Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce
Il semblerait que notre humble travail sur le Sacerdoce de Jésus soit terminé, après Vétude que nous en avons faite dans son double état de Prêtre et de Victime. En effet, nous avons considéré Jésus, envoyé dans le monde comme Prêtre et Victime par son divin Père. Nous L'avons vu accomplissant ici-bas sa mission sacerdotale. Nous L'avons suivi dans les phases diverses de sa vie mortelle : où, Prêtre, Il offrait sans cesse à Dieu la divine Victime et où, Victime, Il se tenait constamment entre les mains de son divin Sacrificateur, attendant l'un et l'autre le moment de la suprême immolation. Nous avons assisté au grand Sacrifice, où le Prêtre exerçait la plénitude de son Sacerdoce, et où la Victime se laissait immoler dans les mêmes sentiments d'amour qui inspirait son Sacrificateur.
Tout est donc fini et a trouvé, dans la mort de la divine Victime, la réalisation pleine et entière des desseins du Père nous envoyant son Fils, et de la mission assumée par le Prêtre Eternel venu pour offrir à Dieu une glori-
fi cation parfaite par le salut du monde l.
Toutefois, si la mission de Jésus-Prêtre est complètement accomplie, au point qu'elle ne se renouvellera jamais ! ; le Prêtre, Lui, demeure et demeurera éternellement le même, conservant le même caractère sacerdotal 3, objet des complaisances infinies de son divin Père et des louanges éternelles de ses élus.
Si la mission de Jésus-Victime a reçu son plein accomplissement , sans qu'il soit possible d'y ajouter le moindre supplément 4 ; la Victime, Elle, ne subira jamais aucun changement et elle aura toujours les mêmes droits à la glorification divine et aux hommages des anges et des hommes.
Le Prêtre n 'a accompli son Sacrifice que pour s'en faire un trophée de gloire éternelle ; la Victime n'est morte que pour revivre sans fin. Leur vie passible et mortelle a disparu, pour faire
1 « Consummatum est. — Tout est consommé. » Jean, xix, 3o.
2 « Jésus-Christ étant ressuscité d'entre les morts, ne meurt plus ; la mort n'a pas d'empire sur lui. Il est mort une fois pour toutes. » Rom., vi, 9, 10.
3 « Parce qu'il demeure éternellement, il possède un sacerdoce éternel. » Hébr., vu, 24.
4 « Par une seule oblation, il a procuré la perfection pour toujours à ceux qu'il a sanctifiés. » Hébr., x, 14.