‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoceChapitre 22 sur 55 · III. — L'étude de Jésus, besoip du cœur · texte numérisé non relu

III. — L'étude de Jésus, besoip du cœur

Cette nécessité où nous sommes d'étudier Jésus pour en acquérir une sérieuse connaissance ne doit pas être une obligation qui nous pèse et nous ennuie, mais bien plutôt une joie qui nous dilate et une douce satisfaction qui récrée notre âme.

Ce serait un non-sens d'avoir comme objet de

* « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes... et la lumière luit dans les ténèbres... » Jean, i, 4, 5.

sa connaissance un Etre aussi souverainement parfait et infiniment aimable que Jésus, et de n'être pas heureux de se livrer à l'étude d'une science aussi sublime. Et c'est pourquoi le cœur a un rôle important à jouer dans l'acquisition progressive de la connaissance suréminente de Jésus. Non seulement il ne peut pas être négligé, mais, au contraire, il doit être appelé au secours de l'intelligence, et il le réclame.

Notre cœur a besoin de se fixer à un centre d'affection, comme notre esprit à la vérité. Il cherche instinctivement un objet qui le satisfasse pleinement et le délivre de ces douloureuses alternatives de désirs et de repos, d'agitations et de paix, d'espérances et de déceptions, auxquelles il est si fréquemment exposé. Le monde et les créatures lui ont présenté bien des jouissances, oflfert plus d'une satisfaction, donné bien de douces assurances et promis de soi-disant inévitables bonheurs. Un moment ébloui et trompé, le cœur s'est abandonné aux mirages et aux illusions ; mais le vide n'a pas tardé à se faire sentir en lui, il s'est aperçu de ses erreurs et il a été effrayé de tant de mensonge dans tant de fragilité '.

C'est alors que tournant ses regards du côté du

* « Et j'ai vu, dit le Sage, que tout était vanité et affliction d'esprit, que rien n'est stable sur la terre. » Eccl., ir, 17.

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ciel, il a aperçu Jésus offrant à son tour l'amour et le bonheur, mais un amour qui purifie et un bonheur qui demeure. Faisant contraste avec les créatures qui promettent sans donner ou qui donnent pour ensuite reprendre, Jésus ne promet que ce qu'il donne et II ne reprend jamais ce qu'il a une fois donné.

Ce qu'il promet, ce sont des joies ineffables dans un amour tout divin ; ce qu'il donne, c'est Lui-même, la source de nos joies et l'objet de notre suprême amour. A L'aimer, le cœur ne se fatigue jamais ; à espérer en Lui, le cœur n'est jamais déçu ; à Le posséder, le cœur est pleinement satisfait.

Quand une fois Jésus s'est révélé au cœur à la recherche du bonheur et que son amour l'a ravi, le cœur se nourrit et s'alimente sans cesse à cette source inépuisable de la charité ; il se remplit de l'amour de son Bien-Aimé, et il peut ensuite sans inconvénient donner de l'affection aux créatures et en recevoir d'elles. Les forces vives du cœur se trouvent vivifiées par une vitalité toute divine qu'elles puisent en Jésus et, sous cette influence bienfaisante et sanctificatrice, elles donnent aux amitiés et aux amours de ce monde un caractère de surnaturel qui en fait comme le rayonnement de l'amour divin.

Le cœur heureux et satisfait d'avoir trouvé un

centre divin à ses affections, avec la sécurité de n'être jamais ni trompé ni abandonné, et sûr de trouver toujours en Jésus la réalisation de ses plus intimes aspirations, désire tout naturellement avoir de Celui qu'il aime la connaissance la plus grande possible.

Pour le cœur, constater qu'il n'est pas trompé et qu'il peut se reposer sur la sincérité et la fidélité de Celui qu'il aime, c'est le forcer à étudier et à approfondir les qualités, le caractère et les mœurs de l'objet de son amour. S'il ne cherchait à Le connaître, il ne L'aimerait pas véritablement ; et s'il ne Le connaissait pas, il ne pourrait pas L'aimer comme II le mérite.

L'étude attentive et soutenue de Jésus devient donc un besoin irrésistible du cœur. Plus Jésus sera connu et compris, et plus II sera aimé. Le cœur n'ayant point d'autre ambition que d'aimer, il voudra mieux connaître Jésus pour L'aimer toujours plus. Cesser d'étudier Jésus serait ralentir les élans du cœur qui ne pourrait plus s'envoler vers Lui, puisque son amour est fondé sur la connaissance de Celui qu'il aime ; et quand il s'agit de Jésus, Le connaître et L'aimer c'est tout un'.

^ Jésus nous dit dans l'Evangile : « La vie éternelle consiste à vous connaître, vous seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Clirist » (Jean, xvii, 3). Cette connaissance ne peut être naturellement qu'une connaissance toute d'amour. En effet, Jésus nous dit encore que le grand moyen de Le connaître

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