‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 3 sur 45 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

« Dieu nous a parlé par son Fils. II l'a établi avec serment prêtre et pontife pour l'éternité. Nous avons un grandprêtre établi sur la maison de Dieu.

« Tout pontife étant établi pour offrir des dons et des victimes, Jésus, Fils de Dieu, notre grand pontife, venu pour détruire le péché, a offert une seule Hostie, en se faisant lui-même Victime.

« S'étant livré lui-même par amour pour nous, il a plu au Père de faire résider en lui toute plénitude et de réconcilier toutes choses par lui et en lui, pacifiant par son sang qu'il a répandu sur la croix tant ce qui est sur la terre que ce qui est au ciel.

« Mais Dieu l'ayant déclaré pontife selon l'ordre de Melchisédech, Jésus, avant de se faire lui-même Victime sur la croix, prit du pain, et rendant grâce, le rompit et dit : « Prenez et mangez : ceci est mon corps, qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. » — De même, il prit le calice en disant : « Ce calice est la nouvelle alliance de mon sang ; faites ceci en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur.

« Notre Seigneur Jésus-Christ étant devenu le grand pasteur des brebis, allons donc à lui avec confiance et ofjrons par lui sans cesse à Dieu un sacrifice de louange. Pontife miséricordieux et victime d'agréable odeur, il pourra toujours sauver ceux qui s'approchent de Dieu par son entremise, étant toujours vivant au milieu de nous.

« A Jésus, le Fils de Dieu, le grand pontife saint, innocent, immaculé, Pfêtre pour l'éternité et Victime toujours immolée, afin d'intercéder pour nous, soit la gloire dans les siècles des siècles. »

(Tiré des EpUres aux Hébreux et aux Corinthien!.)

En traitant de Jésus Prêtre et Victime dans V Eucharistie, nous n'avons pas à recourir ni au passé ni à l'avenir. Il y a dix-neuf siècles que Jésus est venu sur la terre. Pour Le faire revivre dans ce lointain passé, il nous faut ouvrir le Saint Evangile, et y étudier les phases diverses de l'exercice de son divin Sacerdoce. Trente-trois années de vie, couronnées par une mort sanglante, jettent une vive lumière sur le caractère sacerdotal de Jésus et sur la sublime efficacité de son Sacrifice.

Tout ce passé est devenu le présent. Ce que Jésus était dans sa vie mortelle et sur la croix du Calvaire, Il l'est encore et aussi réellement au Sacrement de l'Eucharistie. C'est le même Prêtre, c'est la même Victime. C'est le même envoyé du Père, c'est le même Sauveur du monde. S'il n'avait été Prêtre, Il ne serait pas venu ; s'il n'était encore Prêtre dans l'Eucharistie, II n'y existerait pas. S'il n'avait été Victime, Il n'aurait pas été Sauveur ; s'il ne conservait encore ce caractère d'Hostie et de Victime dans l'Eucharistie, Il serait privé de ce qui Le constitue essentiellement.

Nous n'avons donc qu'à considérer Jésus tel qu'il est présentement au Très Saint Sacrement,

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pour avoir l'intelligence de tout ce qu'il a été pendant sa vie. Tout revit dans l'Eucharistie, parce que Jésus y est tel qu'il était au moment de l'Incarnation et à l'heure suprême du Sacrifice de la Rédemption.

Si nous ne L'y considérions pas comme Prêtre, nous ne pourrions Le connaître ; s'il ne nous y apparaissait pas comme Victime, nous ne pourrions Le comprendre.

C'est dans l'Eucharistie que nous devons faire revivre l'Evangile. C'est dans la contemplation de Jésus Prêtre et Victime au Très Saint Sacrement que nous devons nous approprier tous les dons et toutes les grâces qui découlent du Sacerdoce de Jésus.

Pas plus qu'en recourant au passé, nous n'avons à nous transporter au ciel pour connaître Jésus Prêtre et Victime. Nous Le possédons déjà dans sa pleine réalité. Le ciel ne nous donnera rien de plus, quoique dans une clairvoyance plus grande et sans déclin. Il ne faudrait pas que l'espérance de la vision béatifique nous fasse oublier ou négliger la présence ici-bas, au Très Saint Sacrement, du même Jésus que nous posséderons un jour dans la gloire.

Notre grâce, comme notre devoir, c'est d'étudier, de connaître et d'aimer le Jésus de l'exil,

le Jésus qui demeure et vit dans l'Eucharistie, le Jésus qui veut se révéler à nous, là où II est, là où II se rend accessible, là où II aspire à se faire connaître dans la divine réalité de son Sacerdoce.

Quel bonheur est le nôtre, de pouvoir connaître Jésus de si près, et de Le posséder tel que L'ont connu ceux qui vivaient de son temps et tel que Le connaîtront les élus dans les siècles des siècles !

Préparons nos âmes à entrer dans ce sanctuaire secret où habite Jésus le Prêtre Eternel et la divine Victime. Les Tabernacles nous entourent ; pénétrons-y par l'amour et, sous le regard de Jésus, considérons dans quel état II y demeure, étudions ce qu'il y fait, admirons ses divines opérations comme Prêtre et comme Victime, et comprenons que si toute la vie éternelle consiste dans la connaissance de Jésus, cette connaissance d'intelligence et d'amour ne peut être parfaite que si Jésus est connu et aimé dans son Sacerdoce.

Dans tout le cours de cette étude, élevons souvent nos âmes vers Jésus, multiplions nos actes d'amour, et vivons le plus possible dans la pensée des pieuses considérations que nous allons

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