères et les vérités éternelles — parlant de la Trinité Sainte et de ses infinies perfections — expliquant sa mission divine, son origine éternelle, sa gloire future — annonçant sa Passion, sa mort et son triomphe dans la Résurrection et l'Ascension — appelant les âmes à Le suivre, les éclairant, les instruisant, les dirigeant, les fortifiant — révélant son immense amour et donnant ainsi à l'humanité le secret de toutes les vertus et l'héroïsme de tous les sacrifices.
Caractère de Victime, pour la gloire de son divin Père et pour le salut du genre humain — victime pour expier les péchés de tous les hommes, sans en excepter aucun — victime par l'état d'hostie perpétuelle — victime par toutes les humiliations et les souffrances de sa vie — victime par les atroces douleurs de sa Passion et de sa mort — victime par une soumission amoureuse et totale à toutes les volontés divines — victime par un désir véhément de la souffrance, dont se nourrit son amour — victime au Calvaire, et victime dans l'Eucharistie qui perpétue dans le monde et son Sacrifice et son état d'immolation.
Caractère de Sacrificateur, chargé d'immoler la divine Victime — sacrificateur possédant sur elle tous les droits d'autorité et de puissance que lui confère sa sublime fonction — sacrificateur divin dune victime divine — sacrificateur tout de charité d'une victime d'amour — sacrificateur parfait d'une victime rédemptrice — sacrificateur perpétuel d'un sacrifice ininterrompu, par l'Eucharistie que les Prêtres conservent à l'humanité.
O Jésus î révélez-Vous à mon âme
et faites-moi comprendre
les sublimités de vos divins caractères.
Jésus, en tant que Verbe Incarné, est l'objet d'un amour universel
Amour de Dieu le Père pour son Verbe éternellement engendré devenu le Verbe Incarné — amour pour le Fils de ses éternelles complaisances — amour pour le divin réparateur de sa gloire — amour pour le divin révélateur de sa miséricorde et de sa charité infinies — amour pour la douce Victime de l'humanité — amour pour le divin Sacrificateur du grand et suprême Sacrifice.
Amour de Jésus Lui-même pour son Incarnation — amour pour la nature humaine, dont II s'est revêtu, et qui Lui permet de se constituer la créature, l'adorateur et la victime d'amour de son divin Père — amour pour l'humanité, dont II fait partie, et dans la réhabilitation de laquelle Il voit et la gloire de Dieu et le salut des âmes — amour pour sa condition humaine qui Lui sert à prouver aux hommes son immense et infinie charité — amour pour sa mission de Médiateur et de Sauveur — amour pour son propre Sacrifice offert par la puissance de son éternel Sacerdoce.
Amour de l'humanité pour son divin Libérateur — amour pour la personnification vivante de la Divinité dans le Verbe Incarné — amour pour la manifestation solennelle de la miséricorde et de la charité de Dieu pour les hommes, par l'Incarnation et la Rédemption — amour pour Jésus se faisant le modèle de toutes les vertus — amour pour Jésus enseignant toute vérité, conduisant dans les voies du salut, acquérant des mérites infinis et prodiguant ses grâces — amour pour Jésus ouvrant tout grand son Coeur et invitant tous les hommes à aller y puiser les vertus et les grâces qui font les saints — amour pour Jésus se vouant à la souffrance et à la mort pour donner à tous le ciel avec la vie.
426 DE LA CONDITION DE l'hOMME-DIEU
Amour des âmes fidèles pour le Verbe Incarné se perpétuant dans l'adorable Sacrement de l'Eucharistie, par le ministère des Prêtres honorés de son éternel Sacerdoce — amour d'adoration devant cet ineffable Mystère qui nous livre la Divinité et l'Humanité du Sauveur — amour de reconnaissance en retour de ce bienfait indicible accordé aux hommes jusqu'à la consommation des siècles — amour de louange pour tant de sublime majesté dans un tel abîme d'abaissement et d'humilité — amour de tendresse pour cette charité inénarrable que ni la durée des siècles ni l'indifférence des hommes ne sauraient jamais lasser.
O Jésus ! mon doux Agneau, mon adorable Sauveur et mon tendre Emmanuel,
je ne Vous demande qu'une grâce :
celle de Vous aimer comme Vous aime votre Père,
et de toujours mieux Vous connaître
afin de Vous aimer d'un amour éternel.