IV. — L'étude de Jésus, rè^le et 41*^^^ d^^ vertus
Les devoirs essentiels de Tâme humaine ne consistent pas seulement à contempler la vérité et à s'éprendre d'admiration et d'amour pour elle. Cette connaissance supérieure toute de lumière et d'amour, qui fait de Jésus l'objet suprême des opérations de l'esprit et la souveraine attraction des sentiments du cœur, exige, pour être complète et fructueuse, de se traduire pratiquement dans la vie par l'imitation de son divin Modèle.
Jésus ne serait ni sagement connu ni sincèrement aimé, si l'on se contentait de croire en Lui et de prétendre L'aimer, sans se préoccuper de satisfaire ses désirs les plus ardents et de répondre à ses divins appels.
Jésus veut être connu, et c'est pourquoi il faut nous appliquer à L'étudier. Jésus veut être aimé, et c'est pourquoi il faut dégager notre cœur de tout ce qui pourrait nuire à notre amour. Jésus veut être imité, et c'est pourquoi sa connaissance comme son amour sont une invitation constante et créent une obligation rigoureuse à marcher
c'est de L'aimer, car 11 se révèle clans la mesure où on L'aime : « Celui qui m'aime sera aimé par mon Père, et moi je l'aimerai, et /e me manifesterai à lui» (Jean, xiv, 2i). Donc, connaître Jésus c'est L'aimer, et L'aimer c'est Le connaître.
112 CO?(NAISSAr<CE DE JÉSUS LE VERBE IRCARMÉ
sur ses traces et à faire de ses vertus la règle inflexible de notre vie •.
Si Jésus ne s'était pas fait notre modèle, si sa volonté formelle n'était pas que le disciple soit la copie fidèle du iMaître, si la simple logique ne nous commandait pas de faire l'harmonie parfaite entre nous et Celui qu'un devoir sacro-saint nous oblige à étudier et à aimer, nous aurions peutêtre pu nous contenter d'une science spéculative et d'un amour égoïste plutôt de jouissance que d'imitation. Et encore, nous nous demandons ce que pourrait bien être une semblable étude en face d'une perfection si facile à copier, un tel amour de réserve à l'égard d'une charité qui ne demande qu'à se communiquer et à fusionner.
Mais Jésus ne nous a pas laissés dans le doute et l'incertitude; Il nous a exprimé clairement sa pensée, formulé sans détour ses désirs, imposé expressément ses volontés. Rien n'est plus formel que la loi et les enseignements de Jésus relativement h notre salut et à notre sanctification personnelle. Il fait de notre fidélité à son service le
' « Que la grâce et la paix croissent en vous /jar la connaissance Je Dieu et du Christ Jésus notre Seigneur. Ainsi tous les dons de sa puissance divine qui contribuent à entretenir en nous la vie et la pieté, nous ont été communiqués en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu. » II Pierre, i, 2, 3.
NÉCESSITÉ DE l'ÉTUDE DE JÉSUS 1l3
sujet de ses entretiens les plus fréquents et de ses instances les plus pressantes. Tout, dans ses enseignements, aboutit à une révélation plus grande et plus précise de Lui-même, et en même temps à une obligation toujours plus accentuée pour nous de L'écouter, de Le suivre, de nous inspirer de sa doctrine, de profiter de ses instructions, de nous nourrir de sa vérité, de nous embraser de son amour, de prendre notre croix à sa suite, de pratiquer toutes les vertus dont II nous donne l'exemple, d'être saint comme II l'est Lui-même, d'établir notre demeure dans son amour et de ne faire qu'un avec Lui dans l'unité d'esprit, de cœur et de volonté '.
^ Nous groupons ici quelques-unes des paroles de Jésus qui sont un commentaire touchant de ce que nous disons plus haut ; ces citations sont à elles seules toute une méditation.
« Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Jean, vi, 38.
M Moi et mon Père nous sommes une seule chose. » Jean, x, 3o.
« Tout ce qu'a le Père est à moi. » Jean, xvi, i5.
« La parole que vous avez entendue n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé, du Père. » Jean, xiv, 24.
« Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » Jean, VI, 64.
« Je suis la voie, la vérité et la vie. » Jean, xiv. 6.
« iMoi, la lumière, je suis venu en ce monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » Jean, XII, 46.
« Qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envové a la vie étemelle. » Jean, v, 24.
« Croyez en moi. » Jean, xiv, 1. — « Venez, suivez-moi. >» Matth., XIX, 21.
En étudiant Jésus, l'âme entend constamment des échos de ses divins enseignements ; et plus elle met sa vie à l'unisson de celle de son divin Maître, plus aussi elle a soif de Le mieux connaître pour L'imiter de plus près, et de L'aimer plus ardemment pour trouver ensuite dans son amour une générosité plus grande et marcher sur ses traces et à Le faire revivre en elle.
Notre existence sur cette terre n'a de valeur et n'est désirable que dans la mesure où nous nous efforçons de la rendre méritoire et fructueuse pour le ciel. Ce doit être là notre principal objectif. La gloire même de Jésus en dépend, puisqu'il daigne la trouver dans le couronnement de ses élus. Il nous appartient essentiellement de la Lui donner par la sainteté de notre vie et, dès
« Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. » Jean,